29jan 2009
Les bornes du président Bubu : de plus en plus fou !
03:37 - Par Fabrice THOMAS - 2009
Quelle n'a pas été la surprise de François Liétta, président de l'association Poletudiant en découvrant dans son courrier une lettre signée de Jacques Martin, directeur des routes du conseil général, réclamant 713,70 € à son association en paiement de l'enlèvement d'affiches qui « a mobilisé deux agents, chacun équipé d'un camion et d'un karcher pendant une demi-journée, le vendredi 9 janvier au matin. »
Le président de l'association reconnaît d'autant plus facilement la paternité d'un collage d'affichettes sur les bornes de Bourquin qu'il avait pris soin de mettre en signature www.poletudiant.fr. Mais il précise que ne souhaitant pas dégrader le support, ses amis et lui ont collé les affichettes avec du scotch et que l'opération s'est limitée à une douzaine de bornes situées sur les entrées de Perpignan les plus proches de l'université. Et François Liétta produit des photos qui le prouvent.

Mais l'affaire ne s'arrête pas à cette facture. Le conseil général a confié le dossier à maître Etienne Nicolau. Il fallait au moins faire appel à une vedette du barreau de Perpignan pour traiter une aussi grosse affaire. Celui-ci a commencé par faire une sommation interpellative par voie d'huissier. Un acte qui doit se payer autour de 500 €. Quant aux honoraires de maître Nicolau… On vous laisse imaginer.
Le conseil général se réfère au code de la route en indiquant que les affiches ont été apposées sur des signaux réglementaires. Ce qui n'est pas exact. Les bornes de Bourquin ne sont que des supports de communication installés aux entrées de Perpignan.
Il faut souligner que le conseil général n'a pas une conduite exemplaire en matière de propreté et de respect du mobilier urbain et des panneaux routiers. Au moins une fois par an, on trouve dans le magazine du conseil général, L'accent Catalan une planche d'autocollants (impression très coûteuse) avec le logo du conseil général et contre la THT. Adhésifs que l'on retrouve collés partout dans l'espace public.
Lors des dernières élections prud'homales en décembre dernier, plusieurs syndicats, et surtout la CGT ont couvert d'affiches et peint des graffitis tous les supports qui leur tombaient sous la main. Le conseil général a-t-il envoyé la douloureuse à la CGT ? On en doute. Mais si le conseil général a besoin de photos de ronds-points et ponts du réseau départemental peints et recouverts d'affiches, nous pouvons lui en fournir de nombreuses.




Le conseil général est en la matière aussi sélectif qu'avec le paiement des journées de grève. Lorsqu'il y a une grève nationale, le conseil général ne retire pas la journée de salaire aux personnels grévistes. Autant dire que dans ces conditions ils sont nombreux. Mais les salariés des services sociaux du conseil général qui ont fait grève contre le manque de personnel n'ont pas été payés des jours de grève. Ce qui est d'ailleurs normal. « Tu fais grève contre Sarko, tu es payé, tu fais grève contre Bourquin, on te le fait payer », commente une syndicaliste du conseil général.
Il n'y a aucune raison pour que l'association d'étudiants paie la facture. De toute façon, elle n'a pas un sous en caisse. Et puis autant que l'équipe qui tourne pour surveiller les bornes du président Bubu serve à quelque chose.
Ira-t-on vers un procès ? La bêtise, n'ayant pas de bornes, tout est envisageable. Surtout lorsqu'un crime de lèse majesté a été commis.