« Je rejette toutes les formes de brutalités et d’arrogance » Ségolène Royal

Le Petit Journal de cette semaine révèle que, déjà en 2002, une femme avait porté plainte contre Bourquin à la suite d’une agression physique et de menaces.

La razzia de Christian Bourquin et des membres de sa garde rapprochée chez les marchands de journaux pour acheter 2 000 exemplaires du Petit Journal n’en finit pas de faire des vagues. Toute la presse, écrite, radio, télé, à l’exception, notable, de L’Indépendant s’en est largement fait écho.

A gauche, il règne un vrai silence de mort. Pas une organisation, pas un élu, pas une voix ne se sont faits entendre. Comme bien souvent, et c’est vrai d’un côté comme de l’autre, l’esprit partisan, la solidarité de parti et de camp ont pris le dessus.

Cela nous montre à quel point la démocratie est fragile.

A droite ça bouge.

Daniel Mach est le premier que j’ai vu réagir. Lors de la présentation de sa suppléante, il est venu me voir et m’a dit : « Ce qui se passe est grave, je ne suis pas inactif et je vais rapidement m’exprimer publiquement »

Jean Rigual est l’auteur d’une vigoureuse protestation au nom du groupe des conseillers généraux UMP.

Cinq semaines après la plainte d’une militante socialiste, L’Indépendant évoque l’affaire en s’appuyant sur le communiqué de Jean Rigual. Yann Marec ne cite jamais le Petit Journal, le grand journal ne peut bien sûr pas s’abaisser à donner le nom d’un petit journal de rien du tout qui ose venir marcher sur ses plates bandes !

Depuis deux ou trois semaines, une question revient sans cesse, pourquoi l’Indépendant se tait-il ? Ce n’est pas un choix de la rédaction. C’est donc celui de la direction ? Affirmatif. Pourquoi ?

Un : L’Indép comme tous les titres du groupe Le Monde roulent pour Ségolène. La ligne rédactionnelle de notre quotidien a, successivement, été très anti-Raffarin, puis très hostile à Villepin. Son opposition à Sarkozy est très dure et son soutien à Ségolène Royal très affirmé. Nous avons la conviction que la direction de L’Indép n’aurait pas mis le couvercle si François Calvet ou Daniel Mach avaient été l’objet d’une plainte pour menace et violence déposée par une salariée de la ville qu’ils administrent et que les faits se soient déroulés dans un contexte politique.

Deux : Le Conseil général est un des plus importants annonceurs de L’Indépendant et dans le petit monde de la presse tout le monde sait que Christian Bourquin n’hésite pas à employer l’arme économique. Le titre écrit ou radio qui ménage Bourquin croule sous la pub, exemple Le Travailleur Catalan. Celui qui critique le président du Bourkinat fachot est mis au pain sec. Et qu’il s’estime content de ne pas être mis au cachot, car c’est ce qui lui arriverait si le président en avait le pouvoir.

Trois : L’Indépendant a fait le silence sur la razzia du Petit Journal chez les marchands de journaux et les menaces dont les diffuseurs de presse ont été victimes afin de ne pas déplaire à C. Bourquin et de ne pas faire de publicité à un titre concurrent à La Semaine du Roussillon (hebdomadaire propriété de Midi-Libre-L’Indépendant.

Une entreprise de presse n'est pas un tiroir caisse. Mais si on parle commerce, on peut regretter que la direction de L'Indép oublie que son premier client, ce sont les Catalans qui, chaque jour de l'année, déboursent 0.85 euros. Raison de plus pour que le devoir d'informer prime sur le reste.

Qu’un journal garde le silence quand un autre journal subit des attaques aussi violentes est incompréhensible. Heureusement, les autres rédactions départementales ont, elles, pu faire leur travail. Ce qui n’est pas allé sans pression.

La demande d’interdiction et la razzia chez les diffuseurs de presse s’est finalement retournée contre Bourquin et Amiel Donat, les numéros suivants du Petit Journal font des ventes beaucoup plus importantes qu’avant.

Nous publions ci-dessous dans son intégralité la seconde réaction de Jean Rigual :

M. Bourquin, je n’ai aucune confiance en vous et que vous soyez poursuivi pour faux et usage de faux par M. le Procureur ne contribue pas à me rassurer.

Je vois bien, M. Bourquin, que vous n’appréciez pas mes questions ; sachez que pour ma part, je ne suis pas convaincu par vos réponses et par l’opacité qui préside à la gestion du Conseil Général.

Vous me dites que lorsque vous allez acheter un hebdomadaire qui vous concerne, vous le payez avec votre argent, quoi de plus normal ! Mais qu’en a-t-il été des 2.000 exemplaires du Petit journal que vous avez acquis autoritairement ? Qui s’est rendu chez les diffuseurs de presse de Perpignan et au-delà ? Vous ou des employés du Conseil général ? Qui va payer ces matinées de travail perdues ? Vous, sur vos ressources propres, ou nous, avec nos impôts ? Et Me Amiel Donat, en quelle qualité a-t-elle agi chez les marchands de journaux ? Au titre d’avocate du Conseil général ? M. Bourquin, lorsqu’un journal me concerne, un seul exemplaire me suffit.

Dans le doute, il m’est apparu opportun de vous poser la question de l’origine des fonds qui ont servi à cette razzia.

Vous êtes généreux avec vos deniers personnels ? Parfait ! Alors, qui vous renvoie devant le tribunal correctionnel d’Aix en Provence ? Jean Rigual ou la plus haute instance judiciaire de notre département ?

Comme d’habitude, vous faites diversion en ne répondant pas aux questions que je vous pose. Sur le « Luxembourg », la Chambre Régionale des comptes s’est prononcée ; laissez à J. Blanc le soin de s’expliquer.

En revanche, revenons à Perpignan et aux affaires qui vous concernent. Le 12 janvier dernier, n’avez-vous pas été condamné à communiquer les factures des 122 037 € soit 800.515 Francs de « frais de bouche » (sans compter les salaires) dépensés pour l’année 2005 par le Département ? Ces frais de bouche astronomiques sont les montant des repas de tous ceux que vous invitez à votre table au Conseil Général, dans votre nouvelle salle à manger, avec toute une brigade de cuisiniers et de serveurs. Trouvez-vous normal de ne pas avoir obtempéré à cette décision ?

Non, Mr Bourquin, je ne vous ramène pas au niveau des égouts mais ce qui est sûr, c’est que par vos agissements, vous faites gravir à notre collectivité les marches du Tribunal. Pensez-vous que les habitants des P-O soient fiers de vous et de l’image que leur président du Conseil Général donne dans la France entière ? « Quand on a le fond de la culotte sale, on ne monte pas au mât de cocagne ».