04juil 2006
Tous au garde à vous !
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2006
De retour de la convention nationale du PS consacrée aux investitures, Christian Bourquin expliquait que la candidature de Pierre Aylagas sera prochainement confirmée : « Il n’y a aucun doute là-dessus ».
Christian Bourquin n’allait quand même pas expliquer qu’il s’était livrer à un marchandage afin d’éliminer Codognès et que dans l’affaire Pierre Aylagas, le maire d’Argelès était le dindon de la farce.
La direction du PS cherchait quelques circonscriptions où parachuter des technocrates sans racine et Bourquin cherchaient, lui, désespérément, à empêcher Codognès d’être investi par la convention nationale. Les deux parties ont fini par trouver un terrain d’entente.
Et voilà Olivier Ferrand, jeune énarque parachuté sur la quatrième circonscription. La seule des P-O à émire un député PS depuis vingt ans. Un morceau de choix.
Pour dissimuler la combine, Bourquin s’est dit que le mieux était de ne pas annoncer tout de suite la candidature de Ferrand et de faire diversion.
Il fait monter Soum au créneau qui déclare : « Je suis vraiment satisfaite que Jean Codognès ait été mis à l’écart » (Indép, du 3 juillet). Toujours côté Bourquin on fait circuler la bruit d’une possible candidature sauvage de Codognès face à la candidate PS officiellement investie. But de la manœuvre : pousser Codognès à la faute, à la polémique… L’exclure du PS. Quelques semaines, un mois, deux mois après, on pourrait annoncer la candidature du jeune énarque. Personne ne ferait le lien entre l’élimination de l’un et la candidature de l’autre.
La maréchale Franco peut être contente. Elle préfère, et on la comprend, affronter Renée Soum, qui débarque sur cette circonscription où elle ne réside même pas, que d’avoir en face Jean Codognès, conseiller général, ancien député socialiste qui est resté solidement implanté sur la circonscription. Situation dans laquelle un observateur attentif de la vie politique locale voit une alliance objective Bourquin-Franco.
Sur la quatrième, la candidature du jeune énarque, pur symbole du jacobinisme et du dirigisme parisien, permet à l’UMP Jacqueline Irles d’avoir de sérieuses chances de faire basculer la circonscription à droite.
La droite peut dire merci à Bourquin.
Mais n’oublions pas la première circonscription et une autre parachutée, Madame Joseph. Elle travaille et réside à Toulouse. Son passé d’épouse d’un président du conseil général (c’est pas triste ! ) ne peut que la rattraper. Mach va se frotter les mains.
Trois candidats comme Bourquin les aime, à sa botte.
Car l’indépendant Sicre éliminé, Bourquin va reprendre le contrôle de la quatrième circonscription. Arrivant ici sans lien, sans connaissance, si ce n’est un ou deux VIP, le jeune énarque proche de Strauss-Kahn) n’aura pas d’autre choix que de faire allégeance au seigneur des P-O, faute de quoi, ce dernier lui mettrait ses affidés dans les roues.
La soumission des élus passe avant leur capacité à conquérir des mandats.
La république Bourquinière sort donc renforcée.
Cette stratégie qui conforte la domination de Bourquin, n’est pas la meilleure pour la gauche. Elle est même carrément suicidaire.
Aux lendemains de la convention, à la première heure, lundi matin, Floris Jansens, collaborateur de cabinet de Bourquin, a été convoqué et viré. Il est accusé de ne pas faire assez de zèle Bourquiniste. C’est en même temps un avertissement adressé à d’autres collaborateurs et chargés de mission dont le niveau d’adhésion à la paranoïa Bourquiniste est jugé insuffisant.
Terminons avec une citation de DSK : « Le démocratie militante, ce n’est pas une cage de fer pour enfermer les consciences ».