Les projets de délibération sont en principe et généralement communiqués aux élus plusieurs jours avant la session publique. Les conseillers généraux ont découvert le rapport sur la télé en arrivant à la réunion. Les élus n’ont pas eu le temps de travailler, de se concerter et d’adopter une position sur ce dossier très important. Christian Bourquin a fait ce qu’il fallait pour qu’il n’y ait pas de débat.

Le comportement de Bourquin avec la presse est bien connu. Cadeaux, piges et publicité pour les gentils journalistes et menaces, black-listage, procès et pas de publicité pour les méchants. Son implication dans un projet médiatique ne pouvait pas commencer autrement que par un déni de démocratie.

Il est prévu que le conseil général prenne une participation, entre 10 et 20 %, dans le capital de Télévision Midi SAS. Le CG interviendrait aussi en finançant des partenariats et des co-productions : « A partir de 100 000 euros ». Autant dire que l’on ne sait pas combien il mettra chaque année dans cette télé, si ce n’est que ce ne sera pas moins de 100 000 euros.

Il est de plus en plus difficile de ne pas faire le lien entre le traitement bienveillant dont bénéficie Bourquin et le très important poids publicitaire du conseil général dans les pages du quotidien régional.

On notera que seul Christian Blanc a voté contre. Henri Carbonell (UMP) et Véronique Vial (UMP) se sont abstenus. Les 28 autres élus, non inscrits, de droite, de gauche ont approuvé le projet. Il se dit, de bonne source, qu’il y a eu du lobbying. Mais aucun élu n’en témoigne. C’est un vote curieux sur lequel nous reviendrons.

On s’étonnera que le CSA n’offre qu’une fréquence. Du côté de la haute autorité, on explique que la technique limite le nombre de fréquences, mais ce n’est pas la seule cause de cette restriction, les considérations économiques entrent en jeu. Le CSA souhaite que les télés locales, qui aujourd’hui sont toutes déficitaires, soient financièrement viables.

Cette façon de faire marquer par le refus du pluralisme et le refus de la concurrence est très française. Vieux réflexes d’un vieux pays bloqué et sclérosé.

Le succès du projet Indép-Bourquin aboutirait au renforcement de l’influence de l’entreprise de presse qui domine le paysage médiatique départemental et au renforcement du système clientélo-despotique Bourquiniste. Belle perspective…

Il faut espérer qu’un des deux projets concurrents obtiennent la fréquence.

La ville de Perpignan avec sa structure Perpignan TV s’est associée avec le groupe Hersant et avec NRJ.

Le troisième projet est présenté par trois entreprises du département qui ont rassemblé leurs compétences, Pôle production, SGM et l’Agence. ces petites structures, très professionnelles, maîtrisent la technique, la production d’image et le traitement journalistique de l’information.

Le Conseil Constitutionnel vient de déclarer Olivier Ferrand inéligible pour un an. Le brillant énarque, candidat aux élections législatives sur la quatrième circonscription, a engagé et payé lui-même des dépenses électorales et a nommé avec beaucoup de retard son mandataire financier. Il a violé une disposition essentielle de la loi sur le financement des campagnes électorales. Le candidat doit désigner son mandataire financier au plus tard à la date à laquelle sa candidature est enregistrée. Et c’est ce mandataire financier qui règle les dépenses avec un compte bancaire spécialement ouvert pour cela.

La commission des comptes de campagne a donc rejeté son compte de campagne. Un rejet qui a entraîné, de façon quasi automatique, l’inéligibilité prononcée le 17 avril par le Conseil Constitutionnel.

L’élu thuirinois collectionne les bourdes. La liste est déjà bien longue même si la plus belle reste son projet (campagne des législatives de 2007) de construction d’une usine marémotrice au large de Port-Vendres… La première en Méditerranée… Et pour cause !

Le Conseil Constitutionnel a fait une autre victime. Virginie Barre, conseillère municipale de Perpignan, élue sur la liste de Jean-Paul Alduy, a été déclarée inéligible pour un an. La candidate a reçu un don d’Unitat Catala. Selon Jaume Roure, il était naturel que Unitat Catala fasse un don à sa candidate sur la première circonscription. La Commission Nationale des comptes de campagne a, elle, considéré qu’Unitat Catala ne pouvait être considéré comme un parti. En effet faute d’avoir un mandataire financier, le parti catalaniste ne respecte pas la législation sur le financement des partis. Voilà ce qui lui est précisément reproché. Une lacune à laquelle Unitat Catala pourra facilement remédier.

L’inéligibilité d’un an est sans conséquence puisqu’elle ne concerne que les législatives. Mais le Conseil Constitutionnel a frappé de cette décision deux candidats qui ont été élu députés en 2007. Imaginons un instant qu’Olivier Ferrand ait été élu. Son inéligibilité l’empêchant de se représenter, Pierre Aylagas aurait toutes ses chances surtout dans ce contexte politique si peu favorable à l’UMP. Réflexion faîte, on va regretter qu’Olivier Ferrand n’ait pas été élu député. On aurait bien rigolé. On est content que ce très bon client de perpignan-toutvabien ait trouvé asile à Thuir.

On continue de nous demander Place à Ragots Spécial dix ans de système Bourquin. Il en reste au kiosque à journaux du Palmarium ou par correspondance.