29nov 2007
L'Amer Donat contre Codognès
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2007
Entre sa comparution pour complicité de faux au tribunal d’Aix-en-Provence, le 31 octobre, et le délibéré qui sera rendu le 12 décembre, Jacqueline Amiel Donat a annoncé sa candidature à la mairie de Perpignan. Quel symbole !
Entre sa comparution pour complicité de faux au tribunal d’Aix-en-Provence, le 31 octobre, et le délibéré qui sera rendu le 12 décembre, Jacqueline Amiel Donat a annoncé sa candidature à la mairie de Perpignan. Quel symbole !
Conseillère générale présentée par la droite et élue par l’électorat de droite sur le Moulin à Vent, maire-adjointe de Paul Alduy, de 1988 à 1993, sur la liste la plus à droite jamais composée par Paul Alduy depuis 1959, Jacqueline Amiel Donat revient sur la scène politique sous les couleurs du PS.
En 1988, la brillante universitaire, doyen de la fac de droit était recrutée pour redorer le blason d’un Paul Alduy usé et assez largement discrédité. Son dernier mandat interrompu avant son terme fut fortement troublé : conflit ouvert entre le maire et Claude Barate, son premier adjoint. Affaires, scandales : SIVP, livre sur Perpignan financé par le CCAS, emploi fictif de l’épouse du maire… Jacqueline Amiel Donat a avalé toutes les couleuvres. Elle est jusqu’au bout restée fidèle à Paul Alduy.
Dans la lettre de candidature qu’elle a adressée aux militants de la section de Perpignan, J. Amiel Donat réécrit complètement sa biographie. Exemple : « En 1993, j’ai refusé d’être sur la liste de Jean-Paul Alduy. » Faux ! Il y a eu des négociations secrètes avec Alduy. Jacqueline Amiel Donat voulait la place de première adjointe. Alduy ne voulait pas la lui donner. L’avocate souhaite-t-elle que perpignan-toutvabien lui rafraîchisse la mémoire en lui donnant les noms de ceux qui ont participé à ces négociations qui se sont déroulées… dans son appartement… A la résidence Le Palace ?
L’avocate n’a plus l’aura d’autrefois. A la fac, elle a plus d’ennemis que d’amis. Toujours dans le conflit, elle est allée jusqu’à faire des procès à l’université de Perpignan…
La grande donneuse de leçon de déontologie est devenue la principale avocate du conseil général. Un marché important. Situation qu’il est difficile de détacher des liens privilégiés qu’elle entretient avec Christian Bourquin. Plusieurs de ses proches bénéficient d’un emploi au conseil général et plusieurs autres y perçoivent de très importantes subventions.
Dans toute tragédie grecque, il y a un traître. C’est Olivier Ferrand, numéro deux sur la liste de Jacqueline Amiel Donat, qui joue ce rôle. Perpignan-toutvabien se fera, pendant la campagne électorale, un plaisir de mettre en ligne un podcast avec ses dénonciations virulentes du clan Bourquin, de ses méthodes, de son clientélisme.
Le jeune énarque rejoint le clan qu’il a si vigoureusement dénoncé durant la campagne des législatives sur la quatrième circonscription, en trahissant au passage tous les militants qui ont mouillé la chemise pour lui.
C’est avec un argument d’une rare fourberie qu’il tente de justifier auprès d’eux son ralliement à Amiel Donat. Il explique qu’Amiel Donat et lui se sont alliés pour faire tomber Bourquin.
L’énarque qui se présentait comme le plus proche collaborateur de DSK ne pouvait qu’être appelé à rejoindre le président du FMI à Washington. Dominique Strauss-Khan a certainement considéré qu’il ne pouvait pas priver les P-O. des talents de son poulain. Il est vrai qu’il aurait pu être utile à Thuir, où Olive lui proposait la 17e place sur sa liste. On imagine la déception de celui qui se voyait en successeur du maire de Thuir et conseiller général des Aspres. Décidément, à Marseille, à Paris, dans la vallée du Tech, à Thuir comme à Washington, on ne reconnaît pas ses compétences.
Où O. Ferrand va-t-il habiter cette fois ? Pendant les législatives, il occupait un studio meublé à Collioure. Il dormira sans doute dans un hôtel du centre ville dans lequel il a ses habitudes. Tout en continuant, bien sûr, à jurer qu’il s’est installé dans ce département, dont il est fou amoureux. Pas grave ! perpignan-toutvabien ressortira la photo de l’hôtel particulier du quartier du Marais dans lequel il réside.
Aussi peu crédible l’un que l’autre. On voit mal leur aventure aller très loin.
