06mai 2009
La candidature d’Henri Carbonell sonne le glas…
02:51 - Par Fabrice THOMAS - 2009
Ce n’était pas la première fois qu’ Henri Carbonell menaçait de conduire une liste aux municipales. Alors, on s’est dit que l’ancien entrepreneur de Pompes Funèbres négociait son maintien à un poste d’adjoint. Mais voilà qu’il passe à l’acte. Lui qui disait faire son dernier mandat de conseiller général sur le canton de Saint-Jacques... Certes, là encore, on le prenait à la légère. Même fatigués, les hommes politiques s’accrochent à leur mandat électif. Alors quand ils sont en forme, comme Henri Carbonell, fringuant presque septuagénaire, l’avenir leur appartient. « Henri » comme l’appelle de nombreux Perpignanais est né en 1942, comme Jean Paul Alduy qui fête ses 67 ans le 7 mai.
Henri Carbonell est probablement l’homme politique le plus populaire de cette ville. Il a rendu service à la moitié des habitants et plus encore sur son canton de Saint-Jacques. Clientéliste pour ses adversaires, pour d’autres il est celui que l’on va voir ou que l’on appelle pour n’importe quel problème et qui souvent trouve une solution.
Car qui dit "Carbonell" dit "Saint-Jacques", dit "gitans", dit "clientélisme". Le conseiller général maire-adjoint ne nie pas avoir fait embaucher des gitans à la mairie de Perpignan. Pour lui, un gitan qui travaille c’est comme pour toute autre Français un homme qui est inséré socialement, qui fait vivre sa famille de son salaire et qui donne un bon exemple à ses gosses. C’est autre chose que de vivre de l’assistanat, ce qui débouche souvent sur des conduites marginales. Le clientélisme, c’est un sujet que j’avais abordé avec Henri Carbonell, il y a quelques années, lors d’un entretien de plusieurs heures dont j’ai ressorti les notes.
Clientéliste ? La réalité est souvent plus complexe que les clichés. Henri Carbonell a passé sa jeunesse à Saint-Jacques, puis il a travaillé rue Llucia, il était apprenti apothicaire dans la pharmacie Deloncle. Il a fait carrière dans les pompes funèbres et a beaucoup travaillé avec les gitans. Pas une seule famille gitane ne lui a laissé une ardoise insistait-il.
En 1993, il est élu sur la liste de Jean-Paul Alduy. Quand plus tard l’enfant du quartier se présente sur le canton, il profite de ce gros capital de notoriété et de sympathie. Le candidat de la mairie est facilement élu.
Le clientélisme est autant dans la tête de ceux qui sollicitent « Henri » que dans la sienne. Les gens sont en grande majorité naturellement reconnaissant et considèrent qu’ils ne peuvent pas ne pas voter pour celui qui leur a rendu service. C’est humain ! Tout cela pour dire que l’on n'est pas dans le marchandage que certains décrivent, frigos, scooters et autres légendes. Certes, les gitans et c’est Henri Carbonell qui le dit, sont très demandeurs.
On ne peut pas parler d’Henri Carbonell sans évoquer son appartenance maçonnique… à la GLNF. Obédience dont le nom revient sans cesse dans l’actualité dans des dossiers d’affairisme. Figure de la maçonnerie locale, il a exercé des responsabilités régionales et nationales. Il est à l’origine de la création de la fameuse loge de Girona. Son CV maçonnique est bien rempli. Et les affaires ? On le dit plus intéressé par les rites ésotériques que par l’affairisme. Il est vrai qu’il n’a aucune gamelle si ce n’est une vieille histoire d’espionnage d’un concurrent chez qui il avait été posé un micro… qui n’avait pas fonctionné. Henri Carbonell avait été relaxé. Il y a quarante ans de cela.
Au-delà des voix, sans doute nombreuses, dont elle pourrait priver Alduy si elle allait jusqu’au bout, la candidature d’Henri Carbonell porte un rude coup à l’ex-maire. Troublé par les évènements et par le comportement de Jean-Paul Alduy depuis l’annulation des élections municipales par le Conseil d’Etat, les alduystes ont été secoués par l’annonce de la candidature de ce pilier, de ce fidèle. D'autant que dans le même temps, il est de plus en plus sérieusement question d’une mise à l’écart de Fabrice Villard, un autre élément clef, certes beaucoup moins important, mais il a quand même été le plus proche collaborateur du maire depuis plusieurs années.
(PS : Je précise qu’Henri Carbonell ne m’a jamais rendu service et que je ne suis pas chez les frangins.)