14avr 2008
Le choix du pourrissement
00:00 - Par Fabrice THOMAS - 2008
Commencé vendredi à 14h30, le conseil municipal s’est achevé à 22h40. Amiel-Donat, Codognès, Ripoull, Véra, semblaient s’amuser, comme des gosses un jour de Noël en faisant dérailler les voitures de leur tout nouveau circuit 24.
Lors des précédents mandats, en 1993, 1995, 2001, les élections des représentants de la ville dans une quinzaine d’organismes et de commissions (sauf SAFU et Commission d’appels d’offres) s’étaient faites à main levée. Mais le code des collectivités territoriales offre une seconde option, également proposée par Alduy, celle d’un vote à bulletin secret.
Le maire avait à peine fini d’évoquer cette possibilité que déjà Amiel-Donat s’agitait en direction de ses colistiers pour leur indiquer qu’elle refusait le vote à main levée.
JPA faisait voter à main levée sur le choix du mode de scrutin et là, Jordi Véra lèva la main. Faute d’unanimité, le vote à main levée était rejeté. On était parti pour des heures de défilés dans les isoloirs.
Le groupe de la gauche unie a une position assez étonnante. Il refusait de participer aux scrutins, mais un de ses représentants prennait part à un vote… Tout au long de cette très longue séance, on s’est aperçu que l’incohérence et la confusion régnait au sein du groupe de la nouvelle gauche.
Faisant une nouvelle entorse à ses principes, le groupe d’Amiel-Donat a présenté des candidats à la commission d’appels d’offres. L’élection se faisant à la proportionnelle, l’opposition de gauche devait y avoir un représentant. Mais les conseillers municipaux Amiel-Donistes ne participèrent pas au vote. Ils n’eurent donc, logiquement, aucun élu. Lors des précédents mandats, la gauche siégeait dans cet organisme important.
A 9h du soir, le débat sur le budget commençait enfin. Explications techniques contre explications techniques. La gauche avait distribué à la presse une longue note d’analyse financière (écrite par un cadre du conseil général ? C’est ce qui s’est dit). Jacqueline Amiel-Donat en fit laborieusement la lecture. Les années précédentes, la mairie distribuait aux journalistes des tableaux comparatifs de la situation fiscale et financière avec d’autre villes, sur le plan national et régional. Comparaison n’est pas raison, car le contexte varie beaucoup d’une ville à l’autre, mais cela donne des repères. Faute d’outils, c’est la parole de l’un contre la parole de l’autre.
Interpellé sur l’absence de financement du conseil général sur de nombreux dossiers et en particulier sur la rénovation urbaine, Jean Codognès, vice-président du conseil général et élu d’un canton perpignanais, s’est bien gardé de répondre.
Intervenant dans le débat budgétaire, Jean Codognès a centré son intervention sur le développement économique. Comme il ne s’intéresse au sujet que depuis le début de la campagne électorale, il ne sait pas encore que la compétence économique a, depuis pas mal d’années, été transférée à l’agglomération.
Jean Codognès a repris la tarte à la crème qu’il a balancé durant toute la campagne : la comparaison des résultats de l’aéroport de Perpignan avec ceux de Girona. Dans le genre comparaison loufoque, il pourrait poursuivre avec le tonnage de marchandises réalisé par le port de Barcelona et celui de Port-Vendres.
Girona est l’aéroport low-cost de Barcelona (métropole de 5 millions d’habitants), mais aussi l’aéroport low-cost de la Costa Brava, dont le potentiel touristique est plus de 10 fois supérieur à celui des P.O.
Jean Codognès est depuis dix ans aux affaires. Qu’a t’il fait ? Qu’a t’il fait comme président du comité de développement économique ? Jean Codognès ne serait-il rempli que de velléités ?
Jamais débat budgétaire n’avait été aussi court. Au bout d’une heure, on passait à un autre sujet. La gauche critiquait, mais ne proposait rien.
La ligne Amiel-Donat-Codognès est loin de faire l’unanimité au sein du groupe des 12 élus de la nouvelle gauche. Nicole Gaspon (PC), Martine Ruiz (PS), Pierre Estève (PS), Enric Vilanova (ERC), ont suivi en traînant les pieds et en ne cachant pas qu’ils étaient en désaccord avec la stratégie de pourrissement adoptée dans le bureau du président du conseil général.
L’ERC a d’ailleurs dès le lendemain de ce conseil municipal publié un communiqué dans lequel on lit notamment : « Les élus d’opposition de la liste Nouvelle Union de la Gauche n’auront aucune représentation, et par conséquent ne pourront avoir ni participation, ni supervision, dans les diverses commissions de la mairie de Perpinyà, conséquence de cette stratégie erronée qui a conduit ce qui devait être l’opposition à la marginalisation politique la suite sur www.esquerra.cat/catalunyanord).
En entretenant une ambiance de crise, les responsables du PS ont un double objectif. Délégitimer, affaiblir la crédibilité de la majorité municipale et surtout maintenir, voire faire grimper, le vote FN. Car sans triangulaire au second tour, les chances de la gauche de prendre la ville sont nulles, que l’élection est lieu dans un ou dans six ans.
Le populisme, la démagogie et l’obstruction (sans conséquence sur l’action municipale) ont de belles heures devant elles.
A lire dans la presse :
Dans La Semaine du Roussillon, un interview de Claude Vergès , directeur d’Agbar, la société qui distribue l’eau à Barcelona. Titre : Il faut relancer l’aqueduc Rhône-Barcelone.
Le Petit Journal titre à la une « Nicolas Garcia convoqué au tribunal pour prise illégale d’intérêts ». C’est l’histoire d’un terrain municipal découpé en trois parcelles vendues à petit prix à … trois élus de la majorité du maire d’Elne et premier secrétaire de la fédération communiste.