23nov 2008
Perpignan : A propos d'une campagne de communication politique payée par le contribuable
18:29 - Par Fabrice THOMAS - 2008
Christian Bourquin a, jeudi (20-11), convoqué la presse pour dénoncer "la censure", "les voyous" et "une campagne de sabotage". Il réagissait au retrait, à la demande de la mairie de Perpignan, des affiches publicitaires d'une campagne de communication du conseil général.

Découvrant cette campagne en début de semaine, nous étions restés devant le panneau sans comprendre. Le bandeau en haut à gauche qui attire tout de suite l'œil faisait penser à une campagne de la ville de Perpignan. Mais en bas, le logo du conseil général signait l'affiche. Le message "Où vont vos impôts locaux ? " avec en dessous un camembert laissait dubitatif. Que voulait dire le conseil général ? Communiquait il sur les impôts locaux payés par les Perpignanais ? Si oui en quoi cela concernait le conseil général ?
Voulant le lendemain de sa découverte photographier la curieuse affiche, nous constatons avec surprise qu'elle n'est plus sur le panneau et qu'elle n'a d'ailleurs pas été remplacée par une autre. Le panneau est vide. Bizarre. Nous en avons conclu qu'il se passait quelque chose. Impression renforcée par l'impossibilité d'obtenir une explication auprès de l'afficheur Clear Channel.
Nous avons fini par apprendre que la mairie de Perpignan était intervenue auprès de Clear Channel en demandant la dépose de l'affiche. L'argumentation reposant sur deux points. - Le respect de la convention (signée entre les deux parties) qui prohibe l'affichage à caractère politique… - La confusion sur le commanditaire de cette campagne et l'inexactitude des chiffres accompagnant le camembert.
Par ailleurs, dans un courrier, Marcel Zidani, maire-adjoint, s'adressait à la communauté d'agglomération Perpignan Méditerrannée. C'est elle qui exerce la compétence transport. A la suite de quoi François Rallo, vice-président délégué aux transports, est intervenu auprès de Métrobus pour demander à l'afficheur de respecter la convention et en particulier la restriction concernant l'affichage politique.
Les deux afficheurs ont sans le moindre début de contestation procédé au retrait immédiat des affiches sur l'ensemble du territoire de la ville et sur les bus de la CTP.
L'Indépendant n'a pas jugé utile de donner ces informations aux lecteurs. Il s'est appuyé en grande partie sur la version de Christian Bourquin (article d'une page le 21 novembre).
Certes la gauche perpignanaise se place dans l'éventualité d'élections municipales l'été prochain, certes Christian Bourquin n'a pas de limite… Mais de là à financer une campagne de communication politique sur Perpignan avec l'argent du conseil général !!!
Coût : 15 000 € de location d'espace indique L'Indép. Il faut ajouter les honoraires de l'agence de publicité du conseil général (Synthèse qui s'est transformée en Sens Inédit) et l'impression des affiches. Donc pas loin de 20 000 €.
Tout cela pour dire que la ville de Perpignan absorbe la part la plus importante des impôts locaux. Mais comme toujours avec Bourquin le message est truqué. Les budgets des collectivités territoriales ne sont pas uniquement constitués des impôts locaux. Au chapitre des recettes importantes, il faut par exemple ajouter les dotations de l'Etat. Comme l'a dit un jour Noël Mamère, la propagande ne se soucie ni de vérité, ni de morale.
Ici la médiocrité et la bêtise se rassemblent dans un nom : Christian Bourquin.