C’est cette carte politique que vont jouer la liste PS-PC de Jacqueline Amiel-Donat, la liste FN de Louis Aliot et la liste LCR 100% à gauche de Bernard Cholet.

Pour la gauche, ça commence mal ! Désunion, affaire Coll, tête de liste Bourquiniste rejetée par quantité d’électeurs socialistes, communistes… Nombre d’électeurs, parmi les plus à gauche pourraient être tentés de voter pour la liste LCR 100 % gauche.

La liste Amiel-Bourquin est créditée de 21% avant le scandale provoqué par les fréquentations fascistes du numéro deux de la liste et une très mauvaise gestion de cette crise. Elle devrait avoir beaucoup de mal à atteindre les 22 % de la liste Cansouline en 2001.

Avec 13 %, Louis Aliot démarre bien. Peut-il récupérer des voix parmi des électeurs de droite qui pour diverses raisons n’ont jamais adopté Alduy ? Que feront les 20% d’électeurs qui au premier tour des municipales de 2001 avaient voté Claude Barate ? Quelle campagne fera Louis Aliot ? Sera-t-il très présent à Perpignan ?

11%, même avant l’affaire Coll, Jean Codognès pouvait espérer mieux. Mais son score est logique. Il a commencé la campagne en apparaissant comme le chef de file d’une gauche moderne, ouverte, humaniste face à une gauche sectaire, clientéliste, clanique. Puis il a changé de cap jouant sur sa personne, sur sa notoriété et un slogan gnan-gnan, Perpignan Gagnant, plus que sur des idées et des valeurs. Il a fait campagne comme s’il avait le potentiel pour prendre la mairie. Ce n’est pas ce qui se joue en 2008. L’enjeu est autre. Quelle gauche, l’archaïque ou la moderniste, formera l’opposition à Alduy au conseil municipal de Perpignan ?

L’espace de la liste Modem est étroit. Surtout avec Codognès. La liste de Clotilde Ripoull peut faire mieux que les 6% du sondage, elle peut aussi faire moins. Une liste Codognès-Modem aurait pu arriver en seconde position derrière Alduy, avoir un bon nombre d’élus et poser des bases pour l’avenir.

Affaire Coll-Amiel-Donat

La liste PS-PC a trouvé un nouveau bouc émissaire. Après des journalistes, “fascistes “ selon Amiel-Donat, c’est à présent François Coll Bouc émissaire et fusible, comme l’indique le communiqué de la liste de gauche rendu public jeudi (25 janvier) : « Face aux soupçons graves déclenchés à l’encontre de son passé, François Coll se devait de lever toute ambiguïté. Il ne l’a pas fait. Nous ne pouvons que le regretter. ». On fait porter le chapeau au seul François Coll. Un chapeau bien trop grand pour lui.

Perpignan-toutvabien propose une autre version, elle vaut l’officielle. François Coll, agent de la Falange qui s’était infiltré dans la liste PS-PC, a, grâce à la vigilance de la camarade Amiel-Donat, été démasqué.

François Coll ne s’est pas expliqué sur son passé, pas plus que Jacqueline Amiel-Donat sur le choix de François Coll qu’elle et des membres de sa famille connaissent très bien.

Si l’affaire Coll a plombé la tête de liste de la gauche, les réactions violentes de Jacqueline Amiel-Donat (sur France Bleu, deux jours de suite, sur son site…) ont eu un effet désastreux sur l’opinion.

Un très ancien dicton dit quelque chose comme : « On ne confie pas au loup la garde du troupeau »

Heureusement Pierre Estève est arrivé pour redonner de la crédibilité à cette liste. Soixante-dix ans cette année, doyen en durée de mandat de l’assemblée départementale. Il y siège depuis des décennies. Le notaire en retraite élu du Fenouillède a tout pour séduire les Perpignanais. Il est de longue date l’élu chargé des questions agricoles au conseil général.

