La situation financière de l'hebdomadaire est en grande partie due à l'ostracisme que le patron des socialistes catalans lui fait subir depuis des années. La Semaine du Roussillon est en effet privée de la publicité et des annonces légales du conseil général, de tous ses satellites et des mairies socialistes. Même régime avec le conseil régional. Frêche semblait décidé à communiquer dans les pages de La Semaine et d'autres titres, mais Christian Bourquin a mis son veto.

Avec la montée en puissance de leur budget de communication et d'achat d'espace, les collectivités territoriales sont depuis une décennie devenues les premiers annonceurs des P-O. Les deux plus importants étant le conseil général et le conseil régional. La mairie de Perpignan arrive loin, très loin derrière. Ce qui ne la met pas à l'abri des critiques.

Les budgets d'achat d'espace sont de toute évidence largement utilisés pour obtenir un traitement rédactionnel favorable. On récompense les gentils et on punit les méchants.

Pas besoin de faire de longs développements sur les conséquences graves de cette situation. Le sujet est, en plus, couvert par la loi du silence. Ceux qui se gavent ne veulent pas avoir l'air d'être achetés et ils se réjouissent d'avoir la plus grosse part du gâteau, ceux qui sont mis au régime sec ne veulent pas aggraver leur cas.

Si l'on n’accepte pas que l'argent public serve à domestiquer la presse et à tuer la démocratie, il n'y a pas d'autre choix que de prendre les lecteurs à témoin de la situation. C'est ce que va faire perpignan-toutvabien tout au long de l'année 2009. C'est certes encore un combat de plus contre les moulins à vent.

Mais il est indispensable de mettre ce sujet sur la place publique. Il faut traiter nos lecteurs comme des citoyens adultes. Même si l'on sait qu'il ne faut pas attendre des miracles de ce côté là. Le fatalisme et la résignation sont tellement forts, la culture démocratique et l'aspiration au pluralisme si faible…

Mais si la masse est inerte. Il reste quand même que de nombreux lecteurs aspirent à une information indépendante. L'audience de perpignan-toutvabien est là pour en témoigner. Cela dit, la solution ne viendra pas d'internet. Surtout tant qu'il n'y aura pas de modèle économique autre que celui dont les recettes viennent de la publicité.

Revenons à La Semaine du Roussillon. Alors que la presse quotidienne n'en finit pas de perdre des lecteurs, la presse hebdomadaire a, elle, ces dix dernières années au niveau national, vu ses ventes très fortement progresser.

Les non lecteurs de l'Indépendant étant plus nombreux que les lecteurs, il y a donc théoriquement un boulevard pour La Semaine.

La Semaine du Roussillon offre un large tour d'horizon de l'actualité départementale dans lequel on retrouve tous les grands sujets traités par l'Indépendant. On y trouve un dossier thématique et un bon nombre de pages consacrées à la vie culturelle et aux loisirs. Le titre idéal pour être bien informé en achetant un seul journal par semaine au tarif de 1,50 € avec un magazine de programme télé.

Les lecteurs qui ont accès à plusieurs médias et qui se considèrent plutôt bien informés reprochent fréquemment à La Semaine de ne pas leur apporter beaucoup plus. Critique pas vraiment fondée, mais suffisamment récurrente pour montrer qu'il y a des attentes et que l'hebdo peut faire mieux pour ses lecteurs-là.

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