20mai 2008
L’électoralisme source d’inégalités territoriales
20:24 - Par Fabrice THOMAS - 2008
Il faudra un jour faire un audit pour connaître la répartition des financements du conseil général entre les 31 cantons. Les inégalités entre les cantons dont l’élu est de gauche et ceux dont l’élu siège dans le groupe des non inscrits ou dans le groupe l’UMP sont criantes.
Parmi les cantons de gauche, celui de Millas, se taille toujours la part du lion. Dernier exemple en date, le vote d’une enveloppe annuelle pour les congrès et manifestations adopté lors de la commission permanente de mai.
Sur 42 manifestations financées, 14 subventions vont à des associations du canton de Millas pour un montant de 36 109 euros sur un total de 102 909 euros (encore faut-il préciser que toutes les communes du canton de Millas ne sont pas logées à la même enseigne). Celles qui ont un maire de droite, quand elles ne sont pas oubliées, ont considérablement moins que celles qui ont un maire de gauche ou proche de Bourquin.
Il est concevable que le président du conseil général en fasse un tout petit peu plus pour son canton. Mais on dépasse largement les limites d’un favoritisme hélas habituel. Il y a un écart considérable entre ce qui est attribué au canton de Millas et à d’autres cantons socialistes pourtant bien mieux pourvus que les cantons qui ont un élu de droite.
Le conseil général et ses satellites représentent un nombre important d’emplois. Mais là encore, mieux vaut résider dans le canton de Millas que dans celui de Canet. La répartition résidentielle des employés du CG est très déséquilibrée. La gauche ne gérant le conseil général que depuis dix ans, les écarts géographiques conséquents indiquent qu’il y a dans le recrutement des critères prioritaires qui ne sont pas d’ordre professionnel.
Les contribuables de Perpignan et de nombreuses communes, petites ou grandes, paient les mêmes impôts départementaux que les habitants du canton de Millas. Le président du conseil général bafoue le principe d’égalité devant l’impôt et la fiscalité et les principes fondamentaux d’égalité du service public.
Pourquoi cette situation n’est-elle pas davantage dénoncée ? S’habituerait-on à l’iniquité ? Les situations anormales se banalisent trop souvent. Elles rentrent dans les habitudes. Il appartient aux élus des populations victimes de ses abus de réagir. Rien ne justifie de telles inégalités territoriales.
Il serait utile de disposer d’une étude approfondie pour pouvoir dénoncer avec force des pratiques qui n’ont d’autre objectif qu’électoraliste. Car ce que l’on ne donne pas à certains, on le donne en plus à d’autres pour faciliter leur réélection.