24aoû 2006
Ali Agace : Le feuilleton politique de l’été touche-t-il à sa fin ?
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2006
La direction du PS ne va évidemment pas revenir sur sa décision de donner l’investiture à l’un des siens, le jeune énarque Olivier Ferrand. L’idée de faire revenir les adhérents du PS de la quatrième circonscription devant les urnes pour qu’ils choisissent entre la candidature de Pierre Aylagas et celle d’Olivier Ferrand est rejetée par une direction nationale qui rappelle que c’est elle qui donne les investitures aux élections législatives.
La direction du PS ne va évidemment pas revenir sur sa décision de donner l’investiture à l’un des siens, le jeune énarque Olivier Ferrand. L’idée de faire revenir les adhérents du PS de la quatrième circonscription devant les urnes pour qu’ils choisissent entre la candidature de Pierre Aylagas et celle d’Olivier Ferrand est rejetée par une direction nationale qui rappelle que c’est elle qui donne les investitures aux élections législatives.
Aylagas organisera-t-il quand même un scrutin interne ? C’est une situation qui, certes, plongerait Olivier Ferrand dans l’embarras, mais s’abritant derrière la décision de la direction nationale, il refusera d'y participer.
Pierre Aylagas voit s'éloigner son très cher rêve de succéder à Henri Sicre à l’Assemblée Nationale.
En patron, Bourquin devrait maintenant, normalement, siffler la fin de la partie. Il est seul capable de faire admettre au maire d’Argelès qu’il faut maintenant jeter l’éponge.
Mais Bourquin peut-être tenté de soutenir la rébellion d’Aylagas. Il a, en effet, du mal à admettre l’arrivée du jeune énarque sur ses terres.
Laisser Ferrand partir à la conquête de la circonscription ou lui mettre des peaux de banane ?
Bourquin qui vient de trahir Frêche, ce père en politique auquel il doit tant, sait mieux que quiconque que la vie de l’homme politique est faite de trahisons. Il ne croit donc pas une seconde aux paroles d’allégeance de Ferrand. Il sait qu’un jour ou l’autre l’énarque menacera son pouvoir. C’est écrit. En politique, n’est-ce pas toujours ainsi que les choses se passent ?
Mais la prolongation de la foire d’empoigne n’est pas sans risque. A partir du moment où Bourquin (membre du bureau national du PS) ne respecte pas les décisions de Paris, Jean Codognès et Henri Sicre peuvent prendre la même liberté.
Henri Sicre poursuit imperturbablement son travail parlementaire. Il est également activement impliqué dans des projets d’aménagement du territoire. Tout cela, à son habitude, sans tapage. Mais le député de gauche quatre fois (consécutives) réélu n’a pas dit son dernier mot.
Henri Sicre refuse de répondre aux questions de la presse. Mais il est évident qu’il suit la situation de près et qu’il compte les points.
Qui serait le meilleur candidat si demain Ferrand et Aylagas n’apparaissent pas en capacité de conserver cette circonscription à la gauche ? Dans la vallée, on n’oublie pas qu’Henri Sicre est le père du Musée d’art moderne de Céret. Dans quelle situation économique se trouverait la sous-préfecture si elle ne s’était pas dotée de ce poumon économique ? Qui a fait venir les crédits ? Qui a fait venir les collections ? Qui même a recruté Joséphine Matamoros ?
Quand à Codognès, ce n’est pas Soum qui l’enterrera. La candidature de Renée Soum n’est appréciée que par la député sortante UMP Arlette Franco. De nombreux militants et électeurs de gauche pensent que le conseiller général du Haut Vernet est le plus crédible pour reprendre la circonscription à la droite.
Premier élu socialiste du département à apporter son soutien à Ségolène Royal, Jean Codognès fait sa rentrée politique par la grande porte. Il entre en compétition avec Bourquin dans la bataille de l’investiture socialiste pour l’élection présidentielle. L’un ne va pas compter ses efforts pour Fabius et l’autre pour Ségolène.
Bourquin qui, ce mois d’août, n’a pu s’éloigner du département parce qu’il n’avait pas voulu laisser la signature à un vice-président, en particulier à Marcel Mateu, c’est dire l’ambiance, doit aussi recoller les morceaux dans sa majorité au conseil général.
Le territoire de la quatrième circonscription est celui dont sont issus le plus grand nombre de conseillers généraux de gauche : Pierre Aylagas, Michel Moly, Marcel Mateu, Robert Garrabé, Jean Reynal, René Olive.
Plusieurs d’entre eux, qui tôt ou tard auraient pu briguer la place de député, garderont longtemps une dent contre celui qui a fait entrer le jeune loup Ferrand dans la bergerie.
Le Machiavel de Millas est vraiment un grand stratège.
Et cela sans parler des relations exécrables que Bourquin entretien avec l’équipe Frêche et le très mauvais souvenir qu’a laissé l’embuscade tendue à François Hollande dans les couloirs de Solférino avec un journaliste pour immortaliser la rencontre dans les escaliers.
Et dire que Bourquin est conseillé par la femme la plus intelligente du département !
''Polémique.Victor, reporter de guerre à Perpignan''