Mardi, je suis allé à Tarbes, dans le département des Hautes-Pyrénées. Pour la petite histoire, la semaine dernière je croise un syndicaliste dans une rue de Perpignan. On parle de politique… évidemment… et de la liste Amiel-Donat pour laquelle, dit-il, il ne «votera pas ». Il me décrit le style de patron qu’est Raymond Mitjavila en me disant qu’il avait défenestré un syndicaliste dans les Hautes-Pyrénées.

Bien que l’extraordinaire soit l’ordinaire du journaliste, franchement je suis tombé de l’armoire. Après l’affaire Coll… Certes, il pleut toujours où c’est mouillé. Mais quand même.

Contact est pris avec différentes personnes dans les Hautes-Pyrénées. L’histoire est vraie. Quand je dis à mes interlocuteurs que Mitjavilla est en 14e position sur la liste PCF, PS, LO et ERC, ils n’y croient pas. J’ai proposé l’article au Petit Journal. Le patron du groupe de presse qui édite une dizaine d’hebdos ne voulait pas voir ma signature dans son canard. Après discussion, il y a eu compromis sur mes initiales. Il y a dans les P-O tellement de journalistes dont les initiales sont "F.T." ! Le délégué syndical CFDT que Mitjavila a fait passer par la porte vitrée de son bureau est sorti de l'hopital avec 15 points de suture au front. L’affaire est venue devant la justice. Le patron de choc était défendu par Jacqueline Amiel-Donat. Mijtavila a été condamné, mais la procédure n’est pas encore terminée.

Espérons que notre quotidien local reprenne l’information un peu plus rapidement que lors de l’affaire François Coll. Il n’avait traité l’affaire (en la minimisant) qu’après la démission du numéro deux de la liste PC-PS-LO-ERC. Comment vont réagir les colistiers de Jacqueline Amiel Donat et de Raymond Mitjavila ? Vont-ils avaler sans broncher les explications de l’avocate ? La communiste Nicole Gaspon dira-t-elle à nouveau que l’on fait les poubelles et l’ancienne alduyste Martine Ruiz qu’elle fait confiance à Jacqueline Amiel-Donat ?

Bourquin et Amiel-Donat n’ont ni idées, ni valeurs, ni pratiques de gauche. Il n’y a que le pouvoir qui les intéresse. Mais sans les Gaspon et les Ruiz, Bourquin et Amiel-Donat n’existeraient pas.

On se souvient de l’important article de l’Indép sur le parcours de plusieurs membres de la liste Alduy venant de l’administration municipale. Difficile de faire moins avec Mitjavila.

Raymond Mitjavila, comme François Coll a été amené sur la liste PC-PS-LO-ERC par Jacqueline Amiel-Donat.

Le comportement de Mitjavila avec les salariés et les syndicalistes de ses usines n’est pas celui d’un patron particulièrement social, d’un patron de gauche. Comment ce patron hostile aux syndicats peut-il se retrouver sur une liste dite de gauche avec des syndicalistes ? Nous serions tous curieux de connaître sa réponse.

Le droit à la défense est sacré. Mais un avocat choisit ses clients. On ne compte pas le nombre d’avocats qui font de la politique. Un avocat de gauche qui défend un patron qui a frappé un délégué syndical, ce n’est pas courant.

Municipales de Perpignan : Va-t-on vers une quadrangulaire avec les listes Alduy, Codognès, Alliot et Amiel-Bourquin ? Si c’était le cas, cela nous promet des réunions du conseil municipal animées, puisque chacune de ses listes auraient des élus.

On verra bien dimanche soir