Dans deux interviews, à quelques jours d’intervalle, Christian Bourquin déclare qu’il est totalement opposé à la construction du théâtre de l’Archipel (quel nom à la c.., je ne m’y ferai jamais. Jordi Pere Cerda, écrivain, auteur de pièces de théâtre, ce ne serait pas mieux ? ). Donc si Bourquin était maire de Perpignan (Quel cauchemar !), il préfèrerait rénover le théâtre municipal.

Quand il s’agit de dire n’importe quoi, Bourquin n’a pas son pareil. L’homme qui n’ouvre jamais un livre n’a peut-être jamais non plus franchi les portes d’un théâtre et en particulier celles du vieux théâtre de la place de la République. Il aurait constaté qu’il avait été rénové. Mais il aurait surtout vu qu’il est petit.

L’homme qui parle avant de réfléchir doit aussi manquer de mémoire. La construction d’un théâtre était une des propositions phares de la gauche lors des élections municipales de 2001. Ce qui prouve encore que Bourquin est largué, c’est que l’opposition municipale (qui n’est pourtant pas aussi molle que l’opposition de droite au conseil général) a voté le projet de théâtre d’Alduy.

Bourquin ne doit pas savoir non plus que les P-O sont un des rares départements de France à ne pas avoir de théâtre digne de ce nom.

En matière de culture, Bourquin devrait se faire discret. Mais justement, moins il en a fait, plus mal il le fait et plus il fait d’esbroufe. Le fossoyeur de l’ADDMCT c’est lui ! Boitassous - roi du divertissement devenu premier acteur « culturel » du conseil général, c’est encore lui !

C’est Bourquin lui-même qui dit (défendant la corrida) : « Moi j’offre des divertissements au peuple ». Roi de la féria et du pastis à gogo. Bourrez vous la gueule, le conseil général distribue des alcotests à la sortie !

Bourquin est contre, contre, contre… super contre surtout quand c’est Alduy qui le fait. Oser être contre Visa pour l’image, la manifestation qui témoigne des drames et des souffrances de la planète. Il faut le faire. Surtout quand on se dit de gauche.

Le théâtre va coûter cher… Et oui, un collège aussi, et les routes… Si vous saviez combien coûte un kilomètre de route, on arrêterait d’en faire.

Jamais on avait vu un homme de gauche s’opposer à la création d’un équipement culturel. Jamais !

Et le restaurant privé de monsieur Bourquin avec sa cohorte de cuisiniers et de serveurs, c’est de l’argent public bien employé ?

Si l’opposition de Bourquin au conseil général n’était pas là que pour faire de la figuration et toucher son chèque de fin du mois elle aurait depuis longtemps dénoncé ce scandale et demandé la fermeture du restaurant de la honte.

Voilà ce que Christian Bourquin disait il y à quelques jours de cette opposition dans le Midi-Libre de son ami Lucifer Malepire : « A un an d’élections, on peut légitimement s’interroger sur cette opposition qui, à mes yeux, est totalement inexistante. Il n’y a qu’à voir : elle vote pratiquement toutes nos décisions à 97 %. A ce rythme-là, autant que les électeurs votent directement pour moi, pour la majorité départementale, la prochaine fois. Comme ça, nous ne perdrons pas de temps. »

Si la dizaine de conseillers généraux de droite considèrent qu’ils sont d’accord à 97 % avec Bourquin, autant qu’ils restent chez eux. Imaginons ce qu’ils devront dire aux électeurs lors de la prochaine campagne des élections cantonales : « Votez pour nous, mais sachez que nous soutenons à 97 % la politique de Bourquin. Quant aux 3% restant, c’est le plus souvent un vote d’abstention. Parce qu’il faut vous dire, chers électeurs, que Bourquin est très autoritaire et menaçant, nous n’avons donc pas le courage de voter contre, même quand nous sommes totalement hostiles à ce qu’il nous propose. Votez pour nous quand même. »

Il y a, dans l’opposition, des conseillers généraux dont on ne connaît pas le son de la voix. Jamais ils n’ouvrent la bouche. Ah, si… pardon quand la séance est terminée pour se plaindre des méthodes de Bourquin.

Les électeurs de gauche, comme les électeurs de droite, ont de bonnes raisons de demander des comptes à leurs élus au conseil général.

Terminons par ce qui semble un gag. Bourquin souhaite la parité hommes-femmes dans les conseils généraux (interview Midi-Libre). Rappelons à nos lecteurs que parmi les nombreux records qu’ils détiennent, les P-O sont le seul département de gauche sans femme dans les rangs de sa majorité. Cela ne risquait d’ailleurs pas d’arriver puisqu’aux dernières élections cantonales le PS n’en a pas présenté une seule.

C’est cela la bonne définition d’un politicien, quelqu’un qui dit une chose et qui en fait une autre.

Jamais le fossé qui sépare les citoyens des politiques n’a été aussi large et aussi profond. Il va bien falloir, un jour, que l’on mette fin à cette façon de faire de la politique.

Polémique Victor, reporter de guerre au Bourquinat Fachot.