14aoû 2007
Lac de Villeneuve-de-la-Raho : l'incurie !
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2007
Le préfet des Pyrénées-Orientales motive son arrêté du 10 août portant interdiction de baignade sur la retenue touristique de Villeneuve-de-la-Raho : « En considérant les risques d’exposition des baigneurs au vu des dépassements répétés des nombres impératifs fixés pour les coliformes des 16/07/2007, 25/07/2007, 1/08/2007, 6/08/2007, 8/08/2007… ».
Le préfet des Pyrénées-Orientales motive son arrêté du 10 août portant interdiction de baignade sur la retenue touristique de Villeneuve-de-la-Raho : « En considérant les risques d’exposition des baigneurs au vu des dépassements répétés des nombres impératifs fixés pour les coliformes des 16/07/2007, 25/07/2007, 1/08/2007, 6/08/2007, 8/08/2007… ».
Que disent ses résultats d’analyse ?
Date prélèvement Coliformes totaux 29/5/2007 288 11/06/07 90 28/06/07 1 180 03/07/07 770 05/07/07 3 000 09/07/07 6 200 16/07/07 10 100 19/07/07 8 400 23/07/07 5 300 25/07/07 17 900 30/07/07 7 700 01/08/07 18 700
Résultats postérieurs non communiqués. Ils dépassent la norme impérative de 10 000 qui entraîne l’interdiction de la baignade. Une eau est considérée de bonne qualité quand elle ne dépasse pas 500 coliformes pour 100ml.
« Dans l’eau, les germes pathogènes sont assez difficiles à détecter. C’est la raison pour laquelle on recherche les germes banaux présents en grande quantité dans le tube digestif. Ceux-ci vont constituer des germes indicateurs de contamination fécale. Leur présence dans une eau baignade indique qu’il y a une probabilité que des germes pathogènes y soient présents » (Source Dir. Dépt. des Affaires Sanitaires et Sociales). En termes plus clairs validés par plusieurs sources scientifiques et médicales, se baigner dans des eaux à forte concentration de germes expose à des risques infectieux particulièrement accrus chez les enfants et les personnes de santé fragile. Des dizaines de personnes (repérées) qui se sont baignés dans le lac ses dernières semaines ont développé des pathologies caractéristiques : infections ORL, infections de l’appareil digestif, problèmes cutanés…
Le conseil général qui dispose de beaucoup plus d’informations sanitaires et de résultats d’analyses que ceux qui sont publiés (il a un laboratoire) aurait depuis la mi-juillet du informer les baigneurs de Villeneuve-de-la-Raho de la dégradation de la qualité des eaux afin de permettre à de nombreuses personnes à la santé fragile de se protéger en évitant de se baigner. Devant l’aggravation de la pollution constatée au cours de la deuxième quinzaine de juillet, il aurait du, à la fin juillet ou les tous premiers jours d’août, interdire la baignade. Il n’a pas bougé, laissant chaque jour plus d’un millier de personnes se baigner dans des eaux polluées. Il a fallu que la préfecture prenne le taureau par les cornes et la décision qui s’imposait. Il faut savoir que la responsabilité sanitaire incombe en tout premier lieu à l’exploitant de la baignade, ici le conseil général. Une information totalement passée sous silence par la presse et bien sur par le conseil général lui-même.
Le silence de Christian Bourquin est particulièrement révélateur de sa fuite devant les responsabilités. C’est, depuis quelques jours, Marcel Mateu, vice-président du conseil général qui répond aux questions des journalistes. Pourtant C. Bourquin n’est pas loin, il était à la féria de Millas et lundi il était au conseil général.
C’est un comportement habituel chez lui. Il se planque dès qu’il y a un problème grave. C’est indigne d’un responsable politique. Au printemps, après la mort d’une jeune femme dont la voiture a été écrasée par la chute d’un platane sur une route départementale, c’est le directeur des routes du CG qui a répondu aux questions de la presse.
Partant du principe qu’il est le président du conseil général, donc de l’exécutif de l’assemblée départementale, Bourquin est toujours le seul à s’exprimer… Sauf quand il y a un coup dur.
Les différentes informations recueillies sur les causes de la pollution montrent qu’elle est directement la conséquence de l’incurie de Christian Bourquin et de la bataille navale qu’il y mène depuis quelques années. Perpignan-toutvabien vous en dira bientôt plus sur le sujet.
En écoutant les explications confuses de Marcel Mateu, on comprend que ce n’est pas du côté du conseil général qu’il faut attendre l’explication sur les causes réelles de la pollution.
La Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales devrait normalement faire une enquête. Plusieurs personnes, des touristes et des habitants des P-O, ayant déclaré avoir l’intention de porter plainte, il n’est pas exclu que la justice ouvre une enquête.
Il semble que le conseil général ait provoqué lui-même la pollution en amenant dans le petit lac de l’eau polluée en ne prenant pas les plus élémentaires précautions sanitaires.
Jusqu’en 2003, le lac était géré par la commune qui, à force d’effort, avait réussi à décrocher le drapeau bleu et à le conserver. Bourquin a voulu reprendre la gestion touristique du site. Dès la première année, il perdait le drapeau bleu. Et quatre ans après c’est la cata…
Contact : victor.polemique@laposte.net
PS : INCURIE, subst. fém. Indifférence et manque total de soin ou d'application dans l'exercice d'une fonction ou dans l'exécution d'une tâche. Synon. abandon, insouciance, laisser-aller, mollesse, négligence; anton. attention, soin, souci. Coupable, dangereuse incurie; ignorance et incurie; incurie administrative, gouvernementale, professionnelle; vivre dans l'incurie…
Photo de l’affiche apposée sur le site par le conseil général.