Bourquin semble poursuivre la brillante stratégie qui, lors des législatives, a permis à la droite de conquérir les quatre sièges des P-O, alors, qu’au plan national, la gauche gagnait plus de 50 sièges de députés.
Avec cette candidature Amiel Donat-Ferrand qui n’a pas d’autre objectif que de barrer la route à Jean Codognès, Christian Bourquin joue avec le feu. Il poursuit la politique de la terre brûlée en étant persuadé que les flammes ne l’atteindront pas. Erreur ! Si on se retrouve à Perpignan dans une situation comparable à la guerre Aylagas/Ferrand sur laquelle tous les regards étaient fixés, c’est, une nouvelle fois, la droite qui tirera les marrons du feu sur l’ensemble du département.
Christian Bourquin ne peut pas ignorer qu’il prend un gros risque en faisant la guerre à Codognès. Celui-ci pourrait ne pas voter pour lui lors de l’élection du président du conseil général. Présidence qui risque de se jouer à une voix près.
Le principal objectif de Bourquin est pourtant, avant tout et par dessus tout, de conserver cette présidence qui est aussi importante que sa vie car c’est toute sa vie.
Dans cette nouvelle guerre contre Codognès, Bourquin a tout à perdre et rien à gagner. Alors pourquoi la fait-il ?
Pour les mêmes raisons depuis dix ans. Son narcissisme quasiment pathologique dicte ses décisions et il est secondé par une femme qui, elle, est dominée par sa parano. Guerre contre Alduy, guerre contre Codognès... Guerre plus accaparement des pouvoirs et des richesses... C'est très féodal comme comportement.
La forte légitimité de la candidature de Jean Codognès et la dynamique qui résulte du soutien d’un très grand nombre d’électeurs, de militants, d’élus de gauche, de personnalités ne vont pas pousser Codognès à revenir vers Bourquin. Au contraire.
Et compte tenu de l’état de décomposition du clan Bourquin, Codognès a tout à gagner à s’en démarquer.
Lors de son grand show au Palais des expositions à l’issue du congrès du Parti Radical, dont les P-O, sont la première fédération de France, le maire de Perpignan a parlé de celui qui susurre à l’oreille des journalistes qu’il n’est pas d’accord avec Bourquin mais qui vote toutes les délibérations, y compris celles qui privent Perpignan de subventions pour Visa pour l’image, pour la Casa Musicale, pour Les Estivales… Et dans tous les autres domaines dans lesquels Bourquin fait la guerre à Perpignan.
Comment mieux se démarquer du président du conseil général qu’en ayant contre lui une liste Bourquin qui, si elle va jusqu’au bout, ira tout droit à l’échec et sera éliminée dès le premier tour.
Codognès étant un animal politique que l’adversité stimule. La liste Amiel Donat-Ferrand ne serait pas loin d’être un bienfait si elle n’offrait pas ce spectacle lamentable.
La qualité des dix premiers noms de la liste de Jean Codognès impressionne. Il a, lui aussi, son énarque. Le jeune et brillant Romain Grau « haut fonctionnaire et vigneron à Villemolaque ». Un cursus impressionnant. Après le lycée Arago, il a fait Sciences Po Paris, l’ENA, HEC. Il connaît très bien les problématiques locales ayant, en parallèle à ses études, été attaché parlementaire de Henri Sicre puis de Jean Codognès. Ce n’est pas parce qu’il est catalan qu’il est mieux que l’autre. Mais c’est un garçon sympa, chaleureux qui a de l’humour et qui n’a pas la grosse tête.
Claude Cansouline, qui ne passait pas spécialement pour être proche de Jean Codognès, a accepté de présider le comité de soutien. Nicole Sabiols, conseillère municipale et conseillère régionale PS, a également rejoint J. Codognès.
Christian Bourquin à la présidence du conseil général et Jacqueline Amiel Donat à la mairie de Perpignan. Le département mis en coupe réglé par un clan, on en rêve !
Nous apprenons le déménagement, en janvier, de La Semaine du Roussillon à Rivesaltes, au siège de L’Indép. Pour faire des économies, le groupe Midi-Libre ne renouvelle pas le bail des locaux qu’occupe l’hebdomadaire en centre ville. Après la liquidation totale de la rédaction de Midi-Libre pour installer la locale de L’Indép dans ses locaux de la place Arago, voilà encore une mesure d’économie inquiétante. Dans le landernau journalistique le déménagement à Rivesaltes est assez largement perçu comme une relégation. Soyons vigilant !
Nous avons naturellement acheté le nouvel hebdomadaire départemental, nommé le Nouvel Hebdo. Pour 1 euro tous les mercredis, chez votre marchand de journaux. Il est à notre goût un peu fade. Il en faut pour tout le monde. Bienvenue et bonne chance au nouveau confère !