04jan 2010
Frêche donne moins de crédits aux Catalans.
20:34 - Par Fabrice THOMAS - 2010
Campagne électorale oblige, la signature du contrat territorial 2009 (il était temps) entre la région Languedoc Roussillon et la communauté d’agglomération a été mis à profit par Georges Frêche pour faire un coup médiatique. Le chèque de cinq millions d’euros de la région valait bien une messe médiatique. Le président de l’agglo, Jean-Paul Alduy, a donc, le 22 décembre, reçu le président de la région dans les murs, tous neufs, du nouvel Hôtel de l’agglo. Entre deux amabilités, ce dernier a réussi à glisser quelques vérités.

«Permettez moi tout de même de dire que l’agglomération perpignanaise a été, à mon avis, la mal aimée des agglomérations de la Région. 1,5 millions d’euros en moyenne les années passées ». Le président de la région n’a pas bronché et dans sa réponse il n’a pas commenté les propos dans lesquels le président de l’agglo Perpignan-Méditerranée a souligné la faiblesse du financement régional.
Rentrant dans le détail des 5 062 851 euros du 5e contrat territorial signé entre la région Languedoc-Roussillon et la Communauté d’Agglomération Perpignan-Méditerranée, Georges Frêche a simplement commenté : «C’est pas mal quand même». Il a beaucoup insisté sur l’augmentation des crédits affectés aux contrats territoriaux: «Cette année nous avons particulièrement augmenté les sommes que nous contractualisons. Nous avons augmenté de 22% les aides apportées aux projets des pays, de 15% les investissements routiers sous maîtrise d’ouvrage des départements et de 12 % les aides apportées aux projets de communauté d’agglomération». Il est vrai que 2009 est une année préélectorale.
Des chiffres incontestables
Le type de contractualisation, dont Georges Frêche dit qu’il est unique, la région Bretagne l’ayant abandonné, distribue les crédits régionaux de façon inégale. Les chiffres, incontestables car ils sortent des documents du conseil régional, montrent que certains sont avantagés et que d’autres sont… désavantagés. Il y a des régions où la contractualisation avec la région se fait sur des bases connues, transparentes. Ainsi dans la région Loire : « Le montant des subventions allouées aux territoires se base sur une dotation forfaitaire de 35€ par habitant, à laquelle peuvent s’ajouter des dotations supplémentaires pour des projets concernant les transports publics ou le logement social par exemple ».
Depuis l’élection de Georges Frêche en 2004, les P.-O. reçoivent moins de crédits que les autres départements. Un coup de pouce a été donné avec les contrats territoriaux de 2009. Mais il ne rattrape pas le retard.
Investissements de la Région, hors contrats territoriaux, depuis avril 2004
Aude 338 millions 991 euros par habitant.
Gard 515 millions 807 euros par habitant.
Hérault 1 338 millions 1 338 euros par habitant.
Lozère 112 millions 1 473 euros par habitant.
P.-O. 416 millions 924 euros par habitant.
Total 2 719 millions
Si l’enveloppe totale était partagée selon la population de chaque département, cela ferait 1 073 euros par habitant. Et dans ce cadre là, les Pyrénées-Orientales auraient bénéficié de 65 millions d’euros de plus. Ce n'est pas rien !
Contrats territoriaux 2009
Aude 17,14 millions 50,26 euros par habitant
Gard 29,6 millions 43,33 euros par habitant
Hérault 40,37 millions 40,37 euros par habitant
Lozère 10,57 millions 139 euros par habitant
P.-O. 23,30 millions 53,93 euros par habitant
Total 120,98 millions 47,76 moyenne par habitant dans le cadre d’une répartition équitable selon la population.
Contrats territoriaux 2008
Aude 16,69 millions 48,94 euros par habitant
Gard 24,69 millions 36,14 euros par habitant
Hérault 30,22 millions 30,22 euros par habitant
Lozère 9,16 millions 118,96 euros par habitant
P.-O. 13,13 millions 30,39 euros par habitant
Total 93,89 millions 37,06 euros par habitant dans le cadre d’une répartition équitable selon la population.
Le courrier de François Calvet, député maire du Soler, vice-président de l’agglo à Jean-Paul Alduy, président de la Communauté d’agglomération Perpignan Méditerranée.
Monsieur le Président,
J’ai reçu votre invitation à la signature du contrat entre l’Agglomération et le Conseil Régional, en présence de Monsieur Georges Frêche, président de la région.
Cette signature a lieu le 21 décembre, très exactement une semaine après le démarrage de la période électorale, de trois mois avant le scrutin régional des 14 et 21 mars 2010.
Je ne serai donc pas présent à cette manifestation et je veux vous en exprimer publiquement les raisons. Tout d’abord, je m’élève contre la présence dans nos murs d’un personnage qui a oublié l’agglomération pendant six années de mandat et qui vient aujourd’hui essayer de trouver un petit crédit en distribuant quelques miettes qui constituent les maigres restes du festin montpelliérain.
Je m’élève contre sa présence parce qu’elle constitue pour nous une humiliation au regard du traitement des dossiers de l’ensemble de nos communes.
Je m’élève contre sa présence parce que ses propos insultant à l’égard de nos racines catalanes, de nos concitoyens et de nos anciens combattants n’ont cessé de bafouer durant ces six ans les valeurs républicaines auxquelles je suis très attaché.
Je m’élève contre sa présence parce qu’il n’a eu de cesse de mettre en péril notre patrimoine culturel, d’affaiblir notre économie en ignorant volontairement notre aéroport, en refusant de participer financièrement aux travaux de la RN 116, contrairement à d’autres régions.
Le recevoir dans cet immeuble qui constitue pour moi, sous votre autorité, un des endroits majeurs où le dialogue a pu s’instaurer, où la tolérance règne et où nous n’entendons jamais de propos outranciers me paraît une contradiction que je ne souhaite pas assumer.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
François Calvet, Député des Pyrénées-Orientales Maire du Soler