14mai 2009
Fabrice Villard : la mairie c’est fini !
04:22 - Par Fabrice THOMAS - 2009
Si dans ses déclarations à la presse Fabrice Villard (secrétaire départemental du Parti Radical, ex maire-adjoint, ex directeur de cabinet d’Alduy à l’agglo) écarté de la liste en cours de constitution joue l’apaisement en déclarant : « Il ne servirait à rien maintenant de rappeler les animosités passées. L’heure est à l’union et à la campagne » (Indép, 13 mai). Le dauphin d’Alduy n’a en réalité pas digéré sa sortie. Cette éviction met fin au projet qu’il avait avec son mentor de s’installer dans le fauteuil de maire en cours de mandat.
Et comme le montre le SMS qu’il a, le 12 mai, envoyé au membres du Parti Radical, Fabrice Villard a envie d’en découdre avec ceux qu’il considère comme les responsables de sa chute : « Cher(e)s ami(e)s, nous avons besoin de nous retrouver le lundi 18 mai à 18h30 au restaurant le clos des lys à Perpignan, en présence de Jean-Paul Alduy. Si la politique ne s’embarrasse pas de sentiments, j’ai personnellement beaucoup de choses à vous expliquer. Ma décision est lourde de responsabilité, notamment vis-à-vis de vous, mais je ne suis pas de ceux qui colportent, salissent, diffament, trahissent ou divisent. Je pense à vous, à Perpignan et surtout à l’avenir. Je compte sur vous, sur votre soutien, votre présence à mes côtés et la mobilisation de vos relations pour lancer cette nouvelle campagne électorale et construire ensemble la victoire. Je suis fier de votre amitié et de votre confiance. Je ne vous décevrai pas, je m’y engage. Fabrice Villard."
Y aura-t-il lundi prochain lavage de linge sale en famille et publiquement ? En tous cas Fabrice Villard promet une explication. Sur son blog Jean-Paul Alduy annonce sobrement cette réunion publique : « Une dernière info : je serais au restaurant le Clos des Lys le lundi 18 mai à 18h30, et je compte sur vous pour être à mes côtés ». Mais chez les Alduystes on mobilise. Il y aura du monde!"
Dans son message, l’ex directeur de cabinet de l’agglo dénonce : « ceux qui colportent, salissent, diffament ». Il est en effet victime de rumeurs persistantes mettant sa probité en cause. Depuis qu’il a été écarté de la nouvelle liste, il y a quelques jours, la rumeur a encore enflé. C’est la mise en œuvre du bon vieux principe il n’y a pas de fumée sans feu.
Les causes de la sortie de Fabrice Villard ne sont pas encore précisément connues. Mais une chose est sure, il a de nombreux ennemis.
Fabrice Villard entretient des relations difficiles avec les responsables départementaux et nombre d’élus de l’UMP. Ces derniers ont tous en mémoire l’humiliation qu’il leur a fait subir lors du grand rassemblement de présentation de la candidature de Jean-Paul Alduy en décembre 2007 en leur disant : « Vous ne nous aimez pas, mais nous on vous aime », une phrase unanimement interprétée comme voulant dire on ne vous aime pas non plus. Cette déclaration d’hostilité avait jeté un grand froid sur la salle du palais des expositions. Surtout que prenant la parole juste après, Alduy qui ne voyait ces élections que comme une simple formalité expliquait qu’il n’avait pas besoin de l’UMP et qu’il composerait la liste à sa guise avec l’envie de se faire plaisir.
Le plus proche collaborateur d’Alduy dirige le Parti Radical, parti rattaché à l’UMP, mais ayant un fonctionnement autonome. Il est, dans les P.-O., le parti d’Alduy. Une situation peu appréciée par les responsables départementaux de la formation Sarkozyste.
Fabrice Villard a, en 2008, fait son entrée dans l’équipe municipale en devenant maire-adjoint chargé du logement, mais sans abandonner son poste de directeur de cabinet de l’agglo Perpignan-Méditerranée. Une situation qui a créé des tensions, plusieurs maires de droite parmi les plus influents, étant opposés à ce cumul, il est vrai problématique, tant la mairie de Perpignan et l’agglo sont proches. Il faut rappeler qu’un salarié d’une collectivité territoriale n’est pas éligible en son sein. Le législateur va, un jour ou l’autre, rattraper son retard et ajouter à la loi un nouveau cas d’inéligibilité qui selon les principes fondamentaux de la séparation des pouvoirs semble s’imposer. Dans l’Indép, Fabrice Villard a déclaré à Josiane Cabanas : « Il y avait une incompatibilité, même si c’était parfaitement légal, dans le fait que je sois à la fois le 2e adjoint de Jean-Paul Alduy, son chef de cabinet à l’agglo et son proche conseiller. Même si je n’ai pas démérité dans ma délégation, j’ai accepté de me mettre en retrait de la liste ».
Il est de notoriété publique que le courant passe mal, voire très mal entre Fabrice Villard et plusieurs piliers de l’équipe Alduy, au premier rang desquels, le premier-(ex)adjoint Jean-Marc Pujol.
La rumeur est un poison contre lequel celui qui en est victime ne peut pas faire grand-chose. Mais on n'imagine pas Jean-Paul Alduy décidant sur la base de rumeurs (aussi fortes soient elles) d’interrompre la carrière politique de son poulain. Alduy avait de bonnes et fortes raisons d’agir ainsi, mais lesquelles ? Epilogue de la lutte des dauphins ? Règlement de comptes au sein de l’UMP? Doutes sur la probité de Fabrice Villard ?
Nous y reviendrons, le sujet est loin d’être clos. Jean-Paul Alduy ne semble toutefois pas retirer sa confiance à Fabrice Villard, il l’a en effet nommé directeur de campagne.