15mai 2006
Jordi B et Georges Frêche
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2006
Christian Bourquin est allé aux USA, à Washington, au mémorial de l’Holocauste, une visite en rapport avec le projet de mémorial de Rivesaltes. Parmi les membres de la délégation, composée d’élus et de cadres du conseil général, le jeune Jordi Bourquin, le fils du président.
Dans notre tradition républicaine, dont Christian Bourquin se réclame pourtant plus que n’importe quel autre élu, il y a une séparation claire entre vie publique et vie privée.
Une séparation qu’à perpignan-toutvabien nous nous imposons. Ce qui ne va pas sans difficultés lorsqu’un des principaux élus de ce département mélange couramment les genres.
Certes, chez Christian Bourquin, la politique est depuis longtemps une affaire de famille. Mais la pérennisation de cette situation ne saurait ni la légitimer, ni la rendre supportable.
Il y a, d’un côté, le Christian Bourquin qui fait des voyages (peu justifiés) en Chine, en Russie, aux USA et ailleurs, avec élus et collaborateurs… aux frais du contribuable. Et, de l’autre, le Christian Bourquin qui nous inonde de propagande sur les désengagements de l’Etat en faisant naître des peurs parmi les bénéficiaires de prestations, souvent des personnes fragiles facilement accessibles à l’inquiétude.
Qui a payé les billets d’avion, les hôtels et restos du fiston ? Nous attendons les explications et surtout des preuves. Car sur le sujet voyages, C. Bourquin n’a pas toujours été convaincant. C’est le moins que l’on puisse dire.
En théorie, il serait possible d’avoir accès aux pièces des dépenses, en pratique, c’est impossible. La transparence sur les dépenses de l’argent public serait pourtant une mesure efficace pour lutter contre les abus et les nombreuses dérives. Elle permettrait également de restaurer une confiance dans les élus qui fait aujourd’hui gravement défaut.
Passons à un sujet qui n’a aucun lien avec celui-là.
Qui sont les deux vedettes Bnationales/B de la lutte contre la fraude au RMI ? - Deux élus des P-O, Bourking et Big Mach.
Big Mach était sur le plateau de IC’est dans l’air/I et Bouking s’exprimait dans un sujet tourné à Perpignan. Aucun ne se montra très convaincant.
Faire de la lutte contre les fraudes au RMI et autres prestations un cheval de bataille n’est pas sans risque. C’est facile de tirer le débat vers des thèmes populistes.
La fraude ne doit pas être un sujet tabou. Mais pour l’instant, dans les P-O, il occulte le débat, bien plus indispensable, sur les politiques d’insertion sociale, économique… Là, Big Mach et Bourquin ne sont plus là !
Faisant son grand retour en terre catalane, mercredi 10 mai, Georges Frêche a passé la journée dans les P-O et c’est à Canet, qu’il a prononcé un grand discours de réconciliation avec les Catalans.
Canet ville de droite, Canet où il venait poser la première pierre du lycée Rosa Luxembourg, avec en toile de fond la polémique sur le nom de l’établissement. La région ayant choisi le nom de la révolutionnaire allemande Rosa Luxembourg alors que le conseil municipal de Canet proposait le nom du navigateur Eric Tabarly pour ce lycée orienté, notamment, vers les métiers de la mer.
On s’attendait à une ambiance chaude. Elle le fut.
Huées, sifflets, cris de protestations dès que le responsable du protocole prononce le nom de Rosa Luxembourg. G. Frêche se saisit du micro « Je vous rappelle que Mme Rosa Luxembourg a été assassiné par les ancêtres des nazis, je vous demande un peu de dignité ».
Après l’intervention bien accueillie de Max Lévita, vice-président, chargé des lycées, c’était au tour de Christian Bourquin de prendre la parole. Fidèle à lui-même, il ne put s’empêcher de provoquer les supporters d’Arlette Franco. La salle ne pouvait que réagir, Bourquin vociféra, les réactions se firent encore plus hostiles. Du grand Bourquin bête et méchant.
La suite s’annonçait tendue.
Première phrase du discours de Frêche : « Est-ce que la région participera au financement du développement du port de Canet ? Je réponds oui ! ». Propos accueillis par une salve d’applaudissements. Le ton était donné, Frêche ne venait pas en guerrier.
Et Frêche poursuivait : « Nous allons travailler à Canet car vous êtes un pôle important et vous faîtes un effort remarquable. Et je crois pouvoir vous dire que nous serons d’accord. On n’est pas du même bord. Chère madame, avant de venir ici je n’ai pas lu vos discours UMP parce que je m’en bats l’œil mais j’ai lu vos poèmes et je les ai trouvés très beaux. (Applaudissements). Il y a au moins quelque chose qui nous rapproche, j’aime beaucoup la poésie… On peut ne pas être du même bord, mais j’appelle tout le monde à la tolérance. Oui, c’est vrai, Rosa Luxembourg est de gauche, moi j’ai hérité d’un lycée Georges Pompidou à Castelnau-le-Lez, mais pour moi, G. Pompidou ce n’est pas un homme de droite, c’est un président de la République. Je n’ai pas voté pour lui, mais je reconnais que c’était un grand président de la République… Je ne me suis pas amusé bêtement à changer le nom du lycée Georges Pompidou, encore moins de De Gaulle. Moi, je suis un socialiste atypique et je porte plus de respect à de Gaulle qu’à Mitterrand. Je ne devrais pas le dire (Applaudissements). Mais cela avec mon père dans la résistance, je ne l’ai pas découvert aujourd’hui. De Gaulle n’appartient pas à la droite ou à la gauche, il appartient à tout le monde, il appartient à la France (Applaudissements). »
En quelques phrases, Georges Frêche s’est mis dans la poche un public hostile et tout ça sans rien lâcher sur le choix du nom de Rosa Luxembourg. Il l’expliqua à l’appui de solides arguments historiques qui furent écoutés.
Frêche a envoyé plusieurs messages aux Catalans.
- La Septimanie, la guerre aux subventions (Visa pour l’image) c’est fini.
- Le patron de la région, c’est moi, à Montpellier et à Perpignan.
- On va travailler (avec tout le monde) pour développer cette région.
Il faut reconnaître qu’à la fin des discours tout le monde, de façon quasi unanime, saluait l’artiste. La prestation de Bourquin mit également tout le monde d’accord. Les nombreux élus de gauche présents à Canet ne furent pas les derniers à dire qu’il leur faisait honte.
Celui que la bande à Bourquin nomme élégamment “le fou de Montpellier “ a tout au long de la journée planté des banderilles dans un Bourquin souffrant sans broncher.