C’est un Olivier Ferrand aux abois qui est apparu mercredi matin devant la presse. Le candidat n’a pas réussi à s’imposer, c’est clair. Si Aylagas et Reynal ont pu aller jusqu’au bout de leur projet, c’est parce qu’Olivier Ferrand n’a pas su les stopper, n’a pas fait ce qu’il fallait pour éviter que l’on en arrive au duel fratricide.

Il a parlé dans le vide pendant près d’une heure, fuyant les vraies questions. Il a fallu que François Ferral (ex président de l’Université) lui dise, un peu durement, que les demandes de clarification des journalistes étaient légitimes. Il y est venu mais, une minute après, il fuyait à nouveau les vraies questions sur la situation désastreuse dans laquelle il se trouve. Il est parti sur une histoire à dormir debout en rendant hommage à Henri Sicre qui : « de son plein gré a décidé de laisser son mandat ». A quoi cela sert de raconter un bobard pareil. Tout le monde sait que le député Henri Sicre a été poussé vers la retraite par Bourquin (de façon peu élégante) et par une règle adoptée par le PS qui voulait que les députés sortants laissent la place à des candidatures féminines.

Nous n’avons jamais été ici des chauds partisans de la méthode Ferral. Mais celui-là n’aurait pas ménagé la chèvre et le chou jusqu’à se retrouver le dindon de la farce. René Olive ne se serait pas davantage laissé faire. Ferrand s’est raconté des histoires en faisant comme si Aylagas et Averel n’iraient pas jusqu’au bout. Avec Bourquin et Frêche derrière, ils n’allaient pas laisser tomber.

Ferrand n’a cessé de faire des calculs prudents comme ceux que font les énarques pour faire avancer leur carrière. Ce n’est pas la bonne méthode quand on a des lascars comme Aylagas, Bourquin et Frêche en face de soi.

L’exclusion du PS d’Aylagas et d’Averel ne va bien sûr rien régler. Si elle donne des arguments à Ferrand pour dire "C’est moi le candidat PS", elle en donne aussi aux autres. Le candidat parachuté qui ne se donne même pas la peine d’habiter sur le territoire où il est candidat n’arrive décidément pas à faire oublier qu’il est, du début à la fin, le produit des diktats parisiens.

Au cours de cette conférence de presse OF a commis une belle maladresse et fait un joli lapsus. Juste après avoir fait son habituel numéro sur la jeunesse, le renouvellement et l’usure des éléphants du PS, il annonçait : « Vous m’avez sur le dos pour trente ans ». La carrière… C’est toujours les autres qui la font.

Il a ensuite déclaré qu’une fois élu, il prendrait son bâton de maréchal pour faire avancer les dossiers du département. Il vaudrait mieux qu’il se prépare à reprendre son bâton de pèlerin pour regagner le quartier du Marais.

Toujours sur la quatrième circonscription. Jacqueline Irlès ne trouve pas de suppléants. Les élus pressentis ont, les uns après les autres, décliné la proposition. La candidate UMP a un handicap, ne pas être personnellement très appréciée dans son propre camp.

Après les ralliements massifs de militants et d’élus UDF des P-O à Sarkozy, les candidats de Bayrou aux législatives vont avoir des problèmes de crédibilité.

Et si la Maréchale Franco se barrait, elle aussi à son tour en Italie et renonçait à être candidate aux législatives ? Elle aussi en a peut-être marre de se faire traiter comme une grosse bouse par Philippe Lucas, « Arlette c’est quoi ce discours de merde », « Non, mais attends, tu crois que tu vas gagner les élections avec cette gueule de déterrée que tu fais depuis ce matin », « C’est de la daube ton blog, tu te fous du monde »… Entre Philippe Lucas et un bel Italien plein de charme, elle ne va pas hésiter une seconde Arlette…

Daniel Mach est revenu dans la presse locale sur la décision du tribunal qui a débouté l’AGRIF contre Richard Makéla, allias Monsieur R. Le combat de Daniel Mach contre « Fransse» chanson puant la haine, n’était pas injustifié. Aucune forme de racisme n’est acceptable.

L’action de l’AGRIF est plus discutable. C’est l’extrême de l’extrême droite. Une organisation animée par des cathos intégristes qui mènent (entre autres choses) une véritable croisade contre l’avortement. Un élu républicain ne peut pas cautionner l’AGRIF.

A un mois du scrutin, Bourquin a officiellement annoncé sa candidature, seul, sans suppléant. Le crédo de sa campagne sera de dire que le député sortant n’a rien fait. Il aura du mal à en convaincre les électeurs. Sur les quatre députés, c’est incontestablement celui qui a le plus travaillé les dossiers de la circonscription et s’est le plus investi dans le travail parlementaire, l’exemple le plus connu étant sa participation à la commission d’Outreau.

Exemple de la démagogie de Bourquin, la THT est toujours là, dit-il. Mais qui a amené ce projet ici ? Rappelons pour la énième fois que c’est le ministre socialiste de l’industrie qui a signé la décision et qu’elle a été confirmée lors des sommets Franco Espagnols de Perpignan et de Barcelone. Jospin était premier ministre et Bourquin était député. Et à ce moment là, il a laissé faire. Voilà les faits.

En réunissant 1 200 personnes (vrai chiffre) et de nombreux élus, 8 maires parmi lesquels Michel Moly et des dizaines d’élus municipaux de la circonscription à Argelès, Aylagas a fait un gros coup.

Trois conseillers généraux sont du côté d’Aylagas. Et Olivier Ferrand est soutenu par René Olve et par Robert Garrabé qui d’ailleurs tiendra une réunion publique avec OF le 11 mai. Marcel Mateu penche d’un côté puis de l’autre, puis d’un côté, puis de l’autre…Ferrand et Ayllagas peuvent compter sur son soutien. On ne savait pas qu’il y avait des anguilles dans le Vallespir. Réaction d’un politique plein de bon sens : Mateu a le droit de ne pas choisir entre l’un et l’autre camp, dans ce cas là, qu’il soit neutre, on ne peut pas les soutenir tous les deux, sauf à passer pour une carpette. Ce qui serait ennuyeux pour ce Mateu-là !

Polémique victor