Ambiance de lynchage, lundi soir, au conseil municipal de Perpignan. Que d’accusations déversées sur le maire et son équipe par Amiel-Donat, Codognès, Codognette, Gaspon, Vera… !

La présomption d’innocence est allègrement balayée. Pour eux, Alduy est coupable. Ce n’est donc pas la peine d’attendre la décision du Conseil d’Etat, ni le résultat de l’enquête judiciaire sur le bureau numéro 4.

Mais le respect de l’état de droit ? Pas besoin, les Perpignanais jugeront avec leur vote. Il y a une ambiance de révolution culturelle. Pour ceux qui prétendent parler au nom de tous les Perpignanais l’accusation vaut culpabilité.

Dans le climat d’excitation, un proche d’Amiel-Donat lâche « On va continuer de pourrir la vie à Alduy. »

La stratégie est évidente en effet. L’alliance socialo-communo-modemo-vert-catalaniste ne peut espérer emporter une éventuelle élection municipale qu’à la condition que le Front National soit assez fort pour être présent au second tour. La recette des triangulaires avec un FN qui préfère l’élection d’un candidat de gauche à celle d’un candidat de droite est éprouvée. C’est, par exemple, de cette façon que Jean Codognès a pu faire un mandat de député.

L’installation d’un climat délétère sur la ville va inévitablement favoriser le vote FN. Fin tacticien, Louis Alliot a encore une fois fait une déclaration mesurée. Il n’a pas besoin de jeter de l’huile sur le feu, la gauche le fait et travaille pour lui.

Alduy et son équipe peuvent-ils résister à l’instauration d’un climat irrespirable dont ils n’arriveront pas à se défaire ? Alduy souffre des accusations portées contre lui et cela se voit. Il n’est pas sans rappeler Dominique Baudis. Interrogé à la télé sur les graves accusations dont il faisait l’objet, l’ancien maire de Toulouse était si mal à l’aise que tout le monde, ou presque, en avait conclu qu’il était coupable. Quelques mois plus tard, la machination fortement suscitée et relayée par le journal La Dépêche s'effondrait et Dominique Baudis était totalement lavé de toutes accusations.

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