03oct 2009
Procédure des marchés publics pour Boitaclous et crise à Saint-Estève
14:26 - Par Fabrice THOMAS - 2009
La mairie de Perpignan a publié l’avis de publicité relatif à un marché public pour des spectacles vivants. Marché en deux lots séparés pour trois ans.
Lot n° 1 : Humour et music-hall : 8 spectacles à répartir entre la Salle Charles Trénet et la Salle du Théâtre Municipal.
Lot n° 2 : Théâtre de Boulevard, café théâtre, chanson à texte : 12 spectacles à répartir entre la Salle Charles Trénet et la Salle du Théâtre Municipal.
Les candidats ont jusqu’au 26 octobre pour déposer leur offre.
Marc Pédelhez présente Boitaclous en victime. Cela avec la complaisance de L’Indép qui dans les cinq articles publiés en septembre n’a pas rappelé une seule fois que l’annulation du marché public de Saint-Estève était la conséquence de la violation de la loi sur les marchés. Boitaclous est un important annonceur.
Le président de Boitaclous a annoncé qu’un recours avait été déposé devant le tribunal administratif pour demander des dommages et intérêts à la mairie de Saint-Estève. Est-il bien sérieux de se prévaloir de ses propres turpitudes pour obtenir un dédommagement ? Boitaclous risque de faire rire les juges.
Pour le même président, l’avenir de Boitaclous est entre les mains de la ville de Perpignan. Car si Boitaclous n’obtenait pas les salles de la ville, il y aurait des licenciements. Mais comme le rappelle le premier maire adjoint, Jean-Marc Pujol , c’est Boitaclous qui est parti. On pourrait même ajouter parti à Saint-Estève sans prévenir la ville de Perpignan. Mais quand même en faisant de nombreuses réservations de salles sur l’année 2010. Cela sans aucun doute afin d’empêcher une programmation concurrente.
Si Boitaclous rencontre des difficultés, c'est en raison de son choix de s'installer dans les conditions que l'on connait à Saint-Estève. Et en même temps d'avoir joué le jeu de Bourquin qui pourrait se résumer ainsi : Tu fais la guerre à la ville de Perpignan et on te couvre d'or. Mercenaire est un métier qui comporte des risques.
Il faudrait rappeler les années de guérilla de Thierry Meier contre la mairie de Perpignan, contre le théâtre de l'Archipel. Ce n'est pas un hasard si dans la liste PS-PC des dernières municipales, il y avait trois dirigeants de Boitaclous : Thierry Meier, Michel Arcens et Jacqueline Amiel-Donat.
Jacqueline Amiel-Donat a démissionné du conseil d’administration de Boitaclous en déclarant : « Et puisque ma démission était un préalable pour messieurs Pujol et Halimi, je la leur concède ». Réaction de Jean-Marc Pujol : « Je ne suis ni Bourquin, ni Frêche, je n’ai jamais demandé la tête de personne » et l’élu ajoute qu’il a tenu à le dire en face aux responsables de Boitaclous.
Cette demande de démission est tout droit sortie de l’imagination de Jacqueline Amiel-Donat. Il faut chercher ailleurs les vraies raisons de sa démission du conseil d’administration de Boitaclous. Sa relation de fournisseur et de dirigeante n’était peut-être pas des plus normales ? Mais en jetant systématiquement sur la ville de Perpignan des accusations de sectarisme, Amiel-Donat tente d’accréditer l’idée qu’il y règnerait le même climat sectaire et répressif qu’au conseil général. Ce n’est fort heureusement pas le cas.
A la mairie de Saint-Estève, le groupe d'élus de la majorité municipale qui a refusé de suivre Elie Puigmal dans ses décisions ruineuses avec Boitaclous n'est pas loin du divorce. Plusieurs élus ont rendu leur délégation, M. Borgia, celle d'adjoint aux finances, M. Khédimi, celle d'adjoint à la sécurité. Et il est fortement question de la constitution d'un groupe indépendant que huit à neuf élus pourraient rejoindre. Avec une majorité très juste, un ou deux sièges, la suite du mandat d'Elie Puigmal pourrait être difficile. Sa méthode marquée par l'absence totale de concertation semble être autant critiquée que ses choix. Le maire se remettra-t-il en question ?