Daniel Mach est candidat à la présidence du conseil général. N’est-il pas déjà député et aussi maire de Pollestres et également vice-président de l’agglo… ? Si on demande à Daniel Mach si ces journées sont bien remplies, nul doute pour qu’il répondra qu’elles le sont. On n’en doute pas. Mais comment alors trouvera-t-il le temps d’être président du conseil général ?

Boulimie oblige, nos élus n’abordent jamais ces questions qui, comme l’ont montré plusieurs études d’opinion publiées en 2007, intéressent de plus en plus l’électeur.

Elu président, loi sur le cumul des mandats oblige, Daniel Mach lâchera ses fonctions électives les moins importantes, la mairie de Pollestres et l’agglo où il représente sa commune.

Mais est-ce bien sérieux de vouloir être en même temps député et président du conseil général. Est-ce possible, sans sacrifier un des deux mandats, voire les deux ? Cumulant les deux mandats de 1998 à 2002, Christian Bourquin a été un parlementaire peu actif et un président du conseil général qui ne s’investissait pas suffisamment dans sa fonction.

Veut-on renouveler l’expérience en sachant d’avance quel résultat elle produira ?

Alduy est bien maire-sénateur-président de l’agglo m’objectera-t-on ! Ce n’est pas une raison pour qu’il y ait un hyper cumulard de plus. Comme chacun le sait, la France est le pays d’Europe où il y a le plus d’hommes politiques qui cumulent un mandat parlementaire avec un exécutif important. Et aussi un des pays d’Europe où la classe politique est le plus discréditée.

Mais Mach n’est pas Alduy, l’un, haut fonctionnaire, a des capacités intellectuelles exceptionnelles. L’autre n’a que son permis de conduire comme diplôme (c’est lui qui le dit). Que des hommes et des femmes d’origine modestes arrivent sur les bancs de l’Assemblée Nationale, est une excellente chose. Il n’y en a pas assez.

Daniel Mach a du mérite. Mais il a aussi eu beaucoup de chance. Si les Alduystes n’avaient pas organisé la défaite de Claude Barate, ce dernier serait encore député de cette première circonscription découpée pour lui sur mesure par Charles Pasqua. En 2002, Daniel Mach n’a pas eu beaucoup d’efforts à faire pour obtenir l’investiture de la droite, se faire élire et se faire réélire en 2007.

Pour succéder à Christian Bourquin à la présidence du conseil général, il faudrait d’abord un homme qui puisse entièrement s’investir dans ce mandat. La première année sera sans doute entièrement consacrée à remettre la machine sur de bons rails. Ne faudrait-il pas également qu’il soit déjà conseiller général et connaisse l’institution. Un novice va mettre de une à deux années pour se familiariser avec son fonctionnement.

Daniel Mach se situe à la droite de la droite. Il a certes le courage d’oser défendre des convictions politiquement incorrectes, sur la peine de mort, le salaire des femmes au foyer… Il a du courage et du panache quand il part seul au combat contre les insupportables paroles racistes d’une chanson du rappeur Monsieur R : « La France est une salope il faut la baiser… »

Mais la présidence du conseil général doit-elle se jouer entre un homme de la droite dure et un despote sectaire ?

Ne perdons pas de vue que, de décentralisation en décentralisation, le conseil général est devenu un super centre social. C’est de loin sa première compétence. N’ayant pas la fibre sociale, C. Bourquin s’est beaucoup plus investi sur les collèges, les routes et d’autres domaines de compétence facultatifs. Le prochain président devra fortement s’investir sur le social et en particulier dans la gestion du RMI. Un immense chantier. Avec une grande ambition en matière d’insertion, certains départements ont fait reculer la pauvreté. Dans les P.-O., la situation est grave. On a un des plus haut niveau de RMI et une des plus faible politique d’insertion.

Il ne manque pas d’hommes politiques capables de sortir le conseil général d’une politique sectaire et clientéliste, citons à droite, Pierre Roig, maire de Sainte-Marie et conseiller général, Jean Rigual, conseiller général du Moulin à Vent, à gauche René Olive, maire de Thuir et conseiller général, Jean Codognès, conseiller général du Haut Vernet. Parmi ceux qui ont le profil pour le poste, il y a aussi Christian Blanc, maire des Angles, conseiller général…

Daniel Mach dit qu’il faut que la droite ait un leader pour mener la campagne des élections cantonales. Rappelons que lorsqu’il a conquis la majorité au conseil général en 1998, le PS en avait trois, Henri Sicre, Jean Codognès et Christian Bourquin.

En tentant un passage en force pour s’imposer comme chef de la relève, Daniel Mach vole au secours d’un Bourquin abandonné par une partie de l’électorat de gauche. La candidature de Mach, homme aux positions tranchées et tranchantes, est celle qui peu le mieux remobiliser l’électorat de gauche et permettre au président Bourquin d’échapper à une défaite annoncée.