Jacqueline Amiel-Donat a du mal à constituer sa liste. Tel juriste « niet », tel artiste « niet », tel chef d’entreprise « niet ». Au final la liste Amiel Donat sera une liste d’encartés PC-PS. Olivier Ferrand fait le mort. Si Amiel Donat dit et répète qu’il est sur sa liste. L’intéressé ne confirme toujours pas clairement. C’est pratique d’habiter dans le Marais, on ne risque pas de tomber nez à nez avec un journaliste des P-O. Au regard de toutes les réactions et commentaires que l’on entend, il est clair que Jacqueline Amiel Donat est peu crédible comme femme de gauche. Les logos du PS et du PCF n’y changeront rien. Jacqueline Amiel Donat est encore moins crédible quand elle parle de Perpignan. Sa grande interview dans L’Indépendant est un chef d’œuvre. Ses réponses témoignent d’une sévère ignorance. « Les Barcelonais investissent chez nous en achetant du foncier. C’est tout, où est la plus value ? », dit JAD. Personne ne lui a dit que les Barcelonais de SACRESA faisait des investissements considérables dans le centre d’affaires et le centre commercial de la future gare TGV. « Dans le centre ville, il y a une surenchère de pas de portes pour des banques et des assurances. Résultat : à 17 h c’est fermé et le week-end c’est fermé. La Rochelle a fait un autre choix en limitant l’affectation des locaux aux banques. C’est une autre politique ». Personne n’a dit à JAD que la ville de Perpignan avait, il y a deux ans, mis en place un dispositif qui répond exactement à ce problème. Aéroport : « Nous ne sommes pas obligés de nous mettre en concurrence avec Gérone. Je pense qu’il faut miser sur le TGV. Et puis la politique de low cost a été condamnée par la justice en France ». Personne n’a expliqué à JAD que les compagnies low cost étaient un formidable moyen pour développer la fréquentation touristique. Dire que les procédures en cours à l’échelle européenne ou française vont mettre en péril l’activité des low coast, voilà une belle énormité. L’aéroport et le TGV sont indispensables et complémentaires. Théâtre : « Je l’arrête… Je règlerai le problème de l’acoustique du Palais des expositions et nous en ferons notre Zénith ». Aberrant. Cela revient à proposer un terrain de foot à des basketteurs. Une salle type Zénith c’est bien pour programmer de la variété ou des groupes. Rien à voir avec la programmation musicale, théâtre et danse du Théâtre de l’Archipel. Amiel Donat cache la vacuité de ses visions et de ses propositions derrière un épais verbiage qui ne veut rien dire. « Offre culturelle…Vous êtes aux affaires, vous faîtes quoi ? ». Réponse: « Je commence à défaire un certain nombre de conventions qui sont passées entre la mairie et les associations. Pourquoi ? Parce qu’au prétexte de réguler, on tue la créativité. Je pense que l’offre est intéressante mais que nous devons la développer. » Seule la dernière phrase veut dire quelque chose. Mais en matière de spectacle vivant, par exemple, on ne voit pas comment on pourrait développer l’offre sans un théâtre. En Languedoc-Roussillon, en Midi-Pyrénées, il y a, dans tous les départements, un théâtre digne de ce nom. Il est facile de dire qu’un grand équipement culturel coûte cher. Les fans de TF1 vont tous être d’accord. L’opposition électoraliste au projet de théâtre est dangereuse. Elle est populiste. Théâtre : quoi à la place : « Je pense qu’il faut faire un parking à la place », répond Amiel Donat… Ce qui coûte cher et qui est inutile, c’est le nouvel an chinois organisé chaque année au Palais des Rois de Majorque par Christian Bourquin pour les beaux yeux de Mme Amiel Donat. Amiel Donat fait du Amiel Donat. Du verbe… du verbe… et encore du verbe… « J’ai le sentiment que la ville de Perpignan est devenue un décor de carton pâte »… « Les Dames de France c’est bien, mais c’est un gros paquebot, le commerce local, lui, c’est Titanic »… « Perpignan est un colosse aux pieds d’argile » …Je ne suis pas une candidate polichinelle »… Si elle le dit ! Dans cette interview qui fait près d’une page, pas une question sur le retour en politique de Jacqueline Amiel Donat et sur son passé politique à droite, maire adjointe de Paul Alduy et de conseillère générale dans la majorité de René Marquès, suppléante d’un candidat de droite aux législatives de 1995… Anti-Mitterrand lors des Présidentielles de 1988… S’abstenir de poser une question aussi évidente, aussi indispensable relève d’une partialité qui n’a pas échappé à nombre de lecteurs. Nous avons demandé à quelques observateurs avisés de la scène politique locale, quel résultat pourrait faire la liste Amiel Donat. Résultat unanime : autour de 10 %, largement derrière la liste de Jean Codognès crédité en moyenne de plus de 20 %. Autour de 10%, c’est le score d’Amiel Donat aux municipales de 1993 et de 1995 à Perpignan. Vous ne dîtes rien sur le Modem, interrogent quelques lecteurs. Que dire du bonapartisme de Bayrou ? Qu’il s’inscrit dans une tradition politique bien française. Banal ! Que dire de la lutte pour les places à laquelle se livrent des factions de vieux crabes et de jeunes crabes de la politique locale ? Cela reste des luttes de crabes… Je renvoie à la lecture des articles de Guillaume Clavaud… Mais rassurez-vous, nous aurons bientôt bien des choses à dire sur le Modem… Et sur le PCF ? Le parti communiste change pour ne pas changer. A l’image de la nouvelle formule de son hebdomadaire, Le Travailleur Catalan. Nouvelle maquette, nouveau papier, mais toujours le même contenu qui n’intéresse que quelques centaines de militants. Toujours les mêmes critiques… Toujours les mêmes complaisances… Comment peut-on d’ailleurs être aussi critique à l’égard de la société et si peu avec soi-même. Mystère ! Si de nombreux combats menés par les communistes me semblent juste et utile, le mot communiste par contre m’est insupportable. C’est le nom d’une idéologie au nom de laquelle on a tué des dizaines de millions de personnes et privé de libertés des centaines de millions d’autres. Nous avons été très déçus par l’échec de Gérard Irlès (excellent rhumatologue) à l’investiture UMP sur le canton d’Elne. La député présentait son mari, mais le comité départemental de l’UMP lui a fait l’affront de ne pas voter pour lui. Si maintenant on ne peut plus partager le pouvoir en famille, où vont les Pyrénées-Orientales ? Dans quel parti aller si l’UMP se met à la déontologie politique ? On peut conseiller à Jacqueline Irlès d’aller au PS où, là, visiblement, le partage des mandats en famille est largement admis et même encouragé.