10dec 2008
Marie-Cécile Pons voulait plumer La Semaine du Roussillon
11:26 - Par Fabrice THOMAS - 2008
Après la perte de son siège à quelques voix près, huit seulement, l'ex-conseillère générale du centre ville, Marie-Cécile Pons, a poursuivi La Semaine du Roussillon qui par erreur avait écrit qu'elle avait été membre du Front National.
La dame alla jusqu'à considérer que l'article avait entraîné la perte de son siège et que La Semaine du Roussillon lui devait réparation du préjudice subit. Dans la citation au tribunal correctionnel, dont il était destinataire, l'hebdo se voyait réclamé des dommages pharaoniques correspondant à six années d'indemnités de conseillère générale. Fichtre quelle somme ! 1800 X 12 X 6 = 129 600 euros.
Si Marie-Cécile Pons n'était pas membre du Front National, elle n'en avait pas moins adhéré à ses thèses. Ejectée de la liste de Paul Alduy après un mandat, elle avait, lors des municipales de mars 1989, rejoint la liste de Pierre Sergent, sur laquelle elle occupait la seconde place. La candidate défendit la "préférence nationale" si chère à Le Pen. Et Pierre Sergent déclara s'être assuré que Marie-Cécile Pons souscrivait aux trois priorités du FN : la préférence nationale, la sécurité et le rétablissement de la peine de mort. Elue, Marie-Cécile Pons siégea dans le groupe FN.
La dame revint plus tard vers la droite et se fit élire conseillère général du centre ville. Elle occuperait encore ce poste si elle n'avait pas succombé aux sirènes du Bourquinisme. Une attitude qui conduisit l'UMP à lui opposer un candidat, ou plutôt une candidate, Véronique Vial-Auriol qui lui ravit le siège au printemps dernier. Elle l'emporta malgré, ou à cause du soutien qu'au second tour le PS apporta à Marie-Cécile Pons. Cette dernière n'avait pas prévu que nombre d'électeurs de gauche refuseraient d'aller voter pour elle en raison de son passé d'élue FN et que quantité d'électeurs de droite se sentiraient trahis par le soutien que la gauche apportait à sa candidature.
L'ancienne conseillère générale avait fait appel à un collaborateur de Jacqueline Amiel-Donat, maître Guillaume Pastoret-Sabirou, qui n'a pas la réputation d'être pointu en matière de diffamation. La Semaine fut, elle, brillamment défendue par Pierre Becque, qui, lui ,est un spécialiste reconnu de cette procédure.
Pour maître Becque, il ne pouvait pas y avoir diffamation, car il n'est pas diffamatoire de dire d'une personne qu'elle est membre du Front National, parti politique reconnu. S'appuyant sur des articles de presse de l'époque, l'avocat apporta par ailleurs, de nombreuses preuves des liens de madame Pons avec le FN.
Comme quelques autres (Amiel-Donat, Malepeyre) Marie-Cécile Pons a, sans changer d'opinion, emprunté le passage secret qui mène de la droite la plus à droite au Bourquinisme. Nous n'irons pas jusqu'à écrire qu'elle est membre du PS. Mais peut-être qu'un jour prochain, elle recevra sa carte par la poste sans l'avoir demandée C'est ce qui lui était arrivé avec celle de l'UMP, quelques mois avant les cantonales (C'est ce qu'elle avait expliqué).
Le tribunal ayant relaxé la Semaine du Roussillon, madame Pons n'a même pas obtenu six sous.
Attaquer un journal en tapant à la caisse ne relève pas d'une conception très démocratique de la vie politique. Mais madame Pons l'ignorait certainement. Où l'aurait elle appris ? Pas au Front National. Ni en fréquentant les Bourquin et consort.