10juin 2008
Il est où le drapeau du Tibet ?
12:39 - Par Fabrice THOMAS - 2008
Le drapeau du Tibet ne flotte toujours pas sur la façade de la mairie de Perpignan. On ne pourra pas prendre prétexte de la difficulté à se procurer un drapeau, il a, le jour de l’adoption de la motion, été fourni par Enric Villanova, l’élu de l’ERC à l’origine du texte.
Le drapeau a d’abord été installé sur la façade de l’hotel Pams d’où il a été retiré. Pourquoi Alduy traîne-t-il les pieds ? La délibération devait être appliquée le lendemain du conseil municipal, il y a trois semaines de cela…
Suite à la décision d’organisations d’extrême gauche de manifester devant le cimetière du Haut-Vernet pour empêcher les membres de l’ADIMAD de fleurir le monuments aux morts de l’OAS, le préfet a pris un arrêté interdisant tout rassemblement aux abords du cimetière afin de prévenir des troubles de l’ordre public. La mairie de Perpignan a, de son côté, pris un arrêté de fermeture du cimetière pour la journée.
Samedi, les portes du cimetière municipal gardées par quelques dizaines de CRS sont donc restées fermées. Décidés à rendre hommage à leurs morts, les membres de l’ADIMAD (une petite dizaine et non une centaine comme l’indique le communiqué de l’ADIMAD) sont venus fleurir le monument) la veille.
Je ne comprends pas que l’on empêche ces gens là de rendre hommage à leurs morts. Certes ils appartenaient à l’OAS, mais l’histoire a tranché. L’Algérie est devenue algérienne, des membres de l’OAS ont été condamnés à mort et exécutés, d’autres ont purgé de longues peines de prison, d’autres ont dû s’exiler. Bref ce sont les perdants de la guerre d’Algérie. Des lois d’amnistie et de réhabilitation ont été votées, par De Gaulle, Giscard, Mitterrand… Comme cela avait été fait dans les années 1950 par rapport à la collaboration. Il fallait tourner la page… Sinon on continuait d’entretenir inutilement des conflits qui avaient meurtri le pays. Il faut rappeler que les premières années après son installation, on avait jamais entendu parlé de ce monument. Point de volonté revancharde, pas de prosélytisme, aucune communication. Les membres de l’ADIMAD veulent seulement rendre hommage à leurs morts.
Cette question dépasse l’opinion que l’on peut avoir de l’OAS. Je n’ai personnellement pas de sympathie pour ces militaires putschistes qui sont souvent d’extrême droite. On peut aussi prendre en compte la dimension humaine et éviter de faire subir une nouvelle et dernière humiliation aux vieux guerriers de l’Algérie Française qui sont en train de s’éteindre.
Les communistes du PCF et de la LCR ont fait moins d’histoire, ils n’ont tout simplement rien dit, quand Bourquin a remis la médaille de l’Assemblée Nationale au co-fondateur du FN dans les P.-O.
Lu, l’interview de Bourquin dans L’Indépendant. « Créer une dynamique, donner de la vitalité et de l’énergie, c’est le travail du politique. Les ronchons ne s’en rendent pas compte, mais cette dynamique donne des résultats », se gargarise le président du conseil général. Les résultats sont là ! Si l’on prend en compte la richesse produite, le niveau des salaires, celui de la qualification des emplois, le taux d’activité salarié et non salarié, le nombre de personnes bénéficiaires des minima sociaux, les résultats en terme de sécurité, de santé publique… Les P.-O. sont le département français qui va le plus mal. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est un économiste qui travaille sur le sujet.
Bourquin ne met pas en place, comme on le fait dans d’autres départements, une politique ambitieuse d’insertion des bénéficiaires des RMI, seule façon de faire reculer la quart-mondisation. Rappelons qu’il a, il y a quelques années, liquidé le Comité départemental de Développement Economique. Rappelons aussi qu’en session plénière, il a eu quelques accrochages avec le communiste Jean Vila qui lui reprochait de ne pas faire de développement économique alors qu’il faudrait en faire un axe prioritaire de l’action du conseil général.
Bourquin est le fossoyeur de ce département, mais il se donne des airs d’aménageur. Serge Bonnery, le nouveau chef de la locale feint l’admiration devant le visionnaire : « Quand il vous expose sa vision du département, il dessine une carte. Son littoral. Ses trois vallées qui convergent vers la mer. Le tout coiffé du Canigou qui fait des P.-O. un amphithéâtre. Pour l’ingénieur, c’est clair, le département se lit d’est en ouest. Puis il trace une ligne nord-sud, l’autoroute, et hachure le territoire compris entre elle et les plages. C’est ici constate-t-il, que tout c’est concentré ». Hourra ! Le roi Ubu vient de découvrir les phénomènes de concentration urbaine. Et attention : « Lui va désenclaver tout cela. Pour remettre les Pyrénées-Orientales dans le sens de la marche ». Il ne dit pas comment. C’est normal. Secret défense. En atteignant de tels sommets, l’incompétence fait rire.
On commence à en savoir un peu plus sur la gamelle que le candidat PS, Louis Caseilles, s’est pris à l’élection à la présidence de l’association des maires des P. -O. Il apparaît que dans son propre camp, nombre de voix ont fait défaut. « Il vient de reprendre sa carte au PS après avoir mangé à tous les râteliers. Mais il ne faut pas oublier que lors des dernières élections sénatoriales, sa candidature de division a empêché le PS d’avoir un siège et permis à la droite d’avoir les deux sièges de sénateurs des P.-O », commente un élu socialiste qui n’a probablement pas mis un bulletin Caseilles dans l’urne.
L’échec de Louis Caseilles arrange Bourquin. Le président du conseil général convoite un siège de sénateur. Et le moment venu, il saura dire qu’il est un meilleur candidat que ce Caseilles qui n’a pas su rassembler toutes les voix de gauche lors de l’élection du président des maires.
Je recommande la lecture du dernier luxueux numéro du journal du 35. Nicolas Caudeville y trousse une fort jolie ode à la gloire de Ségolène Neuville, la nouvelle conseillère générale PS de Perpignan. Certains diront qu’il lui cire honteusement les cuissardes. Mais la dame, elle n’a pu qu’apprécier la douce langue. On n’a jamais vu un politique reprocher à un journaliste de lui avoir trop lécher les fesses. (La prochaine fois que je croise Caudeville, je prends un coup de canne).
Dans ce journal, on trouve aussi un article sur l’affaire des chaussettes qui ne fait pas dans la dentelle. Mais pour une fois, il n’y a pas d’article anti-Sarko. Ce n’est qu’au passage qu’est évoqué « l’hyper président » qui est aussi caricaturé dans un dessin “d’humour“.
La mairie de Perpignan étant le premier bailleur de fonds du 35, on ne pourra pas accuser Alduy de sectarisme. Ce serait d’ailleurs, difficile, au moment où il vient de nommer un philosophe marxo-libertaire à la direction de l’Ecole Supérieure d’Art. Alduy est fidèle à lui-même. Il a toujours beaucoup plus soutenu la gauche que la droite.
Au fait Jordi Vidal, directeur ou pas directeur de l’Ecole Supérieure d’Art ? Au ministère de la culture on dit « pas directeur ». L’intéressé répond qu’il est enseignant faisant fonction de directeur. Il n’a en effet pas les titres pour occuper officiellement cette fonction et précise qu’il ne le souhaite pas. Jordi Vidal est donc : « faisant fonction de directeur sans le vouloir ».