Première déception : ce documentaire n’est pas une enquête sur le flagrant délit de fraude électorale survenu en plein dépouillement du second tour des élections municipales de 2008 au bureau numéro 4. C’est dommage car il va sans doute se passer encore un an peut-être deux, voire plus, avant que l’affaire soit jugée et que les Perpignanais sachent ce qui c’est vraiment passé.

Il est profondément regrettable que la vérité ne soit pas connue avant que les Perpignanais retournent aux urnes.

La décision du Conseil d’Etat s’appuie sur celle du tribunal administratif. Mais les deux juridictions ce sont prononcées sur des faits mal établis et à partir des seuls éléments remis par les auteurs du recours et des mémoires en défense de la partie adverse. Les magistrats du Conseil d’Etat étant tout aussi ignorants que vous et moi des premiers résultats de l’enquête judiciaire en cours.

La décision du Conseil d’Etat est, de manière évidente, davantage le résultat du considérable écho médiatique de la fraude à la chaussette que des faits eux-mêmes. (Nous ne voulons pas minimiser leur gravité). Si le Conseil d’Etat n’avait pas annulé l’élection, il aurait été accusé d’avoir pris une décision politique pour protéger l’UMP etc… Rien ne le démontre mieux que le jugement lui-même. Il se fonde sur une « fraude massive » au bureau numéro 4, fraude massive dont le jugement n’apporte pas la preuve.

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Légende : Guillaume Clavaud « plante » le décor politique.

Dans cette affaire la campagne médiatique est déterminante. Pourtant, le documentaire ne s’y intéresse pas. C’est la seconde déception.

Rien sur toutes les fausses accusations dont Jacqueline-Amiel-Donat a, pendant huit jours, abreuvé les médias nationaux, comme les soit disant centaines de fausses procurations ( L’article du Canard enchaîné est un collector. Mais si l’hebdo satirique était le seul à ne pas avoir vérifier les accusations...). Absente aussi, cette incroyable première séance du conseil municipal lors de laquelle Jacqueline Amiel-Donat copies de listes d’émargements en mains, brandit les preuves de fraudes massives dans quatre bureaux de vote devant des dizaines de journalistes.

C’est un moment capital de la campagne médiatique. Et en plus le numéro de Jacqueline Amiel-Donat était complètement bidonné. Cette redoutable guerrière peut énoncer les plus gros mensonges avec un tel aplomb qu’elle n’est jamais soupçonnée de falsifier les faits. Hors là, elle a fait un faux ! Un faux à 100 %.

Les tanks et les fusils...de Bourquin

La troisième déception n’est pas moins forte. On s’attendait à voir ce moment dont tout le monde a entendu parlé et dont beaucoup ont entendu le son sur France Bleu Roussillon quand, devant l’hôtel de ville, Christian Bourquin part dans un délire qui finit en apothéose. La voix remplit de sanglots il dénonce « Les tanks et les fusils de monsieur Alduy ». Joan Lopez et sa caméra étaient là puisque l’on voit le début de l’intervention du président du conseil général.

Alain Tarrius, universitaire, sociologue, est interrogé. Il est forcément impartial… puisqu’il était sur la liste de Jean Codognès. Ce que le documentaire oublie de préciser. Que dit il de la fraude à la chaussette ? « Petit fait insignifiant en quelque sorte dans sa réalité qui renvoie à des problèmes fondamentaux de trucage de la vie citoyenne perpignanaise ». Quels trucages ? On n’en saura rien.

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Légende : Que vient faire en début de film, dans la période pré-électorale, cette scène avec Frêche tournée plusieurs mois après les élections lors de l'inauguration du site de Paulilles ? Si on utilise des images postérieures ou hors contexte, la règle est de l'indiquer. Même chose avec des images d'Alduy.

Le documentaire contient nombre d'accusations proférées par de simples quidams. Procédé des plus contestables.

Tous contre Alduy !

La ligne de défense d’Alduy subit un copieux tir d’artillerie. Exemple avec l’intervention de Dominique Sistach, de la fac de Perpignan : « En jouant la seule carte victimaire, sans véritable argument de fond et de fait, il me semble (Alduy), aller tout droit dans le mur, parce qu’il est très difficile d’être pris, entre guillemets, même si ce n’est pas sa propre main, mais en tout cas la main de quelqu’un de son parti, de son groupe, dans le sac et de dire de l’autre côté je suis une victime. Où alors ça voudrait dire que Garcia est un espion et qu’il est envoyé par Jacqueline Amiel-Donat. Mais alors là on rentre dans la science fiction, même on est plutôt dans la pulp fiction, littéralement, c’est le mauvais roman de gare. »

Sistach nous avait habitué à des raisonnements plus solides. C’est facile, c’est de la réthorique de bistrot de gare.

