Nous remercions Christian Bourquin d’avoir accepté, en exclusivité, de répondre à une interview sans langue de bois.

Monsieur le président, vous justifiez le mauvais résultat électoral du PS en invoquant le changement de population sur le littoral et en zone périurbaine ?

Jeune homme, Vous vous doutez bien que je ne vais pas faire mon autocritique publique. Lorsqu’il y a un échec, un bon politicien doit toujours fournir des explications convaincantes qui évitent pour lui tout risque de porter le chapeau. Faire de la politique, selon ma conception, c’est être responsable des réussites et ne jamais être comptable des échecs.

Président, s’il vous plaît revenons à ma question.

Honnêtement, je n’en sais rien. Je ne sais pas si les nouvelles populations qui viennent dans le département votent un peu plus à droite qu’à gauche. Mais, bon, c’est une explication qui passe bien. '' Monsieur le président, vous dîtes « Si l’on doit déceler une erreur sur la quatrième, c’est de ne pas avoir permis aux militants de s’exprimer. » C’est un début d’autocritique ?''

Pas du tout jeune homme. C’est du pipeau ! Il n’était pas question que la fédération du PS organise ce vote entre un candidat dissident et un candidat investi par la direction nationale du parti. Malheureux, si j’avais fait cela, je me serais fait taper sur les pattes par Paris. Vous ne comprenez pas grand-chose à la politique.

Monsieur le président, vous dites que tous les socialistes qui voulaient se présenter à l’investiture ont pu le faire. Mais Codognès, il n’a pas pu se présenter sur la deuxième circonscription.

Je l’ai bien bagué celui là. En décidant que la deuxième circonscription était réservée à une candidature féminine je l’ai empêché de se présenter au vote interne.

Mais président, vous avez fait le jeu d’Arlette Franco !

Il ne peut y avoir qu’un seul coq dans la basse-cour.

Mais, président, la démocratie, c’est le contraire de la basse-cour.

C’est vous qui le dîtes.

Président, interrogé sur l’ambiance qui règne au PS vous répondez que les conflits ne vous intéressent pas et que les intérêts personnels n’ont pas à primer. C’est un peu gonflé quand même…

Vous comprenez vite. Vous commencez à savoir comment on fait de la politique. Vous voulez venir travailler dans mon cabinet ? Je vais vous expliquer un truc. En politique, il ne faut jamais hésiter à accuser votre adversaire de vos propres turpitudes, ça déstabilise et vous noyez le poisson.

Président, vous voulez dire qu’il faut être un peu manipulateur.

Un peu ? ça ne suffit pas ! Il faut être un super manipulateur pour être un bon politicien. Quand les attaques d'un adversaire me dérangent, j'adopte la posture de l'offensé, de l'agressé. Sa marche très bien. Il ne faut pas non plus hésiter à salir.

A ce point là, Président ?

Mais oui jeune homme. Il n’y pas de meilleure méthode d’élimination que le discrédit. Ceux qui résistent à votre pouvoir vous les salisssez, si il le faut. '' Président, vous présentez ceux qui à l'intérieur du PS s’opposent à vous comme des forces de destruction qui s’opposent aux forces de construction que vous représentez. Mais si on regarde la stratégie que vous avez mis en place pour les élections législatives, on pourrait vous retourner le compliment.''

Je viens de vous expliquez qu’il faut accuser vos adversaires de vos propres turpitudes. Cela dit, ma stratégie elle est gagnante. J’ai empêché Codognès de devenir député. J’ai planté Ferrand et j’ai évité qu’Aylagas devienne trop puissant en devenant député. Martine Joseph, la candidate socialiste, est, comme je le voulais, arrivée derrière Jean Vila. Les communistes étaient contents et ils ont bien voté pour moi au second tour. Il ne manquait qu’une chose, mon élection, pour que le succès soit total.

Président puisque que vous répondez sincèrement aux questions que je vous pose, pouvez vous me dire qu’elle est le rôle de Jacqueline Amiel Donat auprès de vous ?

Joker !

Président, il n’y a pas de joker.

Jeune homme l’interview est terminée.

Président, président, encore une…

Allez !

Qu’est qui fait marcher Bourquin ?

Le pouvoir, le pouvoir, le pouvoir et encore le pouvoir. J’aime ça. Rien ne vous donne des sensations plus fortes. C’est la meilleure des drogues. Vous vous sentez super bien. '' La prochaine bataille, c’est la mairie de Perpignan.''

C’est sur ! J’aime le baston et là je vais me régaler. Avec Jacqueline, on va pourrir la vie aux Alduystes.

Président, vous êtes candidat à toutes les élections ?

Oui et puis après les municipales je serai candidat aux sénatoriales.

Président, la dernière question, je peux avoir une réponse langue de bois.

Allez-y qu’on rigole un peu !

Président qu’est-ce qui fait marcher Bourquin ?

L’intérêt des Catalans. Toute mon énergie, tout mon dynamisme et ma capacité de travail hors du commun sont mises au service des Catalans.

Excellent ! Merci président.

  • La vraie interview, celle qui a servi de base à cette satyre, a été faite par Guillaume Clavaud, elle est lisible sur le site internet de L'Indep à la date du 23 juin 2007