Le maire de Perpignan a, en début de réunion, déclaré qu’il n’avait pas à répondre à une opposition pour qui il était illégitime. Il a en fait répondu à la plupart de questions et demandes d’explications, mais le recours à cet argument a permis de limiter les interventions intempestives de la grande Duduche. Cette dernière est fortement encouragée par un Jean Codognès qui ne tient pas à laisser le premier rôle à Amiel-Donat.

Clotilde Marques-Ripoull a assuré le spectacle. La grande Duduche bcbg, caméra à la main, se spécialise dans l’intervention puérile, bête, mesquine et en particulier assez systématiquement suspicieuse. Elle flaire partout la magouille, le coup tordu.

L’entreprise Fondeville a obtenu le marché de la construction du quatrième pont. Clotilde Ripoull s’en étonne, comment une entreprise locale a t’elle pu : « Rivaliser avec les plus grands groupes du BTP, Effage, huitième groupe européen, qui a réalisé le Pont de Millau… ».

Dans la tête de la grande Duduche, une entreprise locale est forcément moins compétente qu’une entreprise nationale. Si elle était mieux renseignée, elle saurait que Fondeville doit son succès à son grand professionnalisme. Et elle conclut son intervention sur cette attribution en déclarant : « Sachez monsieur Alduy que nous serons particulièrement vigilant car il existe tant de façons de détourner la loi en toute légalité ».

La grande Duduche débite de belles énormités. Interviewée il y a quelques jours sur radio Zygomar par Nicolas Caudeville (Il a fait campagne pour elle, c’est peut-être pour cela que les questions étaient aussi complaisantes), elle a dénoncé les investissements improductifs de la mairie, plaçant en tête de liste, la dernière tribune d’Aimé Giral. On attend qu’elle explique ce qu’elle entend par investissements improductifs et investissements productifs.

Tournée durant le conseil municipal d’avril et mise en ligne sur dailymotion, une vidéo titrée “Ambiance“ révèle bien la mesquinerie de son auteur. Gros plans sur des élus qui bavardent, qui téléphonent, sur l’un d’eux qui lit le journal. Cette vidéo ne reflète absolument pas l’ambiance du conseil municipal. Si les élus n’étaient pas à leur place c’est parce que l’opposition à laquelle appartient la grande Duduche a fait de l’obstruction en demandant un vote à bulletin secret pour l’élection des membres composant différentes commissions. Rappelons que l’opposition n’a pas participé à ces scrutins. Les images des élus “dissipés“ de la majorité ont été tournés pendant le déroulement du vote. La grande Duduche a oublié de filmer les élus de l’opposition en train de se taper des pizzas amenées par un cuisinier du conseil général (le gendre de Jacqueline Amiel-Donat prend soin de sa belle-mère).

L’opposition ne se limite fort heureusement pas à Clotilde Marques-Ripoull. Lors du débat sur le quatrième pont, Katia Mingo a fait la différence avec une intervention dans laquelle il y avait du fond et de la forme. C’est un peu plus efficace que les cris et piétinements de la grande Duduche bcbg et ça donne sans doute une image plus crédible de l’opposition.

Il faut aussi préciser, qu’à part Codognès, avec qui elle est copine comme cochons, les membres de l’opposition ne semblent pas particulièrement apprécier le cinéma de la représentante du Modem.

Drapeau du Tibet sur la façade de la mairie

La motion sur le Tibet n’a pas enthousiasmé Jacqueline Amiel-Donat. « Vous voulez détourner l’attention des dossiers importants », a t’elle dit à l’adresse d’Alduy. Sauf que la motion venait d’un membre de l’opposition élu sur sa liste, Enric Vilanova (même si deux mois après il ne reste pas grand chose de l’unité affichée lors des élections). L’amie de Mélenchon (qui défend la Chine en faisant un mauvais procès à Reporter Sans Frontières et aux défenseurs des droits de l’homme au Tibet et en Chine) a exprimé sa mauvaise humeur sans oser manifester son hostilité à ce texte. L’opposition, sauf Enric Villanova, n’a pas participé au vote.

Maurice Halimi souhaitait renvoyer l’adoption de cette motion à un prochain conseil municipal. Selon lui, les agences chinoises qui participent à Visa pour l’image pourraient ne pas apprécier la présence d’un drapeau Tibétain sur la façade de la mairie.

M. Halimi pourrait poursuivre son raisonnement en souhaitant que Visa n’expose pas de photo sur le Tibet afin de ne pas déplaire aux Chinois… Pas de photos d’Anna Politkovskaia non plus pour ne pas contrarier les Russes… etc… Inutile de dire que ce discours est totalement opposé à l’esprit de Visa pour l’Image qui justement soutient des photographes et des travaux qui dénoncent des crimes, des injustices… Alduy a tranché en retenant l’idée d’accrocher le drapeau tibétain sur la façade de la mairie… jusqu’aux Jeux Olympiques.

Manif dans l’assemblée…

Une vingtaine d’opposants à la stèle rendant hommage aux morts de l’OAS du cimetière du Vernet et au projet de centre de documentation sur l’Algérie française ont manifesté dans la partie de la salle du conseil réservé au public, en brandissant des pancartes. Je croyais que dans un pays démocratique, on ne manifestait pas dans le lieu même où une assemblée délibère. Ce principe prévaut dans de nombreux pays, dans de nombreuses assemblées nationale et locales… mais pas au conseil municipal de Perpignan.