29juin 2009
Chapeau l’artiste !
10:20 - Par Fabrice THOMAS - 2009
La défaite est orpheline, mais la victoire a plusieurs pères. Nombreux sont ceux qui s’attribueront quelque mérite dans la réélection de Jean-Paul Alduy. Certes, ses lieutenants, ses colistiers et de nombreux militants ont mouillé la chemise. Mais, cette victoire, Alduy se l’est gagnée. Qui aurait imaginé que cet homme de 67 ans que l’on a vu afficher son âge, de la fatigue, et un réel abattement après l’annulation de l’élection par le Conseil d’Etat, retrouverait l’énergie du combattant, l’énergie du général qui redonne à ses troupes le goût de la victoire, le goût de l’engagement ? Des troupes qui, après une année passée sous le feu d’une opposition vindicative, avaient le moral bien bas.
On a ouvert de grands yeux en le voyant pour la première fois sur son scooter jaune. Jeunisme ? Alduy en est assez coutumier. Ce scooter faisait un peu gadget. Et puis on l’a vu chevaucher son engin à toute heure de la journée et dans tous les quartiers de la ville. En fin de campagne, le compteur affichait neuf cent cinquante kilomètres en six semaines. Il faisait vivre son principal thème de campagne. La proximité n’était pas qu’un slogan. On a vu un Alduy disponible, ouvert, près des gens, discutant avec tout le monde. Pendant qu’Amiel-Donat voyageait dans la voiture avec chauffeur du conseil général pour aller à la demi-finale à Lyon, lui prenait le train avec les supporters. Même chose pour la finale.
Après la catastrophique campagne de 2008 sur le « Perpignan de 2020 ». Alduy est revenu à des messages simples et lisibles en illustrant l’ensemble de sa campagne de photos des réalisations qui ont transformé la ville. Il a clairement placé sa campagne sous le patronage politique de l’UMP. Un an plus tôt, le logo du parti Sarkozyste apparaissait en tout petit, quand il n’était pas oublié.
En politique, la chance joue souvent autant que le mérite. Alduy n’en a pas manqué. D’abord en ayant Amiel-Donat comme adversaire. Imposée fin 2007 sur Perpignan par Bourquin, elle se montre incapable de rassembler la gauche. Le rejet que provoque son agressivité a fortement contribué à mobiliser le camp d’en face. On mobilise autant son camp sur une adhésion que sur le rejet de l’autre. Avec une personnalité comme Codognès, en 2008, Alduy aurait été battu. Mais Bourquin a fait des siennes. Après avoir écarté Codognès de la candidature aux législatives, il a, en 2007, réussi à l’empêcher d’être candidat à la mairie de Perpignan. La gauche n’a qu’à s’en prendre à son chef.
Chance encore avec la candidature Rivière qui tombe à l’eau, mais en piquant au FN des voix qui empêche Louis Alio d’être présent au second tour.
L’usure d’Alduy, principalement due aux cinquante années d’Alduysme, est une réalité. Les Perpignanais sont prêts pour une alternance. Mais pas n’importe laquelle. Faute d’un candidat crédible, Alduy reste en place. On sait ce qu’on a et comme on ne nous propose pas mieux on continue avec celui-là.
Ce scrutin est pour de nombreux perpignanais une victoire de la démocratie sur la campagne délétère menée depuis un an par Amiel-Donat. "La haine n'est pas un chemin politique" cette phrase prononcée plusieurs fois par Jean Codognès, a dimanche soir été reprise par Jean-Paul Alduy. Durant cette campagne la ligne de fracture n'a pas été entre gauche et droite, mais entre démocrates d'un côté et de l'autre un système sans foi ni loi. Nous reviendrons sur les violents propos tenus dimanche soir par la tête de liste PS-PC.
Alduy 53 %, 43 élus. Amiel-Donat 33 %, 9 élus. Codognès 13 %, 3 élus.
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