Hier encore, pilier du Bourquino-Frêchisme, Amiel-Donat compose à grand-peine un personnage de rénovatrice.

Jacques-Olivier Teyssier, confrère de Montpellier journal (internet) qui assistait à la conférence de presse (4 février) de militants PS du Languedoc-Roussillon qui soutiennent Hélène Mandroux nous a fait passer son enregistrement, car comme d’autres journalistes, il a été surpris par les propos tenus par Jacqueline Amiel-Donat.

Stéphane Ratinaud de FR3 demande à Jacqueline Amiel-Donat ce qui l’a fait changer.

JAD : Juste avant le premier tour des municipales Georges Frêche est venu… ( mot inaudible)

FR3 :Vous soutenir.

JAD : Pas du tout. Juste avant le premier tour, il n’est pas venu me soutenir. Moi j’ai demandé à aucun moment à Georges Frêche de venir me soutenir. Il est venu dans les P-O. J’ai profité de sa venue pour l’amener dans des quartiers où il ne va jamais, c'est-à-dire le Haut Vernet et lui demander de prendre l’engagement de financer des logements sociaux, c’est tout ce que je lui demandais.

Georges Frêche n’est pas venu soutenir Amiel-Donat. Pas du tout.

Il y avait sur son site internet une vidéo tournée par un membre de son équipe de campagne dans sa permanence électorale, dans laquelle Georges Frêche encense Jacqueline Amiel-Donat pendant plusieurs minutes. La candidate est d’ailleurs assise à côté de lui.

http://www.dailymotion.com/video/x9ccz2_15-05-09-georges-fr%C3%AAche-soutient-ja_news

Georges Frêche n’est pas venu soutenir Amiel-Donat. Pas du tout.

La tête de la liste PC-PS s’est tout au long de la campagne appuyée sur la région.

Sur la quatrième page de la brochure de campagne, on lisait en gros caractères : « Notre programme est le seul crédible parce que sa réalisation est garantie avec le soutien financier du conseil général et de la région »

Georges Frêche n’est pas venu soutenir Amiel-Donat. Pas du tout.

Mercredi 13 mai, suivi par la presse locale, Georges Frêche et Christian Bourquin accompagnent Jacqueline Amiel-Donat dans plusieurs quartiers de la ville. C’est ce jour-là que Frêche a fait sa fameuse sortie sur les esclaves. Parlant des populations qui vivent dans des quartiers difficiles : « Beaucoup de ceux qui vivent cela voteront pour Alduy. C’est un phénomène courant dans le tiers–monde. (…) Beaucoup d’entre eux voteront pour leur maître. Les esclaves votent toujours pour l’esclavage » (Indép 15 mai 2009).

Après le tollé déclanché par les déclarations du président de la région, Jacqueline Amiel-Donat ne prend pas la moindre distance avec les propos de Frêche : « C’était une phrase d’historien. Elle a été sortie de son contexte… A aucun moment, je n’ai eu l’impression qu’il comparait vraiment les Perpignanais à des esclaves… » (Indép 16 mai 2009).

Georges Frêche n’est pas venu soutenir Amiel-Donat. Pas du tout. Puisqu’Amiel-Donat vous le dit.

Cela dit Amiel-Donat n’est pas seule en cause. Si elle courrait le risque de voir la presse ressortir les faits, elle ne sortirait pas des contre vérités aussi flagrantes. Voilà où conduit un journalisme qui privilégie les déclarations sur les faits.

Aujourd’hui, et depuis peu de temps, Jacqueline Amiel-Donat n’a pas de mots assez durs pour dénoncer Georges Frêche. Ce revirement soulève des questions.

Jacqueline Amiel-Donat s’opposerait-elle à Frêche et soutiendrait-elle Hélène Mandroux si malgré le forcing qu’elle a fait auprès de Bourquin ce dernier ne lui avait pas refusé une place en position éligible sur la liste qu’il conduit ? Un refus dont on sait qu’il n’est pas lié à une divergence politique.

Ce comportement n’est pas sans rappeler celui de la maire-adjointe et conseillère générale Alduyste (père). Jean-Paul Alduy ne voulant pas d’elle comme première adjointe sur sa liste pour les municipales de 1993, Jacqueline Amiel-Donat passe de l’autre côté et se tourne vers Christian Bourquin. C’est ce dernier qui a fait désigner l’avocate du conseil général, fraîche adhérente au PS, comme tête de liste pour les élections municipales de 2008…pour faire obstacle à Jean Codognès, le seul adversaire redouté par le camp d’en face.

Jacqueline Amiel-Donat est-elle crédible pour incarner le rejet du Frêchisme ? Peut-elle réussir à faire oublier sa grande proximité avec le président du conseil général avec qui elle n’a pas coupé le cordon… de la bourse ? Marchés, emplois, subventions pour elle-même et ses proches ? Ce qui explique sans doute pourquoi elle le ménage autant. Pas une seule attaque contre le premier soutien de Frêche dans les P-O.

Beaucoup de questions. Des questions sur lesquelles Jacqueline Amiel-Donat fera sans doute l’impasse, surtout si la presse locale ne les lui pose pas, mais cela n’empêchera pas nombre d’électeurs de se les poser.