29avr 2008
Bonet, Ripoull et Halimi font leur show
20:46 - Par Fabrice THOMAS - 2008
Les membres du jury du Prix Méditerranée Roussillon participant à la sélection finale avaient retenu le livre d’Henri Lhéritier comme lauréat 2008. André Bonet, le président du Centre Méditerranéen de Littérature, approuvait ce choix et répandait la nouvelle. Mais à la veille de la réunion du jury, il téléphonait aux jurés pour leur dire qu’il voterait pour le livre de Gérard Raynal et il leur demandait de le suivre. Le jour du vote à la Brasserie Le Vauban neuf voix se portaient sur Lumière fauves de Gérard Raynal qui décrochait le prix, cinq sur Autoportrait sauvé par le vent de Henri Lhéritier et une sur Les assassins de la citadelle de Stéphane Babey.
Pourquoi ce revirement de dernier moment ? « C’est politique » : s’accordent à dire des membres du jury qui ont voté pour l’un ou l’autre des candidats.
Le lauréat de l’année intégrant automatiquement le jury du prix, l’arrivée de Claude Delmas (2006), de Jordi Pere Cerda (2007) a élevé le niveau du jury. Mais ces deux derniers écrivains sont de gauche et Henri Lhéritier aussi. Cela n’aurait pas été du goût de certains membres du jury plus sensibles aux critères idéologiques qu’aux compétences littéraires. Depuis la fondation du CML, la droite anti-républicaine (cathos ultra, maurassiens…) a toujours fortement influencé le CML. Il est d’ailleurs à noter que Fernand-Gérard Belledent, évacué après l’affaire Brasillach, a fait son retour dans le jury. L’ancien conservateur de la Bibliothèque universitaire qui avait provoqué un scandale en faisant des acquisitions massives de livres fascistes et négationnistes sans que cela réponde à une demande des historiens de l’université a un fort ascendant sur le président du CML.
Autre mauvais point pour Henri Lhéritier, esprit fortement indépendant il a été perçu comme quelqu’un qui ne se serait pas prêté facilement aux combinaisons d’André Bonet. Contrôler la boutique dont il est président à vie a toujours été la priorité d’André Bonet. La cooptation des membres des jurys ou leur répudiation est son domaine réservé. La composition des jurys n’est pas fixe, elle varie d’une année à l’autre et tout comme les règlements elle n’est pas publiée (le pauvre site internet du CML a d’ailleurs été fermé). Cela permet à André Bonet d’avoir autorité sur les jurys et sur le choix des lauréats.
Le lien de parenté d’Henri Lhéritier, beau-frère du député UMP François Calvet, a été invoqué et Christian Bourquin serait intervenu auprès d’un membre du jury pour s’assurer de son vote.
Le paradoxe, mais il n’est qu’apparent, c’est qu’André Bonet est membre de l’UMP. Mais un membre de l’UMP au comportement curieux. Lors des dernières élections il était présent aux côtés de Bourquin dans un meeting de soutien aux candidats socialistes. Bonet courtise beaucoup les politiques, tous les politiques, dès lors qu’ils sont élus d’une collectivité qui peut distribuer des subventions au CML. C’est l’une des clefs de la réussite de son business. En retour, les politiques arrosent le CML de subventions dont le montant est manifestement exagéré au regard de sa réelle activité. Sauf si l’on considère la principale activité : manger au restaurant au frais du contribuable. En contrepartie des subventions, le CML signe des conventions dans lesquelles il s’engage sur des projets qui souvent ne voient pas le jour. Il est fréquent que les politiques manifestent des exigences sur l’activité ou la gestion d’associations qui fonctionnent majoritairement avec de l’argent public. Là, les politiques ferment les yeux.
L’idée de créer un prix sur de meilleures bases avec des personnes intègres, compétentes revient souvent dans les conversations du microcosme littéraire. Mais il y a toutes les petites faiblesses humaines, en premier lieu la vanité, qui y font obstacle et qui font la force de Bonet. Combien sont-ils ceux qui le méprisent mais qui serait prêt à se mettre à plat ventre devant lui pour avoir un prix littéraire, une place dans un jury ? Bonet fait danser tout son petit monde. Les politiques (enfin certains), eux, ce qu’ils aiment c’est avoir leur photo dans le journal avec un écrivain ou une personnalité politique nationale qui a publié un livre. Quand Jospin était premier ministre Noëlle Châtelet, sa sœur, est plusieurs fois venue présenter ses romans au conseil général où Bourquin lui déroulait le tapis… rose. Jospin has been… Sa frangine n’est plus invitée.
Z’avez pas vu Clotilde ?
La reine du happening, c’est Clotilde. Entre Codognès et Amiel-Donat, la représentante du Modem est inaudible. Frustrée d’exposition médiatique, Clo-clo (comme la surnomment des confrères) a repris la technique du happening qu’elle avait utilisé pendant la campagne électorale. Elle se promenait dans les rues du centre ville avec une trentaine de militants habillés avec des vêtements de couleur orange. Lundi soir au conseil municipal elle est arrivée avec une caméra vidéo pour filmer les débats, mais aussi les journalistes. Entre ceux que cela a irrité et ceux qui ont été amusés, Clo-clo Marquès-Ripoull n’est pas passée inaperçue.
Que pourrait-elle faire pour attirer l’attention de la presse lors des prochains conseils municipaux ? Enlever le haut sous prétexte qu’il fait chaud ? (Thomas arrête de fantasmer). Venir sans chaussure mais avec des chaussettes… orange… bien sûr. ça pourrait lui plaire. Revêtir un tee-shirt avec une inscription politique qui énerve Alduy, genre : " Perpignan : capitale de la fraude électorale", ça pourrait aussi marcher. Etre absente de plusieurs séances du conseil municipal ? Ce n’est pas une bonne idée. Ca pourrait passer inaperçu.
Mais faisons confiance à Monsieur Ripoull pour donner de meilleurs conseils à madame. Jérôme Ripoull, lobbyiste professionnel se présente comme spécialiste de la communication d’influence. Ah bon ! Y aurait-il de la communication qui ne cherche pas à influencer ?
Autisme !
Interrogé sur le projet de théâtre de l’Archipel dans L’Indep, Maurice Halimi, maire adjoint à la culture déclarait récemment : « …je n’ai pas entendu un seul Perpignanais dire que ce projet n’était pas bon ». Maurice Halimi n’a peut-être pas non plus entendu "un seul Perpignanais" exprimer son souhait d’installer une autre équipe à la mairie. Il est aussi difficile de nier le résultat des élections que l’impact de la campagne contre le projet de théâtre de l’Archipel menée par les deux listes de gauche et la liste Modem. Le théâtre de l’Archipel est loin de faire l’unanimité et le débat loin d’être clos. Cela dit, si Maurice Halimi réfléchit bien, il connaît au moins une personne qui est férocement contre le théâtre… Son excellent ami Thierry Meier patron de Boitaclowns.