28mar 2008
Diabolique !
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2008
La presse nationale n’en finit pas de consacrer de grands articles à « la fraude électorale massive » de Perpignan. Ils se ressemblent tous. On y retrouve les lourdes accusations lancées par Jacqueline Amiel-Donat. Elles sont prises pour argent comptant. Rien n’est vérifié. Il n’y a pas le début de la moindre enquête. La page entière que Franck Johannès, journaliste au Monde, consacre à l’affaire est un modèle du genre. Il y a bien par ici et par là une citation d’Alduy. Apparence d’équilibre. L’article est à charge.
Les grands reporters pouvaient rester à Paris. Ils leur suffisait de passer quelques coups de fil et de recopier les innombrables dépêches écrites par le très objectif correspondant de l’AFP, le seul journaliste du cru membre d’un parti politique, le PS.
Lors du premier conseil municipal Jacqueline Amiel-Donat a localisé les fraudes massives dans les bureaux 8, 13, 14 et 19. Elle a, au total, trouvé 251 votes de plus que de signatures sur les cahiers d’émargement. Preuve selon elle du « bourrage des urnes ». Les accusations de l’avocate ont largement été diffusées par télés et radios nationales.
Jean-Paul Alduy a répondu dans un communiqué dans lequel il dit que l’avocate « a manifestement opéré une confusion en comparant les émargements du premier tour avec les votants du second tour ».
Personnellement, je ne crois que ce que je vois. Il m’a fallu quelques jours pour y voir clair, c’est à dire pour pouvoir juger sur pièces. Aujourd’hui, j’affirme sans l’ombre d’un doute que les révélations faites avec moult gestes théâtraux devant la presse nationale sont à 100 % bidonnées.
Dans les quatre bureaux de vote en question, les émargements du premier tour, c’est à dire les signatures des électeurs, ont été fait dans la colonne du second tour. Et le deuxième dimanche du vote, les signatures ont été apposées dans la première colonne. Cela c’est fait au vu et au su de tous les membres des bureaux de vote composés de représentants de toutes les listes. Et au premier tour, comme au second tour, personne n’a jugé utile de consigner ces faits dans les procès verbaux.
Il y a ainsi un écart entre le total des émargements de la première colonne et le nombre de bulletins extraits de l’urne. Ecart allant de 80 bulletins au bureau 8, 48 bulletins au bureau 13, 74 bulletins au bureau 14, à 49 au bureau 19, soit un total de 251. Cet écart correspond très précisément au nombre d’électeurs supplémentaires qui sont venues voter au second tour.
Pour qui connaît ou s’intéresse un tout petit peu à la tenue d’un bureau de vote, ce que dénonce Mme Amiel-Donat est impossible. Le cahier d’émargement est compté et recompté par les membres du bureau. Les personnes qui sont envoyés par leur parti pour participer à la tenue d’un bureau de vote savent que le cahier d’émargement est aussi stratégique que l’urne. Et dans les quatre bureaux en question, il est établi que des représentants de la liste Amiel-Donat ont recompté le cahier d’émargement.
Rappelons que Jacqueline Amiel-Donat est de longue date familière des opérations électorales et qu’elle était entourée d’une équipe de sept juristes. Constatant des écarts aussi invraisemblables elle aurait normalement du tout de suite interroger ses représentants dans ces quatre bureaux. Ils lui auraient expliqué l’inversion des colonnes.
A partir de là, deux situations sont possibles.
Soit comme elle l’a déclaré au conseil municipal Jacqueline Amiel-Donat, la veille au soir, a eu l’idée de recompter les cahiers d’émargements. Travaillant sur photocopies en noir, elle n’a pas pu voir que les signatures de la seconde colonne étaient de couleur bleue, celle des stylos utilisées au premier tour et que les signatures de la première colonne étaient de couleur rouge, couleur utilisée au second tour. Et elle n’a pas contacté ses représentants dans les quatre bureaux de vote.La dénonciation est dans ce cas pour le moins hâtive.
Soit Jacqueline Amiel-Donat, suffisamment instruite du sujet et informée par ses représentants savait que les comptes étaient bons et qu’il n’y avait qu’une inversion de colonne. Ce qu’elle aurait décidé d’ignorer pour apporter "la preuve" de l’importante fraude électorale qu’elle dénonçait depuis plusieurs jours sans apporter le moindre fait.
Jacqueline Amiel-Donat est-elle capable d’un comportement aussi pernicieux, aussi diabolique ? Personnellement je réponds « oui ».
Le recours de la liste Amiel-Donat-Codognès-Ripoull est aussi vide que volumineux. Plusieurs des griefs qui y sont formulés sont franchement malsains ou s’appuient sur des éléments qui le sont. Nous y reviendrons prochainement. Arrêtons nous sur le témoignage anonyme de M. X. Il a été recueilli par un huissier qui décrit une méthode de fraude qui aurait été utilisée. Dans quel bureau ? Lors de quelle élection ? Cela n’est pas précisé, mais il ne semble pas que ce soit lors des dernières municipales.
Amiel-Donat et Codognès, tous les deux juristes, savent qu’en justice un témoignage anonyme ne vaut rien. Mais ils le transmettent au tribunal administratif, avec d’autres éléments qui ne valent pas mieux, en espérant influencer les juges. Mais au-delà du juridique, il y a l’éthique. Et là, ce que font les deux avocats n’est pas beau. J. Amiel-Donat a trompé l’opinion publique en parlant la semaine passée de témoignages sous X alors qu’il ne s’agit que du témoignage de M. X, relevé par un huissier. Le véritable témoignage sous X ne peut bien sûr qu’être enregistré sous certaines conditions par un magistrat.
Jacqueline Amiel-Donat a produit un témoignage de la plus haute importance. Selon un des assesseurs de sa liste, le président du bureau de vote numéro 20 se serait gratté le pied au niveau de la chaussette. Interdit de se gratter les c.. dans un bureau de vote. Il pourrait y avoir des bulletins de vote cachés dans le slip.
Terminons plus sérieusement avec la Bible. La semaine passée, mercredi soir, Jacqueline Amiel-Donat avait invité les manifestants à défiler avec des trompettes de Jéricho pour disait-elle « faire tomber les murs de la mairie ». De quoi s’agissait-il ? Cela ne m’évoquait que le titre d’un célèbre chant de négro spiritual. Passant ma vie à satisfaire ma curiosité et parfois celle des autres, je suis allée voir de quoi il retournait.
Selon le récit biblique, les portes de Jéricho étaient fermées devant les enfants d’Israël. Josué, les sept sacrificateurs avec leur trompette, les soldats et le peuple firent une fois par jour pendant six jours le tour de la cité. Le septième jour, ils firent sept fois le tour de la ville toutes trompettes sonnantes, le peuple poussa des cris et les murailles s’écroulèrent. La ville fut prise, brûlée, et toute âme qui vive fut massacrée à l’exception de la prostituée et de sa famille car elle avait hébergée les espions de Josué.
Bref ! Pas terrible le symbole de Jéricho.
Je suis tombé sur un commentaire qui dit que l’expression les trompettes de Jéricho signifie que : « Dans certaines situations, l’emploi de moyens totalement détournés peut s’avérer efficace, à condition d’y croire comme ces prêtres qui étaient poussés par leur foi… »
Cela fait penser à ce que nous vivons, à ces calomnies déversées sur la ville par ceux qui veulent faire tomber la mairie démocratiquement élue. Les médias remplaçant les trompettes.