Pierre Estève est comme Amiel-Donat et Bourquin un grand défenseur de la liberté de la presse. On se souvient de son réquisitoire contre la presse “pourrie “ lorsque l’affaire du chauffeur a éclaté. C’était La Semaine du Roussillon qui était visé. On connaît la suite Bourquin a perdu ses procès en diffamation (avocate Amiel-Donat) contre l’hebdo et Bourquin a, dans l’affaire de la fausse attestation, été condamné à trois mois de prison avec sursis pour complicité de faux (Il a fait appel).

Après le départ d’Olivier Ferrand, de François Coll, la liste Amiel-Donat aurait peut-être du songer à laisser libre la place de numéro deux. On aurait, comme au rugby, quand il manque un pilier, fait des mêlées simulées.

Quelques mots de plus sur les réactions qui ont suivi nos révélations sur les fréquentations de François Coll.

Après Jacqueline Amiel-Donat, bien sûr, la communiste Nicole Gaspon mérite la seconde place sur le podium réservé à ceux qui ont tenu les propos les plus sectaires et fait preuve de la plus mauvaise foi.

Nicole Gaspon à La Semaine du Roussillon : « Jacqueline nous a convaincus qu’il s’agissait d’une opération de déstabilisation ». La même à L’Indép : « On va fouiller les poubelles, c’est pourri. François Coll était certainement un choix malencontreux, encore que nous n’ayons pas les preuves formelles de ses engagements fascistes ou franquistes ».

Le goulag et les dizaines de millions de morts du stalinisme, le génocide du Cambodge… C’était faux puisque dénoncé par des adversaires des communistes. Et dès lors que l’on disait des choses qui n’allaient pas dans le sens de ce que disaient les communistes, on était classé parmi les adversaires. Rhétorique simpliste mais terriblement efficace. Très répandue, elle est surtout adoptée par les sectes.

Le Petit Journal en rajoute cette semaine une couche avec les témoignages de responsables phalangistes qui ont très bien connu François Coll. Ils ne convaincront pas Nicole Gaspon, qui déjà soutint Bourquin lors de l’affaire Brasillach. Celle-ci ne se détermine pas en fonction des faits. Ceux qui ont donné crédit à l’élue communiste qui leur disait que le François Coll ami des fachos était un homonyme du numéro deux de la liste devraient lui demander des explications.

Madame Gaspon dit que nous avons fait les poubelles. C’est un grand classique parmi les procédés avec lesquels on lance le discrédit sur son contradicteur. Il évite de s’expliquer. Normal ! On ne répond pas à des gens qui font les poubelles.

On pourrait facilement renvoyer la poubelle à Mme Gaspon. Mais on préfère l’implacable force des faits. Durant cette sale affaire, une chose nous a réjoui. A chaque fois qu’Amiel-Donat ou d’autres lançaient des anathèmes, on entendait de tous côtés des personnes réagir en disant que c’étaient des explications qu’elles attendaient.

La troisième marche du podium du sectarisme et de la mauvaise foi revient à Martine Ruiz qui déclarait à La Semaine du Roussillon : « On est pratiquement sûrs que François est innocent de ces attaques…On fait tous bloc autour de Jacqueline Amiel-Donat ».

On connaît la force des convictions Amiel-Bourquinesque de Martine Ruiz. Il y a deux mois elle faisait de l’appel du pied pressant aux Alduystes, demandait la sixième place sur la liste de Jean Codognès et ne l’obtenait pas. Finalement, il y a quinze jours, elle adhérait au PS et prenait la sixième place sur la liste Amiel-Bourquin.

Beaucoup s’interrogent. Mais comment ont ils pu prendre François Coll sur la liste ? Pour la même raison que Bourquin à, au nom de Laurent Fabius (qui bien sûr l’ignorait), remis la médaille de l’Assemblée Nationale à François Gaciot, co-fondateur du FN dans les P.-O. avec Pierre Sergent. Bourquin et son clan n’ont plus de valeurs, plus de limites. Ils sont capables de tout pour conserver leur pouvoir et étendre leur influence.

La politique c’est certes la lutte pour le pouvoir. Les idées et les valeurs passent fréquemment au second plan. Mais à ce point, insistons bien, c’est un DANGER !