Lundi 21 décembre quand il arrivera au nouvel hôtel de l’agglomération Perpignan Méditerranée, Georges Frêche sera accueilli par un huissier de justice. Auxiliaire de justice missionné par Raymond Couderc, tête de liste UMP aux régionales.

Car comme l’écrit François Calvet dans une lettre ouverte à Jean-Paul Alduy : « Cette signature a lieu le 21 décembre, très exactement une semaine après le démarrage de la période électorale, de trois mois avant le scrutin régional des 14 et 21 mars 2010. »

Et le parlementaire poursuit sa missive par un cinglant réquisitoire : « Je ne serai donc pas présent à cette manifestation et je veux vous en exprimer publiquement les raisons. Tout d’abord je m’élève contre la présence dans nos murs d’un personnage qui a oublié l’agglomération pendant six années de mandat et qui vient aujourd’hui essayer de trouver un petit crédit en distribuant quelques miettes que constituent les maigres restes du festin montpelliérain. »

Frêche vient faire un coup politique. Ce qu’il fait depuis quelques temps chaque semaine en venant dans les P-O annoncer que la région finance tel ou tel dossier. Il veut donner l’impression que la région fait beaucoup dans les P-O alors qu’il a tout au long de son mandat fait ici moins qu’ailleurs. Il a voulu faire payer aux Catalans la mise en échec du nouveau nom qu’il avait décidé de donner à la région. « Les Catalans me font chier, mais je leur tape dessus parce qu’ils m’emmerdent, mais dans deux ans, je vais me mettre à les aimer… », expliquait à ses étudiants le professeur de droit à l’université de Montpellier lors de l’un de ses derniers cours. «Oh catalans, je vous aime, oh Occitans mes frères, je vous aime, vous faites un petit institut, une merde pour propager le catalan auprès de 4 gugus, tout le monde est content »,ajoutait-il.

Frêche arrive avec 1,5 millions d’euros pour le théâtre de l’Archipel. Somme qu’il avait promis il y a deux ans, puis retirée. Puis conditionnée à l’élection de Jacqueline Amiel-Donat à la mairie. L’assemblée régionale a, il y quelques jours, voté ces crédits. Mais il faut qu’en contrepartie Alduy reçoive le seigneur de la région avec tous les honneurs, le couvre de remerciements… En pleine campagne électorale.

Frêche met en application le précepte numéro 1 de sa méthode : « Les cons sont majoritaires, et moi j’ai toujours été élu par une majorité de cons et ça continue parce que je sais comment les "engraner" ».

Et pour conclure quelques lignes extraites du Discours de la servitude volontaire de La Boétie : « Pour le moment, je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n’a de puissance que celle qui lui donnent, qui n’a de pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer… Chose vraiment étonnante – et pourtant si commune qu’il faut plutôt en gémir que s’en ébahir -, de voir un million d’hommes misérablement asservis, la tête sous le joug, non qu’ils soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et pour ainsi dire ensorcelés par le seul nom d’un, qu’ils ne devraient pas redouter – puisqu’il est seul – ni aimer – puisqu’ils est envers eux tous inhumain et cruel…Or ce tyran seul, il n’est pas besoin de le combattre, ni de l’abattre. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s’agit pas de lui ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner. »