21mar 2008
Ils ont dit "maffia"
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2008
L’appel au témoignage sous X lancé par Jacqueline Amiel-Donat et Jean Codognès fait froid dans le dos. Le témoignage anonyme est une disposition introduite dans le droit français par la gauche puis élargie par les lois Perben, il vise à protéger des témoins. Lors de son adoption, on a souvent évoqué la loi du silence qui règne dans certaines cités.
Témoignage soux X, oui quand une personne court de réels risques pour sa sécurité. Dans une affaire qui concerne la vie publique, politique, démocratique, cela est difficilement concevable. Quelle force, quelle crédibilité aurait une décision de justice avec ses conséquences politiques si elle s’appuyait sur un témoignage anonyme ? La légitime suspicion sur la qualité et les motivations du témoin ou des témoins sera renforcée par un précédent en matière de témoignage dans une affaire politique.
En 2001, des dizaines de personnes quasiment toutes membres du PS ont rédigé dans les formes légales pour être produit en justice des témoignages selon lesquels Armand Renart, le chauffeur de Bourquin organisait la campagne des cantonales et des municipales dans de nombreux endroits des P-O. A ce moment-là Bourquin affirmait qu’il n’avait jamais eu de chauffeur à sa disposition. Confondu par l’instruction, Bourquin a quelques années plus tard changé de version et reconnu qu’Armand Renart le conduisait. Il y a donc des dizaines de personnes, plus de cinquante, qui ont fait des témoignages de complaisance dans une affaire de fraude électorale.
Et Codognès et Amiel-Donat parlent de « mafia Alduy » !
La stratégie d’Amiel-Donat et de Codognès est claire. Fraude ou pas fraude, ce qui c’est passé au bureau numéro 4 n’est pas suffisant pour obtenir l’invalidation du scrutin. Mais ils pensent pouvoir faire basculer la décision du tribunal administratif de leur côté en provoquant une énorme émotion et agitation. Ils lancent les pires soupçons, les pires accusations, font le plus possible de tapage médiatique dans le seul but d’influencer les juges administratifs.
Avec leurs nouvelles accusations, chaque jour un peu plus graves que celles de la veille les deux avocats font monter la pression.
Pour revenir au témoin d’Amiel-Donat, suggérons à la conseillère municipale d’opposition de l’amener devant la presse. Il sera invirable. Invirable comme la militante du PS et salariée du conseil général que C. Bourquin a molestée et menacée (affaire en cours d’instruction). En plus elle est titulaire.
La dénonciation des magouilles électorales est depuis toujours le cheval de bataille de Jacqueline Amiel-Donat en 1993 elle accusait Henri Carbonell d’échanger des cercueils contre des bulletins de vote. Elle stoppa net après une menace de plainte en diffamation. En 1995, elle lança la rumeur des scooters contre les bulletins de vote. Sept plus tard elle fit amende honorable. En 2008, c’est l’accusation gravissime et répétée d’un système de fraude électoral généralisé.
Accusations qui salissent un maire, des élus, des employés, des habitants d’une ville.
Assez d’accusations sans preuve !
Des preuves Mme Amiel-Donat !
Des preuves M. Codognès !
A propos de témoignage sous X. Tout ce jeudi, une femme voilée de noir et habillée de rouge, une tenue qui rappelle évidemment celle des caparutxes, a dans le centre ville distribué des tracts. Elle portait une pancarte sur laquelle on lisait : « Pâques 2008 en Roussillon. Semaine de la “Sainte Délation“. Témoignage sous x. Le tract mettait Jacqueline Amiel-Donat et Christian Bourquin en cause et interrogeait : « Les donneurs de leçons sont-ils si intègres ? ». Il faisait référence à la condamnation de Bourquin et à la terrasse édifiée sans permis de construire sur le toit de l’immeuble d’Amiel-Donat.