A en croire Jacqueline Amiel-Donat les poursuites en diffamation visant ses accusations de fraude massive étaient diligentées par le procureur de la République.

C'est ce que l'on pouvait lire dans L'Indép du 22 janvier: "C'est suite à un réquisitoire introductif daté du 2 décembre 2008 du Procureur de la République de Perpignan, et non après un dépôt de plainte, que Jacqueline Amiel-Donat est convoquée. Elle risque d'être mise en examen pour diffamation." Le papier est signé des initiales S.B. (Serge Bonnery , chef de la locale)

Ces déclarations nous ont quelque peu perturbés. Ne pensant pas à mettre leur sincérité en doute, nous ne comprenions pas que le procureur ait pris l'initiative de ses poursuites.

Il nous a fallu du temps pour arriver à y voir clair.

Jacqueline Amiel-Donat est bien convoquée par un juge d'instruction dans une affaire de diffamation, mais pas à l'initiative du parquet du tribunal d'instance de Perpignan. Uniquement à la suite d'un dépôt de plainte avec constitution de partie civile. Plainte déposée par maître Jean-Jacques Pons à la demande de Jacques Deloncle.

Une plainte avec constitution de partie civile ne pouvant pas être classée, le procureur de la République n'a joué qu'un rôle passif.

Rappelons que Jacques Deloncle, fonctionnaire municipal, qui comme d'autres cadres municipaux, présidait un bureau de vote, avait nommément été mis en cause par madame Amiel-Donat lors du premier conseil municipal après les élections du printemps dernier :"bureau numéro 19, présidé par M. Jacques Deloncle, 49 bulletins de plus qu'il n'y a d'émargements."

Avant d'être abandonnées par la candidate, les accusations de fraude massive organisées et de bourrages d’urnes portant sur 253 bulletins dans 4 bureaux de vote avaient largement été relayés par tous les médias nationaux, démultipliant ainsi l'effet médiatique de la chaussette et de la fraude du bureau numéro 4.

Le blog de Jacqueline Amiel-Donat apporte la preuve que L'Indép n'a pas fait d'erreur en rapportant les propos de la conseillère municipale socialiste, on y lit à la date du 22 janvier :"En matière de diffamation en effet, le ministère Public avait coutume de considérer que ce type de litige relevait des relations entre personnes, celles dont l'honneur serait bafoué et celle qui en serait l'auteur… Bon. Pour moi, c'est pas pareil et on fait une exception. Je suis donc convoquée aux fins d'être mise en examen pour diffamation à la demande (réquisitoire introductif) de Monsieur le Procureur de la République de Perpignan. Mais je dois avouer que je suis surprise quelque part de constater qu'avec 34 906 crimes et délits recensés dans le département en 2008, Monsieur le Procureur ait pris le temps de s'occuper de ce que j'avais déclaré lors de l'installation de Jean-Paul Alduy et son équipe à la mairie en mars dernier. Je constate cependant que je n'étais pas la seule à parler ce jour-là et pourtant, encore une fois, je suis la seule opposante à Jean-Paul Alduy et son équipe, à faire l'objet de telles attentions. Cherchez l'erreur…"

Il faut en effet noter que lors de ce premier conseil municipal, J. Amiel-Donat fut seule à lancer des accusations de fraude électorale massive. Pas un mot dans le discours de Codognès, pas un mot non plus dans celui de Ripoull. Même comportement, devant la presse à la sortie du conseil.

Interrogé par nos soins, le procureur de la République Jean-Pierre Dreno, exprimait son grand étonnement en rappelant que l'avocate qu'était Jacqueline Amiel-Donat n'ignorait rien de la procédure. A propos de la fréquente contestation de l'institution judiciaire par les hommes politiques locaux, il ajoutait : "ici c'est pire que sur la Côte d'Azur".

Qui visait il ?

Nous rappellerons que Bourquin est le grand spécialiste de cette pratique. Depuis des années, il jette systématiquement le discrédit sur les décisions judiciaires qui ne lui sont pas favorables. Critiquer la justice avec des arguments est une chose. Dénigrer l'institution judiciaire, saper la crédibilité de ce pilier de la démocratie quand ses décisions contrarient les intérêts de tel ou tel homme politique, en est une autre, pleine de dangers.

Pourquoi Jacqueline Amiel-Donat se met elle en scène en victime de l'acharnement du procureur ? Pour protéger son compagnon qui est au centre d'une lourde affaire de favoritisme dans l'attribution de marchés publics ? Une affaire d'autant plus menaçante qu'une condamnation pourrait entraîner la révocation du sursis assorti à sa condamnation à trois mois de prison. Peine déjà lourde et quasiment infamante pour un homme politique.

Agit elle ainsi parce que cette affaire de diffamation l’inquiète ? C’est concevable. Elle sait mieux que quiconque que ses accusations de fraude massive étaient totalement fantaisistes. Être poursuivie, mise en examen, et surtout être rattrappée par ses lourds mensonges, risque d'atteindre sa crédibilité.

Même si cela répond chez elle à un profond besoin, Amiel-Donat ne fait jamais la guerre sans avoir un objectif.