Vendredi dernier, l’avocate rendait publique la liste de 55 noms de sa liste. A côté de l’avocate, François Coll occupait la vedette. « On peut être de gauche et réussir à l’international », commentait l’avocate qui ne tarissait pas d’éloges sur son poulain.

Vous nous connaissez. On a eu envie de savoir qui était François Coll. De coup de fil en coup de fil, on a fini par parler avec une personne qui avait bien connu François Coll. Selon elle, c’était un militant de la droite radicale et catho-traditionaliste ultra de chez Monseigneur Lefèvre. Quelques nouveaux coups de téléphone… et l’information était confirmée et prenait de l’épaisseur.

Une recherche sur internet, en passant par Google Espagne, nous en a appris encore plus sur les relations de François Coll avec les fascistes espagnols de tous poils, phalangistes et vétérans de la division Azul…

Deux jours avant, un ami nous interrogeait : « Alors vous êtes allés vérifier ce que je vous avais dit à propos de la liste Amiel-Donat ». Il nous avait informé de la présence d’un militant d’extrême-droite sur la liste que Jacqueline Amiel-Donat avait présentée aux municipales de 1995. Il était temps d’aller faire un tour aux archives municipales. Une rapide recherche dans les documents électoraux et nous tombions sur l’information, facilement recoupée quelques heures après.

Nous avons également découvert que François Coll s’était fait inscrire sur les listes électorales de Perpignan en indiquant une adresse à laquelle il n’habite pas… en produisant un bail… pas très catholique. Il est donc sur un siège éjectable.

Nous n’allons pas ici vous raconter toute l’histoire, vu que Le Petit Journal, intéressé par notre enquête nous a proposé une pige (assez modeste) pour en avoir l’exclusivité. Là, on rigole. A part Le Petit Journalqui nous l’aurait prise ?

Quelques explications sur la photo : Elle a été prise, en mars 2001, à Madrid à l’occasion des manifestations du jour de la victoire de Franco et de la libération de Madrid le 28 mars 1939 par les troupes du généralissimo. Manifestations présidées par d’anciens dignitaires franquistes, dont Blas Pinar (quand même !) et par des responsables de la Phalange. Le nom de François Coll, considéré comme un VIP français apparaît au milieu de ce gratin. Tout ce beau monde est allé au restaurant et après les discours, on a chanté le fameux Cara el sol, hymne franquiste et phalangiste à la fin duquel il est de tradition (et systématique) de faire le salut fasciste. François Coll est à droite (au bord de la photo). Photo retirée le 22 janvier. Vous la retrouverez dans le prochain numéro du Petit Journal du vendredi 25 janvier.

Pas de candidat d’origine maghrébine sur la liste Amiel-Donat. C’est un choix ? Pourquoi pas ? Ce sera sans doute la seule liste de gauche dans une grande ville à ne pas en présenter. Une liste aux municipales ne doit-elle pas être à l’image de la ville ? On parle d’intégration économique, mais n’oublions pas l’intégration civique qui vise à faire des citoyens. Cette dernière n’est pas moins importante. Certaines personnes vont, à juste titre, se sentir stigmatisées, rejetées... par une liste de gauche, ça c’est la nouveauté.

Et alors que se passe-t-il ? Personne n’a encore reçu le bristol pour la réception du nouvel an chinois qu’organise chaque année Christian Bourquin au palais des rois de Majorque ? Son abandon serait une façon de reconnaître que cette réception, coûteuse et inutile, réservée à certains (sur invitation) est mal venue avant une élection.

Les discussions doivent être animées dans le cabinet d’avocats Parrat-Vilanova-Llati. Pierre Parrat, maire adjoint à la sécurité, a de bonnes chances d’être sur la prochaine liste Alduy (n’étant pas dans le secret des dieux, nous n’en sommes toutefois pas certains), Enric Vilanova représente l’ERC sur la liste de l’avocate Jacqueline Amiel-Donat et François Llati, membre du PS est sur la liste de l’avocat Jean Codognès. Il est vrai que la profession d’avocat est une des plus représentées en politique.

C’est en toute discrétion que Josette Baixas a été virée de la liste de Jacqueline Amiel-Donat. C’est elle qui, lors de la conférence de presse de présentation de la liste, avait blasphémé en disant que les élus de la liste seraient des opposants résolus à Jean-Paul Alduy. La malheureuse, que n’avait-elle pas dit ? Mais pourquoi n’a-t-on pas allumé un bûcher pour brûler cette sorcière? Car, bien sur, la liste Amiel-Donat ne peut que gagner les élections. La candidate d’un seul jour qui représentait le PRG se fait une raison. Paraphrasant De Gaulle qui, en 1958, disait, « Pourquoi voulez-vous qu’à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ? », elle dit : « Pourquoi voulez-vous qu’à 62 ans je commence une carrière politique ? ». Voici la version officielle fournie à L’Indép par Guy Esclopé, le président du parti radical de gauche. Anne Marie Cubris (celle qui remplace Josette Baixas) « avait d’abord décliné, mais elle a pu régler ses problèmes et elle est partante ».

Il y a, sur la liste de Jacqueline Amiel-Donat, un communiste qui n’apprécie pas vraiment la présence de Raymond Mitjavila. Il reproche au fabricant de stores d’être un pionnier dans la délocalisation alors qu’il a reçu des aides importantes en France. Selon lui, R. Mitjavila n’aimerait pas les syndicats et la CGT en particulier. Ce coco n’est pas au bout de ses peines. Il va falloir qu’il avale les discours de Mitjavila du genre il faut gérer la mairie comme une entreprise (c’est du Mitjavila dans le texte). C’est sûr que Mitjavila n’est pas de gauche. Enfin pas de la gauche tel que l’entend ce militant du PCF.

Ouverture au PS sur la liste d’Alduy. Et si Jean-Marcel Rostand franchissait le pas ? Ce militant socialiste du Haut-Vernet est membre du courant Montebourg et il y occupe des responsabilités. Fils d’un résistant, neveu de Rosette Blanc martyre de la résistance, il préside une association qui travaille sur la transmission de la mémoire. Il est aussi investi dans une association d’anciens élèves de Sciences-po qui aide des lycéens de milieux modestes à préparer l’entrée à Sciences-Po. Une bonne recrue pour Alduy. Réponse dans quinze jours lors de la présentation de la liste.

Où ira Chantal Gombert ? Il semble que Jean Codognès n’est pas très envie de lui faire une place sur sa liste, mais un autre Modem, Dominique Shemla, pourrait être accueilli dans le peloton de tête.

Lu dans L’Indép : 300 à 400 personnes sont, selon Marcel Zidani, passées à l’inauguration de la permanence de Véronique Vial, candidate UMP sur le canton du centre ville. Même si tout le monde n’est pas arrivé en même temps et bien qu’il y ait une trentaine de personnes qui soit restée dehors pendant les discours, faire rentrer autant de monde dans le Khédive, l’ancien bureau de tabac de la place Arago, est une performance digne du livre des records. Sans être méchants, on peut tranquillement diviser les chiffres annoncés par deux pour approcher de la vérité. Si on a une critique à faire à madame Vial, en dehors du fait de lire son discours, c’est de n’aller que vers les gens qu’elle connaît et en particulier ceux de son milieu.

Erratum : Nous avons, il y a quelques semaines, écrit que Jacqueline Amiel-Donat était quatorzième adjoint de Paul Alduy. Rectifions ce crime de lèse majesté, elle était sixième adjoint.