07fév 2010
Le populisme de Frêche séduit les sympathisants du FN
17:40 - Par Fabrice THOMAS - 2010
Face à l’offensive de Martine Aubry, Frêche et son rejeton local font du populisme. Ce n’est évidemment pas un hasard. C’est depuis longtemps leur fonds de commerce. Ils dénoncent les élites et leur opposent un peuple mythique incarnant le bien et le vrai.
Dans l’interview qu’il donne à L’Indép (4 février) Bourquin transforme le bureau national du PS en "Quarante bobos parisiens", expression qu’il utilise deux fois. Pour avoir siégé au bureau national du PS, Bourquin sait bien que cette instance dirigeante est composée de responsables qui viennent de toutes les régions de France.
« Nous sommes l’accent de la Méditerranée, je le revendique pour moi et d’autres, je suis issu du peuple et j’utilise les mots du peuple ». Bourquin ne se réfère pas au peuple citoyen, il fait appel à une image, celle du peuple des simples gens. Accentuant ainsi l’opposition avec l’élite.
On fera abstraction du fait qu’avec leur chauffeur, leur cuisinier particulier et tous les éléments du train de vie qu’ils s’accordent, Frêche et Bourquin n’ont plus qu’un lointain rapport avec le peuple.
Qu’est-ce que "les mots du peuple" ? Pour Bourquin c’est parler comme Frêche et dire à l’un qui est juif « Qu’il a une tronche pas catholique » et à l’autre « Qu’on lui coupera les couilles (Frêche au conseil municipal de Montpellier en novembre dernier ». Les insultes, l’absence de respect, voilà le peuple comme le voit Bourquin. Le peuple appréciera.
Ni Jaurès, ni Blum, ni Mendès-France, ni Mitterrand n’employaient "les mots du peuple". Des bobos, eux aussi ?
Le populisme est depuis longtemps le principal ressort du Frêchisme. En animal politique Frêche a exploité une veine qu’il savait électoralement productive. Il sait que dans le Midi ça paie de défier Paris, ses préfets, ses dirigeants du PS. Il en use et en abuse.
Et voilà comment Frêche en arrive à trouver un soutien massif chez les électeurs du Front National, comme le montre un sondage réalisé par BVA pour La Matinale de Canal+ : « Les deux-tiers des Français (64%) et trois-quarts (74%) des sympathisants de gauche soutiennent la décision de Martine Aubry de présenter une liste concurrente à celle de Georges Frêche. Les personnes les moins diplômées (56%) et, très massivement, les sympathisants du Front national (72%) pensent que la patronne du PS a eu tort ».
Frêche et Bourquin plébiscités par les sympathisants du FN, voilà qui devrait interroger le peuple de gauche qui n’a pas renoncé à ses valeurs.