03nov 2008
Amiel-Donat vole au secours de Bourquin avec le concours du Dépendant
12:53 - Par Fabrice THOMAS - 2008
Le jour même où la presse annonçait que le procureur de la République avait requis 6 mois de prison avec sursis à l'encontre de Christian Bourquin, soit le double de la condamnation en première instance, Jacqueline Amiel-Donat faisait une conférence de presse sur l’affaire de fraude au bureau numéro 4 et plus particulièrement sur la situation judiciaire de Mimi Djoyas.
La meilleure défense étant l'attaque (ce que l'on semble ignorer chez Alduy) Amiel-Donat vole au secours de Bourquin. La menace de 6 mois de prison avec sursis qui plane au dessus de la tête du président du conseil général est un coup très dur pour la gauche vertueuse. Elle vient avec force rappeler à l'opinion publique que le chef de la gauche départementale et perpignanaise (Bourquin est le secrétaire de la section PS de Perpignan) n'est pas, loin s'en faut, un modèle de probité. Il est englué dans les affaires judiciaires.
Ce qui est étonnant c'est le traitement de cette information dans les colonnes du Dépendant du lendemain. La conférence de presse d'Amiel-Donat fait la une et occupe la page trois. Serge Bonnery, le chef de la locale, n'a pas un mot pour signaler que cette conférence de presse intervient le lendemain des sévères réquisitions contre Bourquin. Au contraire, son article commence ainsi : « Excédée par les déclarations de Jean-Marc Pujol dans L'Indépendant d'hier à propos de la démission de Mimi Tjoyas, deuxième adjointe de Jean-Paul Alduy, Jacqueline Amiel-Donat a décidé hier soir de révéler "ce qu'il y a vraiment dans le dossier de la fraude électorale qui a conduit le tribunal administratif à invalider les élections municipales de Perpignan. »
Ainsi donc Jacqueline Amiel-Donat a convoqué en urgence, et seule, une conférence de presse parce qu'elle était excédé par la réaction, d'ailleurs pas spécialement polémique de Jean-Marc Pujol à la démission de Mimi Djoyas. La complaisance du Dépendant à l'égard d'Amiel-Donat n'est certes pas nouvelle, mais là on est sur les sommets.
On ne peut pas s'empêcher de se demander si L'Indép n'a pas fait du zèle pour se faire pardonner la une de la veille et le compte-rendu du procès en appel d'Aix-en-Provence. L'article de Laure Moysset montrait que Bourquin avait passé un mauvais moment. Rien à voir avec celui paru le 1er novembre 2007, le lendemain du procès en première instance qui, lui, était on ne peut plus favorable à Bourquin et à Amiel-donat qui rappelons le est une protagoniste de cette affaire de faux dont Elie Puigmal n'est qu'une victime.
Laure Moysset n'est quand même pas allé jusqu'à rapporter certains propos très durs tenus par le procureur de la République pour qui les explications de Bourquin sont celles d'un « camelot de foire » (Reportage de Stéphanie Mora de France Bleu Roussillon).
Dans le papier qu'elle a signé le jour de l'ouverture du procès en appel, Laure Moysset apporte un argument inconnu jusque là : « Lequel aurait pu être amnistié de droit puisque les faits remontaient à 2001 et qu'il aurait pu ainsi bénéficier de la dernière loi d'amnistie ». Précisons à notre éminente consoeur que la dernière loi d'amnistie (élection présidentielle de 2002) excluait les délits "politiques" entrant dans le champ du code électoral. Si l'affaire avait été amnistiable, on ne voit pas comment Bourquin se serait retrouvé devant les tribunaux. Il est vrai que Bourquin se considère comme une victime de l'acharnement judiciaire.
Il se dit aussi victime de l'acharnement politique. Laure Moysset ne manque d'ailleurs pas de reprendre cette thèse en écrivant que l'affaire a été déclenchée par François Calvet. Le député maire du Soler l'avait certes inclus dans ses recours au tribunal administratif puis au Conseil d'Etat. Ce qui est bien la moindre des choses à partir du moment où il apprenait que son concurrent avait triché et fraudé sur ses comptes de campagne. Mais l'affaire est arrivé au pénal avec la fausse attestation (dont le modèle aurait été établit par maître Jacqueline Amiel-Donat) au bénéfice de Bourquin, recopié par Elie Puigmal qui quelques heures après se ravisait et allait ensuite voir le Procureur de la République.
Dans son sujet FR3 Pays Catalan a donné la parole au seul avocat de Christian Bourquin, Etienne Nicolau. Il est regrettable de ne pas avoir aussi entendu un autre point de vue, celui de maître Donnève avocat de Elie Puigmal ou celui de maître Domerg, avocat de François Calvet, partie civile.
Revenons aux "Révélations" de Jacqueline Amiel-Donat sur la fraude au bureau numéro 4. Il n'y a pratiquement rien derrière les gros titres de L'Indep. Nous prenons ces accusations avec les précautions avec lesquelles nous avons pris l'habitude d'accueillir les propos de l'avocate. On se souvient de son show devant toute la presse nationale le jour de l'élection du maire par le conseil municipal. Elle dénonçait, documents à l'appui, une fraude massive dans quatre bureaux. Les accusations étaient entièrement fantaisistes. A la suite des révélations sur l'itinéraire à l'extrême-droite du numéro 1 de sa liste, François Coll, Jacqueline Amiel-Donat avait invoqué son éducation anti-franquiste et le passé de son père dans les Brigades Internationales. Quelques confrères (Pas ceux du Dépendant. Ils n’ont même jamais évoqué l’affaire) et nous-mêmes avions mis Amiel-Donat au défit d'apporter la preuve de cet engagement dans les Brigades Internationales. Nous attendons toujours. Le père de l'avocate aurait, selon plusieurs sources, été dans l'armée coloniale.
On a jamais vu un adversaire de M. Bourquin agir comme Madame Amiel-Donat. Et si demain l'un d'entre eux faisait une conférence de presse pour révéler le contenu de la mise en examen de Christian Bourquin dans la lourde affaire de favoritisme sur les marchés de communication du conseil général, on est certain que Le Dépendant trouverait à juste titre à redire sur le procédé.
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