Connaissant Christian Bourquin, nous avons le plus grand mal à croire qu’il renonce à la présidence du conseil général. Mais si, par pure hypothèse, il se présentait et était élu, il devrait s’attendre à ce que quelques centaines de militants du PS (dont nombre de salariés du conseil général) manifestent chaque soir sous ses fenêtres en criant « Bourquin démission ». Les socialistes sont depuis Mitterrand intransigeants avec la morale publique.

La nuit dernière la permanence de Marie-Cécile Pons a été cambriolée. L’ordinateur a été emporté. Ce vol va t’il être exploité ? Dans le climat actuel, cela ne serait pas étonnant.

Cette histoire de fraude électorale au bureau numéro 4 me laisse de plus en plus dubitatif.

Je ne crois pas un instant à une fraude organisée. Il est rare qu’une personne fraude seule. Il y a le plus souvent, au minimum, un complice qui va divertir l’attention, qui va faire écran au moment propice… Il n’apparaît pas dans le déroulement des faits qui se sont produits dimanche à l’école Léon Blum. Et les interrogatoires des policiers du SRPJ n’ont dans ce domaine abouti à rien. En regardant les noms des délégués et assesseurs alduystes dans ce bureau on voit mal qui ce pourrait être.

La vice-présidente du bureau numéro 4 est Mimi Djoyas, numéro deux de la liste alduyste, architecte. Ce n’est pas une femme d’appareil, elle n’est pas à l’UMP et elle n’est même pas de droite. Bref, elle est au-dessus de tous soupçons. Il est impossible qu’elle est été impliquée dans ce genre d’histoire. Il me semble évident que la fraude n’aurait pas été organisée dans un bureau où se trouve la future première-adjointe au maire.

La fraude électorale ne s’improvise pas. Ce qui aurait été fait dimanche dernier ne correspond à rien. Sauf à vouloir de façon certaine se faire prendre la main dans le sac. Il n’y a pas à Perpignan de tradition de fraude électorale comme cela existe ailleurs parfois depuis des décennies avec des hommes et des techniques rôdées.

A Perpignan, la tenue des bureaux de vote est assez carrée. L’application au pied de la lettre du code électoral réduit considérablement les possibilités de fraude. Il faut rappeler que le bureau de vote est composé d’un président du bureau de vote nommé par le maire et d’assesseurs nommés par les différents candidats. S’ajoute des délégués de chaque liste qui ne participent pas aux opérations. Ils sont là pour les surveiller.

On nous dit que Georges Garcia retirait des enveloppes avec des bulletins Amiel-Donat et remettait sur la table des enveloppes avec des bulletins Alduy. C’est, nous dit on, ce qui expliquerait qu’il soit en possession de 5 enveloppes avec un bulletin Amiel-Donat et 2 enveloppes avec un bulletin Alduy. Mais les enveloppes étant parfaitement opaques, il n’est pas possible de savoir ce qu’il y a l’intérieur. Un bulletin Amiel-Donat ? Un bulletin Alduy ? Au final, le bénéfice de la fraude portant sur peu d’enveloppes, s’amoindrit encore.

Le procureur de la République, Jean-Pierre Dreno, a sollicité la mise en examen de Georges Garcia pour fraude électorale en précisant que ses actes caractérisent une fraude électorale. Car qu’elle que soit son intention, le président du bureau de vote n’avait pas à mettre et ressortir de sa poche, deux enveloppes contenant un bulletin de vote.

On a lu dans la presse et entendu Amiel-Donat dire qu’après l’interruption du dépouillement les bulletins de vote étaient restés sans surveillance. Le procureur affirme le contraire et il est catégorique. Ce qui est confirmé par d’autres sources.

Les explications de Georges Garcia, selon lesquelles il aurait durant les opérations de dépouillement mis dans sa poche des enveloppes contenant des bulletins parce qu’il y en avait plus de signatures d’électeurs sur le cahier d’émargement et qu’il ne tenait pas à passer la soirée a tout recompter ne sont certes pas complètement convaincantes. Mais elles sont plausibles. Il ne reste qu’à attendre le déroulement de l’instruction.

Le génie des Carpates

« “En matière de stratégie politique Bourquin est aujourd’hui sans égal “, nous confiait, hier, un expert de la vie locale », ce propos est extrait d’un article des plus louangeurs que Yann Marec consacre à Christian Bourquin. En bas de page sous la même signature la campagne d’Alduy se fait démonter. Pas sûr que l’un mérite tous ses honneurs et l’autre tous ses reproches. Si les frasques de Sarkozy n’avaient pas entraîné une telle dégradation de son image, les électeurs de gauche se seraient moins mobilisés, ceux de droite davantage. Le résultat des élections cantonales aurait été tout autre et la présidence de Bourquin aurait pu être menacée.