18jan 2007
La Ségolénitude du président Bourquin
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2007
Les problèmes judiciaires du président du conseil général sont loin d’être enterrés. La justice ne va quand même pas se mettre en congés électoraux en 2007, année des présidentielles et des législatives et en 2008, année des cantonales et des municipales. L’instruction de l’affaire des faux témoignages, aussi couramment appelé « affaire du chauffeur » semble bouclée. Elle avait commencée en 2001…
Les problèmes judiciaires du président du conseil général sont loin d’être enterrés. La justice ne va quand même pas se mettre en congés électoraux en 2007, année des présidentielles et des législatives et en 2008, année des cantonales et des municipales. L’instruction de l’affaire des faux témoignages, aussi couramment appelé « affaire du chauffeur » semble bouclée. Elle avait commencée en 2001… Sauf à laisser penser aux justiciables que M. Bourquin bénéficie d’une immunité, il faut bien qu’un jour Bourquin-Amiel-Donat-Cansouline et éventuellement Puigmal (celui qui a refusé de cautionner le maquillage des comptes électoraux de C. Bourquin) soient jugés.
Ne perdons pas en cours de route l’affaire des marchés de communication du conseil général, elle aussi dans le cabinet d’un juge d’instruction, depuis 2001.
Le retour dans l’actualité des problèmes judiciaires de Bourquin va poser un gros problème au PS. Bourquin est candidat aux élections législatives et il est président du comité départemental de soutien à Ségolène Royal. Mais comme il est également numéro 2 de la région Languedoc-Roussillon, présidée par Georges Frêche, la presse nationale et la droite ne vont pas le louper.
Le PS l’a bien cherché.
Président du conseil général et premier vice-président de la région, Bourquin est un gros cumulard qui cadre mal avec la promesse de Mme Royal d’instaurer le mandat parlementaire unique.
Lorsqu’elle a donné à Bourquin la présidence du comité de soutien à Ségolène Royal, la direction du PS savait également ce qu’elle faisait.
Bourquin Ségoléniste de choc !
Le président du conseil général était absent aux deux premières réunions du comité de soutien à Ségolène. A la troisième, il a passé son temps à gribouiller du papier et il est parti avant la fin. Un proche de Bourquin n’expliquait-il pas il y a quelques jours à un journaliste qu’une victoire de Sarkozy, balaierait Ségolène et ferait revenir Fabius. Et il ajoutait que Bourquin conserverait plus facilement son pouvoir en incarnant un discours d’opposition à la droite, qu’en étant le défenseur d’une politique de gauche qui ne pourrait pas résoudre tous les problèmes des Français.
Eclairant, mais pas vraiment nouveau. C’est la politique de la terre brûlée que Bourquin met en œuvre depuis pas mal de temps déjà dans la perspective des présidentielles et des législatives.
Ajoutons qu’avec la droite il n’y a aucun risque d’instauration d’un mandat parlementaire unique, proposition à laquelle Bourquin est hostile.
Concernant les frais de bouche du président Bourquin, l’avis de la CADA (Commission d’accès aux documents administratifs) est tombée, le conseil général a trente jours pour nous permettre de consulter les factures et autres pièces justificatives des dépenses d’un montant de 122 037 euros (80 briques ! ! !) pour l’année 2005 (poste différent de celui des frais de réception). On va peut-être bientôt savoir combien coûte le restaurant privé surnommé La tour d’argent.
Petits fours, champagne, écrans géants et feu d’artifice.
Avec la présence de nombre d’élus et de personnalités venus de tout le territoire de la quatrième circonscription, la cérémonie des voeux de la député maire UMP de Canet rappelait qu’Arlette Franco était en campagne. 700 à 800 personnes se sont régalées de mets de choix, petits fours, huîtres, viandes, poissons, innombrables desserts, boissons alcoolisées diverses et variées. Le traditionnel pot d’antan est devenu un fastueux banquet… pas du tout républicain.
A Canet, comme à Cabestany d’ailleurs, avaient été installés des écrans géants. Pour voir quoi ? La trombine en plusieurs mètres de haut de Franco et de Vila. C’est les mêmes dont les prestations empruntent de plus en plus aux techniques scéniques du show qui, hier et demain, dénonceront la politique spectacle.
Côté bouffe. Une mention spéciale à Cabestany. C’était gargantuesque. Mais le peuple s’il n’était pas convié aux festivités, n’était pas pour autant oublié (on est communiste à Cabestany) le féodal du coin offrit un grand feu d’artifice. Personne ne demanda combien tout cela coûtait. Cela ne se fait pas, surtout quand on a la bouche pleine.
Mais, heureusement, mon copain artisan-peintre qui bosse plus depuis qu’il s’est cassé le pied et que sa banque embête depuis deux mois n’a pas internet. Je crois que ce papier l’aurait mis en colère… Il habite à Cabestany.
Votre site préféré continue de battre des records de fréquentation. C’est tellement impressionnant que l’on va adhérer à un organisme de contrôle pour vous montrer que l’on ne bluffe pas.
Ah, au fait, on allait oublier de vous signaler une belle action. A l’issue du banquet donné au Palais des rois de Majorque en l’honneur des conseillers généraux actuels et anciens, Renée Soum a ramassé nombre de ballottins de chocolat restés aux place inoccupés. C’était sans aucun doute aucun pour les offrir à des démunis. On nous signale que les conseillers généraux et leurs épouses se retrouveront (encore) vendredi 19 janvier, en soirée, dans un des plus grands restaurants du département. 31 conseillers généraux plus leur épouse X 100 = 7 200 euros. Bon appétit messieurs dames. Je suggèrerais bien qu’on fasse l’économie de ce dîner et que l’on prête, je dis bien prêter ces 7 000 euros à mon copain de Cabestany. Mais on va m’accuser de populisme.
Populiste accusation lue récemment dans un mail. J’ai répondu à ce lecteur que rien ne l’obligeait à connaître ce qu’il ne voulait pas savoir. On peut encore choisir ses lectures.
Plus sérieusement. Dans les pays où il y a plus de transparence, il n’y a plus de confiance. Exemple : les pays scandinaves. La démocratie se porte mieux quand les comptes sont publics. Ce n’est pas de jurys populaires dont nous avons besoin. L’accès de tous les citoyens à l’information sur la dépense publique devrait être inscrit dans la constitution. La transparence est la meilleure arme contre la corruption et les dépenses injustifiées. Le conseil général n’aurait-il pas un train de vie plus raisonnable si les factures étaient à la disposition de tous ? Avec une gestion plus rigoureuse, on retrouverait le chemin d’une confiance qui, de façon justifiée, fait aujourd’hui gravement défaut.
Au contraire du populisme, la démarche de perpignan-toutvabien repose sur une demande de plus de démocratie.
Polémique Victor, reporter de guerre au Bourquinat Fachot.
Contact : victor.polemique@laposte.net