08dec 2008
Le "35" se saborde !
22:28 - Par Fabrice THOMAS - 2008
L'Indép de ce samedi (6 décembre) a versé des grosses larmes sur la cessation d'activité du "35", ( Objectif Jeunes : plate-forme de projets et de libre expression) : "Une page de Perpignan vient de se tourner. A jamais"
Sortez vos mouchoirs.
Qui encore va pleurer ? Les jeunes ? Ce serait drôle. Car le 35 disparaît d'abord et surtout faute de participants. Le vrai problème est là. Mais personne n'en parle. Pourquoi ce tabou ?
Les principales activités du 35 (quai Vauban) étaient tournées vers "L'expression des jeunes" avec Radio Zygomar, Le journal du 35 et Les murs du 35 (hall d'expo). Elles n'ont pas suscitées un grand engouement. C'est le moins que l'on puise dire.

Peu de jeunes intéressés par la participation active à Radio Zygomar et un public quasiment inexistant. Pourquoi ce manque d'intérêt ? Quand il y avait cinq invités dans une émission, il y avait plus de monde devant le micro que derrière le poste.
Voulant faire un papier sur le numéro 100 du journal du 35 (en 2007), nous avions rencontré l'équipe de jeunes journalistes. Résultat : trois lignes sur le bloc notes. C'était toujours les mêmes qui se collaient à faire les articles et plus de la moitié et les plus importants de ceux du numéro 100 avaient été écrits par Gaël Roé qui n'était pas présent ce jour-là. Côté lecteurs. Nous avons fait passer le journal à cinq jeunes de profil assez différents. Réaction unanime "ça m'a pas intéressé".
Le 35 reposait sur un modèle porté par des associations d'éducation populaire ayant une démarche idéologiquement très marquée : antiracisme, devoir de mémoire, anti Lepénisme… Le journal du 35 est bien sur devenu anti-Sarko après l'élection présidentielle de 2007… Sarko super vedette du numéro 100. Education populaire ou éducation politique ? La citoyenneté ne peut elle se construire qu'autour d'idées de gauche ? Curieuse conception de la démocratie.
Trop marquée idéologiquement, la démarche du 35 excluait les jeunes qui ne s'intéressent pas à la politique et les jeunes n'ayant pas une sensibilité de gauche. Penser la politique dans la cité en fuyant le pluralisme tout en ayant un discours de tolérance tout azimut… Etonnante démarche…
Il ne suffit pas qu'une radio ou un journal soit fait par des jeunes pour qu'ils intéressent ce public. La qualité des contenus aurait dut être au rendez-vous.
L'échec du 35 implique en premier lieu tous ceux à qui les financeurs (la ville de Perpignan étant de très loin le plus important) avaient donné les clefs du camion : CEMEA, FRANCA, Léo Lagrange, Planning Familial (Assos d'éducation populaire), Jean-Louis Duhale, le coordinateur qui a fait fonction de directeur pendant 13 ans. Précisons que le 35 était une association 1901 gérant un budget de plus de 350 000 € et qui salariait 4 personnes.
Le bilan du 35 comporte sans aucun doute des aspects positifs. Ils sont nombreux. Mais ils ne doivent pas servir à masquer l'ampleur de l'échec.
La fermeture du 35 mériterait un débat. Mais comme il n'y a personne pour l'organiser…
Le BIJ, Bureau Information Jeunesse, logé au rez de chaussée du 35, est une structure différente qui, elle, poursuivra son activité...Dans d'autres locaux.