Très nombreuses réactions à l’article « Le choix de Codo ». Quand quelques dizaines d’électeurs de la liste Codognès écrivent qu’ils ne veulent pas de l’union avec Amiel-Donat, on peut raisonnablement penser que c’est l’expression d’un sentiment assez répandu. Le rejet du marchandage conclu par Codognès avec Bourquin et Amiel-Donat va plus loin encore. Près d’une dizaine de personnes qui ont milité pour Codognès, certaines étaient sur sa liste, appellent à voter Alduy !

Il y a, parmi les électeurs de Codognès et de Ripoull, une majorité de déçus. Attirés par une proposition politique originale se situant en dehors des deux systèmes, la coalition avec le clan Amiel-Bourquin ne correspond pas du tout à ce qu’ils avaient investi dans leur vote.

Candidate sur la liste Codognès, Djamila Aouli n’est pas contente. Jean Codognès avait à la différence de Jacqueline Amiel-Donat fait une bonne place aux candidats de la diversité. Ils étaient cinq. Sur la liste du second tour, il ne reste qu’Aadel Essadani, en 32e position alors que le Monsieur "affaires culturelles" de l’équipe Codognès était précédemment à la 7e place. Djamila Ouali se sent trompée et mal à l’aise par rapport à tous ceux à qui elle a présenté Codognès comme le champion de la diversité et de la lutte contre les discriminations.

En regardant la composition des listes de gauche dans quelques villes de plus de 100 000 habitants du sud de la France, on voit que toutes font une bonne place aux candidats de la diversité. La liste Amiel-Bourquin-Codognès est une exception.

Tout le monde n’est pas dupe du comportement soit disant anti-communautariste qui a abouti à une liste quasiment monocolore. Le MRAP (Mouvement contre le racisme) a d’ailleurs réagi à des propos de la candidate qui disait de Jean-Paul Alduy : « Il prend un algérien, un marocain, un libanais, un portugais, un gitan…etc » (Interview Indép du 6 mars). Le Mrap rappelle à la tête de liste que si ces personnes sont candidates sur une liste, c’est qu’elles sont françaises.

Répondant à J. Amiel-Donat, Patrick Lecroq, coordinateur du MRAP écrit : « Lorsque vous dîtes ‘C’est se servir des gens comme des médailles’, nous considérons que c’est particulièrement blessant d’une part pour les personnes visées mais aussi plus généralement pour l’ensemble des citoyens français issus de l’immigration qui ne seraient capable de servir que de faire valoir. Ce propos nient toutes les compétences que peuvent avoir des citoyens de différentes origines, à ce titre ils sont donc particulièrement humiliants. Là aussi nous vous demandons de revenir sur cette déclaration.

Bien envoyé. Total respect M. Lecroq.

On ajoutera que la dénonciation nécessaire du communautarisme ne peut pas passer par la stigmatisation de la candidature de personnes de différentes origines sur une liste.

La composition de toute liste se fait d’abord sur des critères électoraux. Le refus de la diversité chez Amiel-Donat est aussi électoraliste que le choix contraire chez Alduy.

Mais quand on voit Germain Soles, ingénieur chimiste d’origine gitane sur la liste d’Alduy. Quel bel exemple proposé aux habitants de quartiers où la réussite professionnelle est rare et l’engagement citoyen peut répandu !

Jacqueline Amiel-Donat invoque sans cesse les évènements de Perpignan. Mais quelle meilleure réponse apportée, même si elle n’est pas suffisante, que l’exercice de la citoyenneté, par le vote, la candidature et l’élection ?

Mais point n’est besoin de justifier la diversité des présences. Ne va-t-il pas de soit qu’une liste de 55 personnes qui se présente pour gérer la ville soit le reflet de sa composition. Même si le risque de communautarisme est bien réel. Ne serait-ce que si il faut contenter chaque groupe.

Le rejet du communautarisme est un leurre. Jacqueline Amiel-Donat fait un calcul.

Au premier, comme au second tour, elle n’a pas voulu colorer la liste pour récupérer une partie de l’électorat de droite qui n’a jamais adopté Alduy et qui aux municipales de 1993 votaient Claude Barate à 32,7%, en 1995 De Noell à 36,38%, en 2001 Claude Barate à 23,31%.

Il y a calcul et calcul. Celui-ci donne envie de retourner à madame Amiel-Donat sa petite phrase au moment de l’affaire Coll : « Ca suffit les saloperies ».

L’Indép n’a pas repris nos révélations sur la terrasse de 50 mètres carrés construite sur le toit de l’immeuble de Mme Amiel-Donat sans permis de construire. Il n’a pas non plus repris l’info sur le délégué syndical défenestré par Raymond Mitjavila. L’absence de ce dernier de la liste Amiel-Bourquin aurait du être commenté. Pas un mot sur le père de Jacqueline Amiel-Donat qui aurait selon elle été dans les Brigades Internationales mais dont le nom est absent du recensement fait par le Maitron. A qui profite l’Omerta ? Pas à la démocratie.

Dans Le Petit Journal de cette semaine (où je n’ai rien écrit), un papier intéressant titré : « Clotilde Ripoull est responsable d’un syndicat de tendance ‘droite dure’ ».