06jan 2007
La tour d'argent
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2007
Chose promise… On va vous en dire un peu plus sur Le petit Journal… Le nouvel hebdo dans les P-O. Dans le microcosme journalistique, on parle beaucoup du nouvel arrivant Mais pour l’instant c’est silence radio. Dans la presse, c’est pourtant une tradition de souhaiter la bienvenue à un nouveau confrère.
Chose promise… On va vous en dire un peu plus sur Le petit Journal… Le nouvel hebdo dans les P-O. Dans le microcosme journalistique, on parle beaucoup du nouvel arrivant Mais pour l’instant c’est silence radio. Dans la presse, c’est pourtant une tradition de souhaiter la bienvenue à un nouveau confrère.
Le Petit Journal c’est aujourd’hui 10 éditions dans les départements du Sud-Ouest, plus depuis quelques semaines l’édition catalane. Après s’être bien implanté dans la zone de diffusion de La Dépêche, Alain Paga, le patron de ce petit groupe de presse chasse sur les terres du groupe Midi-Libre.
Le Petit journal ne prendra pas beaucoup de lecteurs à La Semaine du Roussillon, l’hebdo du groupe Midi-Libre. Les lignes rédactionnelles sont à l’opposé. La Semaine fait dans l’info générale départementale et la culture alors que le nouveau venu se consacre surtout à l’info des villages. Alain Paga dit faire «des journaux populaires».
La Semaine roule à gauche, certes sans éditoriaux violemment hostiles à la droite comme ceux que signe Bernard Revel dans l’Indépendant. Le patron du Petit Journal, lui, ne cache pas ses opinions de droite. Mais il fait d’abord des journaux respectueux de la diversité de son lectorat.
Brisant l’omerta bienveillante de La Dépêche à l’égard de tous les élus de gauche, Le Petit Journal a, dans plusieurs départements, révélé des affaires qui ont fait tomber des maires de villes importantes et des députés. Le Petit Journal peut aussi s’enorgueillir d’avoir très fortement contribué à faire battre Baylet, patron de La Dépêche et président du Parti Radical de gauche qui perdit son siège de député aux dernières législatives.
Au regard des premiers numéros, on pouvait se demander si Le petit Journal n’était pas fagocité par Bourquin tant l’hebdo lui était favorable.
Dans son numéro 3, il donnait la leçon à Christian Blanc. Sous la plume de Julien Folcher, ex de La Semaine et ex de l’Indépendant, le maire des Angles, conseiller général du Capcir était présenté comme hostile au projet de Mémorial de Rivesaltes et au devoir de mémoire à l’égard des victimes des camps d’extermination nazi.
Si Julien Folcher avait assisté au débat sur le vote d’une rallonge financière au projet de Mémorial, ou s’il avait écouté les enregistrements de la séance, il aurait su qu’aucun conseiller général n’était opposé au projet. Christian Blanc, pour ce qui le concerne, a même regretté qu’on ne l’ai pas fait plus tôt.
Dès l’ouverture de la session suivante du conseil général, Christian Blanc prenait la parole pour demander à Christian Bourquin de retirer des propos inacceptables tenus dans le Midi-Libre où il déclarait : «Ceux qui ont voulu me faire tomber sur ce dossier, et qui ont tenu des propos et un comportement vichystes, ont perdu». C. Bourquin refusant de s’expliquer, Christian Blanc quittait la séance.
Entretenant une confusion favorable à Bourquin, J Folcher se gardait bien de rapporter les violents propos de Bourquin. Et le départ de C. Blanc était ainsi présenté : «Bien connu pour ses frasques et ses sauts d’humeur à l’encontre du conseil général… Christian Blanc a préféré fuir ses responsabilités et s’en prendre directement au président du conseil général… ».
Quelques jours après la parution de cet article, nous apprenions que J. Folcher était en train de négocier son embauche au cabinet de Christian Bourquin et qu’il avait été longuement reçu par le commissaire politique du conseil général, Notariani (officiellement directeur de cabinet) accompagnés de deux accolytes.
Nous avons contacté Julien Folcher qui dit avoir déposé son CV au conseil général comme dans des dizaines d’autres endroits. A notre question sur un entretien en vue d’un recrutement au cabinet de Bourquin, il répondait ni démentir, ni confirmer.
Julien Folcher se révélant comme un des disciples de Bourquin les plus doués, il mérite d’être recruté au cabinet du président. Dire cela nous en coûte. Le journalisme nord catalan va perdre un des ses plus brillants éléments. Mais il faut savoir faire passer l’intérêt général avant tout. C’est au conseil général que J. Folcher sera le plus utile.
Revenons à la réaction de Christian Blanc.
Comment les 29 autres conseillers généraux ont ils pu se taire ? Comment ont ils pu garder le silence après la déclaration très digne, très mesurée de C. Blanc. Comment peut on s’écraser après s’être fait traiter de Vichystes ? Vichy a instauré le port de l’étoile jaune, livré les juifs aux nazis, vendu la France à Hitler.
Christian Bourquin n’a pas de limite, parce qu’il a, en face de lui, des élus qui acceptent tout. Ils sont autant que lui les fossoyeurs de la démocratie.
Nombre de personnes ont approuvé le comportement de C. Blanc. Mais ce qu’il a fait est simplement normal. Un élu qui a des valeurs et des idées ne pouvait rester sans réagir aux ignominieux propos de Bourquin.
Le président du conseil général n’a pas supporté qu’une majorité d’élus, issus de tous les groupes de l’assemblée départementale, (communistes, socialistes, non inscrit, UMP, s’expriment de fortes critiques sur la dérive financière du projet de mémorial). En les traitant de Vichystes et en les présentant comme hostiles au projet, Bourquin utilise (à son habitude) l’arme du discrédit pour faire taire les critiques. Et ça marche.
C’est le 11 janvier que le tribunal correctionnel rendra son jugement qui dira si J. Bouchindhome, neveu de Bourquin, avait le droit de déposer le nom de domaine françoiscalvet.fr.
Et, le même jour, la CADA (Commission d’accès aux documents administratifs) se prononcera sur un recours suite au refus de Bourquin de nous laisser consulter les factures des frais d’alimentation (poste différent des frais de réception) du conseil général pour un montant de 122 037 euros pour l’année 2005. Pour information, il n’y a pas de cantine au conseil général. Et cette somme ne comprend pas les salaires des cuisiniers et serveurs du restaurant gastronomique privé de Bourquin au conseil général baptisé par un conseiller général « LaTour d’argent du contribuable ».
Au cas où vous l’auriez oublié, Christian Bourquin est président du comité départemental de soutien à Ségolène Royal… C’est le meilleur repoussoir que la candidate ait trouvé ? Elle aurait pu proposer la place à Arlette Franco…
Polémique victor
Contact : victor.polemique@laposte.net