28juil 2009
Bourquin n’a pas de chance avec les magistrats !
20:05 - Par Fabrice THOMAS - 2009
Qui n’a pas eu son cadeau ? Qui ? Qui n’a pas eu son tee-shirt aux couleurs du conseil général ? Quel supporter du Treize ou du Quinze n’a pas eu son chapeau de paille ? Quel collégien n’a pas eu son petit sac à dos ? Quel ancien fréquentant un club du troisième âge n’a pas joué avec les cartes aux couleurs du conseil général ? Quel bébé inscrit dans une crèche n’a pas eu son petit ourson habillé d’un débardeur aux couleurs du conseil général ? Et moi-même quand j’amène une bouteille de vin chez des amis, avec quoi j’amuserais la galerie si je n’avais pas un étui isotherme jaune aux couleurs du conseil général ? Passons sur les stylos, les porte-clefs… Personne n’a été oublié. Bourquin est un président généreux.
Mais voilà qu’aujourd’hui, on le lui reproche ! On entend tout le monde répéter que le conseil général dépense trop en communication. Les ingrats ! Même le Dépendant. Notre président est à juste titre très fâché contre lui. Notre canard local a pourtant produit un compte-rendu très édulcoré du rapport de la chambre régionale des comptes. Et bien pas assez ! La page de L’Indép en disait encore trop. En particulier sur les dépenses de communication.
Il faut comprendre l’énervement de notre président. Car si le budget com est si élevé c’est aussi de manière non négligeable à cause des importants achats d’espace publicitaire au groupe des journaux du Midi (des centaines et des centaines de milliers d’euros chaque année).
Disons les choses sans hypocrisie, telles quelles se passent. Bourquin récompense la presse qui le ménage et punit celle qui le critique. La Semaine du Roussillon (qui a retrouvé son indépendance depuis fin 2008), Le Petit Journal ont eu à choisir. Avoir la publicité du conseil général et de ses satellites et ne plus pouvoir dénoncer les frasques de Bourquin, ou, rester libre et ne pas voir la couleur d’un euro.
On constate d’ailleurs que ce sont les titres qui sont privés de la publicité du conseil général qui ont fait les compte rendus les plus complets du rapport de la Chambre régionale des comptes. Il y a dans notre département, après des décennies de domination d’un groupe de presse, un début de retour au pluralisme. Le retour de la concurrence est en train de modifier les règles du jeu médiatique et d’améliorer la qualité de l’information. Il y a dix ans de cela, Le Dépendant aurait livré sa version du rapport et on n’en parlait plus.
L’examen de dix années de gestion Bourquin est accablant. Et encore, faut il préciser, que le magistrat qui est venu au conseil général n’a pas procédé à un contrôle exhaustif. Il a regardé les fondamentaux que sont les finances et le social, première compétence du conseil général. Puis il a procédé par sondage et ciblage. Le passage au crible des dépenses de communication, notoirement considérables, sur lesquelles se greffe l’affaire judiciaire de favoritisme sur les marchés de publicité à Synthèse, était inévitable. Le magistrat a d’ailleurs découvert de nouvelles irrégularités dans la passation des marchés publics de communication : sur l’impression de L’Accent Catalan, sur les marchés de publicité, sur un marché d’achat d’objets publicitaires. Rien que ça !
Une grande partie du contenu de ce rapport s’évaporera. Mais il y a des constats qui resteront. Comme celui-ci : «Les dépenses de communication dans les Pyrénées-Orientales sont deux fois à cinq fois plus élevées que dans les autres départements de la région. »
Comment va réagir Bourquin ? Et bien en communiquant. Un confrère compare souvent Bourquin à un taureau dans une arène. Le jour où se tient la session du conseil général il fait une réunion publique au Palais des rois de Majorque. Et dans le quotidien du jour, il achète de l’espace publicitaire pour l’annoncer, à la une et un grand placard en page trois.


Allons y pour « La défense de votre pouvoir d’achat… ». Sujet sur lequel Bourquin veut faire croire que son action a de l’influence… Et sur quelles actions concrètes s’appuie-il ? Le bus à un euro. Au prix d’une manipulation énorme, car avant le bus à 1 euro, il existait des abonnements mensuels et annuels forts avantageux pour les personnes empruntant chaque jour les services de bus du conseil général. Le plan de relance voté par le conseil général le 23 février ? Ce n’est en fait que l’habituel budget d’investissement annuel, pompeusement rebaptisé Plan de relance. De le com, toujours de la com.
Bourquin c’est rien que du vide et du bla-bla !
Il y a avant et après le rapport de la Chambre régionale des comptes. Bourquin ne peut plus s’en sortir en jetant le discrédit sur ceux qui le montrent tel qu’il est. Le roi est nu ! Certes tous ne le voient pas encore. Mais les faits sont là. Discutables, mais pas modifiables ! Bourquin ne peut plus faire illusion. La vérité finit toujours par se frayer un chemin.
Bourquin n’a pas de chance avec les magistrats. Ceux d’Aix-en-Provence l’ont, deux fois, condamné à la prison avec sursis. Ceux de Perpignan l’ont mis en examen dans l’affaire Synthèse. Et voilà que ceux de la Chambre régionale des comptes crucifient sa gestion. Il doit y avoir un complot judiciaire contre lui ! Nous ne voyons pas d’autre explication.