18sep 2007
Codognès à la mairie ?
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2007
La gauche est suspendue au sort que le tribunal d’Aix-en-Provence réservera à Christian Bourquin. Personne n’en parle. Sujet tabou. On fait comme si C. Bourquin ne courrait pas le risque, pourtant très élevé, d’être condamné et privé de ses droits civiques pour quelques années.
La gauche est suspendue au sort que le tribunal d’Aix-en-Provence réservera à Christian Bourquin. Personne n’en parle. Sujet tabou. On fait comme si C. Bourquin ne courrait pas le risque, pourtant très élevé, d’être condamné et privé de ses droits civiques pour quelques années.
Les quatre prévenus dans l’affaire du chauffeur sont convoqués le 31 octobre par le tribunal correctionnel d’Aix, mais celui-ci devrait prendre quelques semaines avant de rendre son jugement. Ce n’est donc que dans le courant du mois de novembre, voir début décembre que Christian Bourquin, Jacqueline Amiel-Donat, Claude Cansouline et Elie Puigmal connaîtront leur sort.
Pour la gauche, les élections municipales et cantonales s’annoncent mal. On voit difficilement comment elle pourrait éviter de perdre la majorité au conseil général. Les conseillers généraux sortants de gauche sont presque tous menacés de perdre leur siège. Mais avec Bourquin condamné, c’est l’effondrement assuré !
La droite départementale va notamment s’appuyer sur ses six parlementaires (4 députés et 2 sénateurs). A noter que c’est la première fois depuis deux siècles que les représentants des P-O dans les assemblées sont tous de droite.
Sur Perpignan, la situation n’est pas meilleure. La gauche n’a plus de chef de file. Ejecté de la section de Perpignan par le tandem Bourquin-Amiel-Donat, Claude Cansouline n’a plus son mot à dire.
Bourquin, Amiel-Donat candidats à la mairie de Perpignan ?
Nombre d’électeurs de gauche rejettent Bourquin et son système despotique, clanique, médiocre et sans ambition autre que pour lui-même et ses obligés. On voit mal Bourquin courir en même temps la présidence du conseil général et la mairie de Perpignan. Lui, en est capable. Mais pour les électeurs se seraient trop.
Jacqueline Amiel-Donat n’existe que par sa proximité avec Bourquin. Elle n’a aucune existence dans le débat public, sur quelque sujet que ce soit. Celle qui a été maire-adjointe dans la majorité de droite de Paul Alduy (1989-1993) et conseillère générale dans la majorité de droite de René Marquès (1989-1994) n’est pas reconnue comme une femme de gauche. En 1993, Jean-Paul Alduy ne voulant pas lui donner la place de premier-adjointe elle s’allie avec Bourquin sur une liste attrape tout : « Socialiste-Pieds-noirs-société civile » Gros échec. Avec 11,53 % des voix la liste n’a que deux élus, Bourquin et elle. Lors de l’élection municipale précédente en 1989 la liste PS conduite par Robert Marty avait fait 20,49 %. Bourquin est rentré dans le livre des records en offrant au PS le plus mauvais résultat électoral du PS à une élection municipale à Perpignan. Au second tour, la liste PCF refuse la fusion avec une liste dont la numéro deux est une conseillère générale de la majorité de droite. Il n’y plus qu’une liste de « gauche », celle de Bourquin-Amiel-Donat. Nouveau record historique, 10 %. Les électeurs de gauche ont massivement préféré voter pour Jean-Paul Alduy. En 1995, J. Amiel-Donat refait une liste, encore la cata : 0 élu. En 2001, elle n’est pas candidate et appelle à voter pour le RPR Claude Barate. En 2007, la majorité des militants de gauche de Perpignan ne veut pas entendre parler de Jacqueline Amiel Donat comme tête de liste.
Avec Bourquin ou Amiel Donat, Jean-Paul Alduy va vers une élection au premier tour. Il capitalise les résultats de plus de dix ans de travail. Tout le monde ou presque reconnaît que la Perpignan de 2007 est bien loin de la ville sinistrée du début des années 1990.
Le nom d’Olivier Ferrand est de ci de là prononcé. Plus souvent à droite qu’à gauche. Le parachuté de la quatrième circonscription éliminé dès le premier tour des législatives pense plus à Washington qu’à Perpignan. Sauf surprise, Dominique Strauss-Khann devrait prendre la présidence du FMI. Demandera-t-il à Olivier Ferrand de faire partie de son cabinet ? Possible, mais pas du tout certain. Olivier Ferrand ne fait pas partie du staff de campagne du candidat à la présidence du Fonds Monétaire International. Le parisien fanatique de sports aériens (avion) va-t-il finir par comprendre qu’avec la tramontane, le ciel des P-O n’est pas favorable à la pratique du parachute ?
Renée Soum ? Martine Ruiz ? Madame Semoule aura du mal à revenir après son score catastrophique des législatives face à Arlette Franco. La seconde a été une terne figure de l’opposition à Alduy au conseil municipal. La verte Katia Mango ? Elle a l’envergure, mais pas le charisme. Quand à Colette Tignères, conseillère régionale PCF, elle laisse la place aux jeunes. Jacques Cresta ? Un leurre qu’agite Bourquin déjà pour les législatives. Mais Bourquin est tout de même capable d’envoyer un mulet courir contre un cheval de course.
Mais pourquoi la gauche perpignanaise devrait-elle chercher son leader ? Elle l’a, c’est Jean Codognès, (le seul) conseiller général socialiste de Perpignan. Il n’est certes pas au goût de Bourquin et d’Amiel-Donat. Mais pourront-ils, comme en 2001, empêcher l’ancien député de se présenter à Perpignan ? Qui d’autre est redouté par le camp d’en face ? Qui d’autre peut composer une liste avec 55 Perpignanais et des Perpignanaises enracinés dans la vie sociale, syndicale, politique, culturelle, économique ? « Il n’y a que lui qui peut nous inquiéter », confirme un élu de droite. « Il n’y a qu’avec Codognès que nous pourrons avoir des élus au conseil municipal », dit un militant du Modem.
Peut-on imaginer un rapprochement Bourquin-Codognès ? Improbable. Codognès n’a sûrement pas envie de faire le maçon et de réparer les profondes lézardes d’une maison Bourquin-Amiel-Donat qui menace de s’écrouler. Un soutien de Bourquin étant un handicap, Codognès ne pourra que ramasser des dividendes d’une prise de distance qui jusqu’à présent lui a coûté cher.
Dans les villes de plus de 100 000 habitants, c’est la direction nationale du PS qui donnera les investitures ( en décembre). Totalement discrédité rue de Solférino, Bourquin aura du mal à s’opposer à l’éventuelle candidature de l’avocat, et cela, d’autant plus qu’il n’aura pas de candidat crédible à proposer.