Gérard Marty, le rédacteur de France Bleu Roussillon, va dans le même sens. Ils refusent d’envisager que Jean-Paul Alduy ait put être victime d’un incontrôlé, d’un abruti qui ait fait n’importe quoi. Le président du bureau de vote étant nommé pour le maire, le maire est coupable. Comme si Alduy c’était personnellement occupé du choix des soixante-six présidents de bureau de vote. C’est un travail dont ses collaborateurs se sont chargés.

On verra ce qui sortira de l’enquête judiciaire. Mais en attendant, en l’état actuel de la connaissance que les journalistes ont de l’affaire, rien absolument, rien ne permet de faire remonter l’affaire de fraude jusqu’à la Loge. Il aurait fallut que cela soit dit. Certes Alduy porte la responsabilité de ce qui c'est passé car c'est lui en tant que maire qui était le garant de l'organisation et du bon déroulement du scrutin.

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Légende : Jean-Paul Alduy entre Fabrice Villard et Jean-Marc Pujol.

Et dans cet environnement hostile, on voit Alduy continuer seul contre tous à proclamer qu’il est victime. Ce qui, dans l’inconfort de sa situation d’accusé et l’enchaînement des séquences sur les décisions du tribunal administratif et du Conseil d’Etat, le fait apparaître comme le coupable. La boucle est bouclée. Amiel-Donat est aux anges : « Ce combat pour restaurer l’image de Perpignan et de la démocratie et qui est fondamental pour moi qui est professeur de droit et avocat et que je crois à la justice et parce qu’il y a une élection que je compte bien gagner ».

Pour conclure. Le film de Joan Lopez est passé à côté, complètement à côté des vrais sujets : l’enquête sur les faits et la mise à plat de la manipulation et du lynchage médiatique.

On peut reprocher à Alduy de ne pas être revenu immédiatement devant les électeurs. Mais on peut aussi comprendre que dans ce contexte médiatique il est considéré que les dés étaient pipés.

Jeudi 28 mai à 20h00 au Mega Castillet, route d’Elne en présence du réalisateur. Une deuxième projection est prévu au cinéma Castillet du centre ville le Vendredi 29 mai à 19h30, toujours en présence du réalisateur. Entrée 3€.

Financement de perpignan-toutvabien

Les premiers chèques sont arrivés. Merci beaucoup, beaucoup, beaucoup. On m’a dit que les arguments n’étaient pas assez accrocheurs. Bon ! Que dire ? Que cette semaine j’ai dépensé plus de cent euros en achat de documents sur des sociétés aux greffes de tribunaux de commerce. Etc… Il n’y avait pas d’autre moyen pour trouver ce que je cherchais. Que la dernière note de portable dépasse cent euros. Sans parler des autres factures. Et oui il y des frais. Etc… Et je ne vous parle pas de la caméra que je rêve depuis des années d’acheter. Ce n’est pas pour demain.

Il est impossible que perpignan-toutvabien est une telle audience et ne trouve pas un jour le modèle économique qui garantisse sa viabilité, son indépendance et son développement vers un vrai journal sur le net. Montpellierjournal et d'autres sites sont dans la même situation. La prochaine mise en place d'un statut de la presse sur internet (Adopté à la suite des Etats généraux de la presse) devrait permettre d'avancer.

C’est plus convaincant ?

Comme chaque année, nous faisons appel aux lecteurs, unique source de financement de perpignan-toutvabien. Certes un peu plus tôt que d’habitude. Deux raisons à cela, les caisses sont plus vides que vides et nous avons décidé, vous vous en êtes aperçu, de publier davantage d’articles durant la campagne des élections municipales de Perpignan. L’information est la première condition de l’action citoyenne, sans elle, il n’y a pas de citoyen éclairé et donc pas démocratie. Vous ne trouvez pas ailleurs la plupart des informations et commentaires que vous lisez sur perpignan-toutvabien. Perpignan-toutvabien est édité par une association loi 1901. Reçu sur demande. Envoyez votre chèque à l’ordre de OPLPO à

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