Codognès privé de micro

Arrivant à la dernière session du conseil général, le 19 octobre, Jean Codognès a eu la surprise de voir que, sans l’avertir, on avait changé sa place dans l’hémicycle départemental. L’élu divers gauche a été installé entre Fernand Siré, l’élu de droite de Saint-Laurent-de-la-Salanque et Véronique Vial, conseillère générale UMP de Perpignan. De plus, il s’est retrouvé à une place sans micro !

Voulant s’exprimer, le conseiller général du Haut-Vernet a trouvé un pis-aller en se mettant à la place de Véronique Vial, absente. S’adressant à Bourquin, il a exigé l’installation d’un micro et fustigé les méthodes de ceux qui se prétendent les héritiers de Blum et de Jaurès, mais qui sont les héritiers de Staline.

Ce qu’a fait Bourquin est à rapprocher de ses pratiques habituelles. Faire taire les journalistes qui mettent dans l’espace public ce qu’il cherche à cacher ! Faire taire les membres du PS qui ne suivent pas la seule bonne ligne politique, celle fixée par le chef ! Faire taire les élus qui par le jeu normal de la démocratie s’opposent à lui ! Faire taire les employés du conseil général qui ne sont pas à sa botte. On muselle et on élimine ceux qui s’opposent, ceux qui pensent différemment.

La grande loi de décentralisation du début des années 1980 (Mitterrand Deferre) a fait revenir les régions deux cent ans en arrière. Le comportement de Bourquin, Frêche et d’autres, s’apparente plus au féodalisme qu’à la démocratie.

La grande réforme des collectivités territoriales en cours d’élaboration, bien que comportant de nombreuses mesures très positives, ne va pas rendre leur fonctionnement plus démocratique. N’y d’un côté, ni de l’autre, on ne veut entendre parler de transparence, de contrôle, de contre-pouvoir… Comme celui que la presse pourrait exercer si les collectivités territoriales n’étaient pas devenues les plus importants annonceurs publicitaires.

Prendre la décision de priver de parole un élu du suffrage universel est une chose grave qui aurait du provoquer des réactions des élus, de la presse. L’Indép a attendu cinq jours avant de faire quelques lignes.

Et si en arrivant au conseil municipal de Perpignan Amiel Donat avait découvert qu’on l’avait changé de place et privé de micro, croyez vous que ça n’aurait fait que quatre lignes dans L’Indép ?

Que se passera-t-il à la prochaine session ? Bourquin aura-t-il fait installer un micro ? Et s’il ne l’a pas fait, y aura-t-il une réaction forte des autres élus ? Peuvent-ils accepter que la démocratie soit à ce point bafouée ?

Affaire à suivre.