23nov 2006
Bourquin désavoué par les siens
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2006
Après la victoire de Ségolène Royal, les Bourquinistes font la gueule. L’attachée de presse du président du conseil général a même mis sa bouille grimaçante en vitrine de son blog. Je ne doute pas que la plupart d'entre vous puisse avoir une ch'tite idée de la désespérance qui est la mienne depuis le jeudi 16 novembre au soir...écrit laflotttte.
Après la victoire de Ségolène Royal, les Bourquinistes font la gueule. L’attachée de presse du président du conseil général a même mis sa bouille grimaçante en vitrine de son blog. Je ne doute pas que la plupart d'entre vous puisse avoir une ch'tite idée de la désespérance qui est la mienne depuis le jeudi 16 novembre au soir...écrit laflotttte.
Les Bourquino-Fabiusiens tombent de haut.
L’état-major de campagne de Laurent Fabius avait invité les médias nationaux à suivre le résultat des Pyrénées-Orientales, une fédération qui allait offrir un score très important à l’ancien premier ministre de Mitterrand.
Ce résultat des P-O a d’ailleurs été immédiatement commenté, mais pour souligner l’échec que Fabius y essuyait. Il n’arrive en tête qu’en Haute-Corse et chez lui en Seine-Maritime. Le département était scruté de si près que LCI le donnait comme celui de Fabius.
A quelques heures de la clôture du scrutin, alors que depuis quelques jours toutes les prévisions concordaient pour donner Ségolène Royal élue au premier tour, les Bourquino-Fabiusiens restaient persuadés que la fédération qui avait voté à 65 % pour Fabius au dernier congrès lui resterait largement acquise.
Bourquin a fait de ce scrutin un vote de soutien à sa stratégie et à sa personne, comme il n’a cessé de le dire durant toute la campagne et comme il l’écrivait dans un court et dernier message aux adhérents qu’il concluait par ces mots : «Ce vote revêt une grande importance pour le PS. Mais il est également primordial pour nous localement. C’est l’occasion de conforter et renforcer la ligne politique que nous avons choisie pour le département et pour la ville de Perpignan.»
«PRIMORDIAL POUR NOUS LOCALEMENT». En difficulté de toutes parts, Bourquin avait besoin d’un plébiscite.
Bourquin avait comme d’habitude mis tout son poids et son autorité de chef dans la bataille. Ne lésinant pas sur les moyens, comme l’invitation de 1 500 personnes à manger, en partie aux frais du contribuable. Plusieurs membres de son cabinet et donc salariés du conseil général ont fait du phoning pendant des journées entières etc…
Avec 47 % des suffrages dans les P-O, Royal est arrivée devant Fabius. Jeudi soir, au siège départemental du PS, Christian Bourquin et sa camarilla ne parvenaient pas à cacher leur dépit. Les Bourquino-Fabiusiens affichaient des regards en berne, des visages gris, des mines déconfites.
Tout le monde était persuadé qu’avec son clientélisme outrancier d’un côté, et son autoritarisme de l’autre, Bourquin contrôlait, verrouillait, complètement le PS. Et que cela lui assurerait toujours la suprématie.
La liberté individuelle de voter selon ses propres convictions a repris le dessus.
Ils sont de plus en plus nombreux les adhérents du PS a mal vivre les discours vindicatifs de celui qui s’est investi du rôle de chef suprême, à trouver irrespirable le climat de suspicion, de paranoïa, de chasse aux sorcières qui ne cesse de se renforcer. L’arrogance de sa camarilla, tant auprès des salariés du conseil général, que des adhérents du PS, est de plus en plus mal supportée.
Les partisans catalans de Ségolène Royal ont bien compris la forte aspiration des adhérents du PS à évoluer dans un PS pacifié, démocratisé. La plupart du temps, comme lors de l’importante réunion publique de Saint-Estève avec Arnaud Montebourg, porte-parole de Ségolène Royal, le nom de Bourquin n’était même pas prononcé par les orateurs.
Certains sont tentés de résumer ce qui se passe au PS à un duel Bourquin-Codognès. C’est davantage un choc entre deux façons de penser et de faire de la politique.
Bourquin essaie de gérer son échec. D’abord en tentant de le minimiser. Mais les faits en disent plus que les déclarations. Vendredi 17, il refusait de répondre aux journalistes sur le dernier dérapage de G. Frêche. Quelques jours plus tard, il lui apportait son total soutien. Le président de la région avait convoqué Bourquin entre temps pour le mettre au pas. Puis est venue la déclaration de Fidel Cresta, premier secrétaire de la fédération, disant qu’Olivier Ferrand était le candidat du PS sur la quatrième circonscription. Cela, alors que Bourquin venait de faire cinquante réunion lors desquelles il expliquait qu’il ne pouvait y avoir qu’un candidat, celui des socialistes catalans, Pierre Aylagas. Plus vraiment maître chez lui, Bourquin n’a plus les moyens de défier Paris et Montpellier.
Un responsable socialiste avait prédit au maire d’Argelès qu’après l’avoir vendu, Bourquin le trahirait. Voilà qui est fait.
Et Bourquin qui promettait que le parisien serait parti pour Noël. Il est pathétique.
Le président du Pays Catalan peut toujours se rassurer avec le score de Fabius sur la section de Millas, 98%, un vote de démocratie… populaire.
Les partisans de Straus-Khann emmené par le sémillant Olivier Ferrand, lieutenant de DSK ont dans les P-O fait un de leur plus mauvais score, 7 %.
Des nouvelles du roi des faux culs, alias Jack Lang. A côté de Frêche lorsque ce dernier avait vociféré contre les harkis, il n’avait pourtant pas hésité à dire à la presse qu’il n’avait rien entendu. Changement de registre, voilà maintenant que Frêche "n’est pas digne d’être membre du Parti Socialiste".
Polémique Victor, reporter de guerre au Bourquinat Fachot.
Contact : victor.polemique@laposte.net