08nov 2009
Le Berlusconi des P.-O.
19:20 - Par Fabrice THOMAS - 2009
Christian Bourquin n’a pas apprécié la façon dont France Bleu Roussillon a rendu compte du jugement de la Cour de Cassation. Annulation de la condamnation et nouveau renvoi devant un tribunal correctionnel dans l’affaire du chauffeur. Il l’écrit sur son blog dans un texte titré : « France Noir Roussillon ».
Qu’un élu réagisse à un article ne nous gène pas. La presse n’est pas parole d’évangile. Mais dans le cas de Bourquin, le problème est d’une autre nature. Depuis dix ans qu’il préside le conseil général, il a employé tous les moyens pour réduire la presse au silence. Poursuites judiciaires (toutes perdues), menaces, insultes, blacklistage, achat massif de journaux dans les kiosques, achat de gros volumes de publicité dans certains supports et boycott d’autres titres… Et il a mis le pied dans le groupe de presse dominant le département en signant avec lui un partenariat pour faire la télé locale.
La gauche abhorre Berlusconi et son comportement avec les médias, mais elle ferme les yeux, les oreilles et la bouche sur les pratiques de Bourquin. C’est à priori étonnant. Mais dans les faits, c’est normal. La gauche, c’est les bons sentiments en tous genres, la générosité, la liberté… dans les discours, mais dans la pratique c’est généralement tout autre chose. Elle est complètement schizophrène.
Ce n’est pas la première fois que Bourquin exprime son mécontentement sur le traitement rédactionnel de France Bleu Roussillon. Il l’a déjà fait sur son blog, dans des réunions publiques et internes au PS. La radio publique qui, à notre avis, penche plutôt du côté gauche que du côté droit n’est pas particulièrement défavorable à Bourquin. Mais ce dernier est tellement tyrannique qu’il ne supporte pas le traitement équilibré d’un sujet le concernant.
Nous avions écouté et nous avons réécouté le sujet de France Bleu sur la décision de la Cour de Cassation. Rien à dire ! Mais dans son commentaire, Elisabeth Badinier souligne que la décision à priori positive pour Bourquin ne l’est peut-être pas tant que ça pour lui, car l’affaire du chauffeur va revenir dans l’actualité lors du nouveau procès en correctionnel. Et plus encore si Bourquin fait de nouveau appel…
Dans quel état se serait mis Bourquin si la journaliste avait rappelé qu’il traînait une autre affaire judiciaire. L’instruction de l’affaire des marchés de publicité attribué par le conseil général à l’agence Synthèse arrive à sa fin et Bourquin risque d’être renvoyé devant le tribunal correctionnel.
Mais quand il ne se présente pas en victime de l’acharnement de la presse, Bourquin se présente en victime de l’acharnement de la justice. C’est le même discours que Berlusconi.
Mais heureusement qu’il y a L’Indépendant. Le président du conseil général lui donne une bonne note pour son traitement de la décision de la Cour de cassation : « L’article paru le 30 octobre, lui, était intéressant et bien compris ! ». Il était en effet très favorable à Bourquin.