Collaborateur bénévole du site internet d’informations La Clau depuis deux ans, Nicolas Caudeville a, mardi 16 septembre, appris d’une façon pour le moins surprenante qu’il avait été viré. C’est en lisant sur La Clau un article titré « Erratum :La Clau dément les “heurts communautaires“ de Perpignan » que Nicolas Caudeville est tombé sur l’annonce de sa mise à la porte : « Nous avons opté pour l’exclusion de notre rédaction de l’informateur responsable de cette tentative d’influence. » Fichtre !

A La Clau, Esteva Valls confirme que c’est bien ainsi que Nicolas Caudeville a appris son éviction et il justifie la méthode en disant que des ministres apprennent parfois par la presse qu’ils sont virés. Le plus célèbre boiteux de Perpignan n’aurait donc pas à se plaindre, il devrait peut-être même se sentir honoré.

Le patron chic et choc ne finira pas aux prud’hommes ou en correctionnelle. Bénévole, Nicolas Caudeville ne peut invoquer le code du travail, même s’il a beaucoup bossé. La Clau est une association loi 1901 qui repose sur l’activité d’une petite équipe de bénévoles qui ne sont pas adhérents de l’association La Clau. Ils n’ont donc pas leur mot à dire sur les décisions importantes et ils n’ont pas été consultés avant le virage brutal d’un historique de la bande. L’association est contrôlée par les deux administrateurs du site, Esteva Valls, animateur à France Bleu Roussillon et Vincent Dumas, kiné au Haut-Vernet.

Au départ de l’affaire, La Clau est mise en difficulté par des réactions (en particulier sur le forum de l’USAP) à un article qui titrait sur des « heurts communautaires » à Saint-Jacques : « Selon plusieurs témoignages recueillis par La Clau, un regain de tension s’est fait jour dans le quartier Saint-Jacques de Perpignan, les fins d’après-midi de jeudi et vendredi, à travers des heurts entre groupes réduits d’hommes de culture gitane et maghrébine. Ces rixes vraisemblablement facilitées par la clémence météorologique et les privations diurnes du ramadan échappent à la banalité, comme le confirme la présence d’une douzaine de cars de CRS en station sporadique autour de la place Cassanyes et en poste à proximité du palais des congrès, dans ce qui semble indiquer une nervosité des autorités face à une situation sensible. Le 13 juillet dernier, un jeune maghrébin de 19 ans avait été tabassé par quatre jeunes gitans aux abords de la même place, dans le silence médiatique d’une ville échaudée par la publicité catastrophique octroyée par des émeutes intercommunautaires déclenchées le 29 mai 2005. L’échauffement actuel, ignoré par des centaines de photoreporters internationaux présents à moins de 500 mètres à l’occasion du festival Visa pour l’image, est hautement gênant. Avant-hier, l’un d’entre eux a été détroussé lors d’une visite naïve dans ce même quartier. »

Que s’est-il passé à Saint-Jacques autour du 5 septembre ? Alerté par la lecture de La Clau, perpignan-toutvabien s’est immédiatement intéressé à la situation. De sources policière (municipales et nationales) nous apprenions qu’il y avait eu une bagarre mêlant quelques personnes (gitanes et maghrébines) pour un motif d’ordre familial. Quant à la présence d’un grand nombre de CRS, nous apprenions qu’elle était principalement liée à la préparation d’une opération policière d’envergure. Comme il ne se passait rien d’exceptionnel à Saint-Jacques et qu’il était impossible de dire le moindre mot pour expliquer la présence des CRS, nous avons décidé de laisser passer l’intervention policière qui s’est déroulée au champ de mars le… Outre les vérifications, nous avons fait quelques photos du convoi de CRS stationné devant le palais des congrès.

CRS.jpg

Nicolas Caudeville qui habite à Saint-Jacques avait téléphoné à Esteva Valls de La Clau pour l’informer qu’il y avait des bagarres entre communautés et que des CRS étaient présents en nombre. Nicolas dit avoir demandé un délai pour vérifier l’info. Esteva Valls confirme qu’un cours délai, de l’ordre d’une demi-journée lui avait été demandé mais qu’ayant confiance il avait décidé de faire le papier à partir des infos données par Nicolas Caudeville. Les commentaires orientés sont d’Esteva Valls.

La responsabilité semble pour le moins partagée entre Nicolas Caudeville et Esteva Valls. Le premier pour avoir beaucoup exagéré les faits, le second pour avoir rédigé un article sur un sujet aussi sensible sans avoir fait la moindre vérification. Et cela d’autant plus qu’il sait que Nicolas Caudeville se laisse parfois dominer par son engagement politique (Modem, tendance Codognette et anti-alduyste convaincu).

Homme de verbe et de spectacle, Nicolas Caudeville qui tâte du journalisme par ici et par là ne semble pas assez soucieux de mettre d’un côté son engagement politique et de l’autre le respect des faits. Ce mélange des genres et sa petite notoriété semblent pas mal irriter les responsables de La Clau, et en particulier Esteva Valls.

Mais Esteva Vaills, qui peut difficilement nier sa part de responsabilité dans l’article contesté dit qu’il n’est que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Caudeville n’a pourtant reçu aucun message pouvant évoquer le début d’une menace sur sa collaboration.

Nicolas Caudeville a été viré comme on ne vire pas un chien… Surtout quand il vous garde la maison depuis des années. Commentaire, tout à fait personnel, c’est franchement dégueulasse !

Quelles sont donc les vraies motivations de l’élimination de Caudeville ? Ne servirait-il pas de fusible au principal auteur de ce bidonnage sur un sujet où La Clau a joué un jeu dangereux. Déjà, le 25 juillet, suite, à l’agression d’un jeune Maghrébin par quatre jeunes Gitans, La Clau titrait tendancieusement : « Agression intercommunautaire, quartier Saint-Jacques ».

Les intentions se laissent facilement deviner. On communautarise, on ethnicise des actes de délinquance pour faire revenir le spectre d’affrontements souhaités en espérant créer un climat qui aura son utilité politique.

Justice serait de mettre dehors les deux fautifs ou de ne virer personne et dans les deux cas de donner aux lecteurs de La Clau des explications un peu plus sérieuses.

caudeville.jpg

Nicolas Caudeville sauvagement agressé en plein jour, place Rigaud, par une bande de nègres (scoop de Fabrice THOMAS).