En matière de communication locale, Frêche a été un pionnier. Il a été le premier maire d’une grande ville à faire appel à une agence de publicité et à utiliser les supports publicitaires pour donner une image à la ville et vendre sa politique aux habitants. Président de la région, il a continué dans cette direction, en consacrant des budgets considérables à la communication. 12 millions d’euros en 2008. Exactement, 12 382 272 euros, chiffres du compte administratif.

Précisons que la promotion touristique n’est pas inclue dans cette somme : Le Comité Régional du Tourisme reçoit 5 635 000 euros pour ça !

Pour l’agriculture, la communication de la marque Sud of France est, quant à elle, assurée par la fédération Inter Sud of France. Elle a reçu 4 210 742 euros en 2008. Et pour l’export, Sud de France Export a, la même année, reçu une subvention de 9 197 162 euros.

Le budget Annonces et insertions s’élève à 3 401 799 euros, toujours en 2008, sur une seule année. Caraï !

Combien sont tombés dans les caisses des organes de presse régionaux ? Nous pouvons pour certains, L’Agglorieuse (Montpellier), Montpellier journal, La Semaine du Roussillon, Le Petit Journal, Perpignan-toutvabien… répondre précisément. Ils n’ont pas eu un seul euro. Etre un contre-pouvoir indispensable à la vie démocratique ne paie pas. D’où la situation précaire de tous ces titres. Voire la grande fragilité de certains.

Dans quelles caisses va tout cet argent ? Midi-Libre et L’Indépendant sont de gros bénéficiaires. A tel point que selon de bonnes sources, la région est, de loin, le premier annonceur du groupe des Journaux du Midi. Les hebdos, La Gazette de Montpellier et celle de Nîmes, ne sont pas oubliés.

Il est pour tous nos confrères qui sont boycottés par la région, tout à fait évident qu’il leur suffirait de changer de ligne rédactionnelle et d’encenser Frêche et sa politique régionale pour bénéficier des insertions publicitaires du conseil régional.

Imaginez un pays dans lequel il se passerait la même chose. On appellerait ça une dictature.

Il n’y a pas que les vilains capitalistes qui utilisent le pouvoir de l’argent.

Comme le souligne Jacques-Olivier Teyssier (Montpellier Journal) dans un article publié par le site Acrimed, il y a urgence à ouvrir le débat sur les relations entre les collectivités territoriales et les entreprises de presse régionales. Il rapporte des propos tenus par François Léotard, ancien ministre de la communication, ancien député, ancien conseiller général et régional qui déclarait : « Permettez moi de dire que, dans certains journaux locaux, les annonceurs que sont les maires, les présidents de conseils généraux, et je dis ça au syndicat national de la presse quotidienne régionale, ces journalistes-là sont esclaves de l’argent qui finance ces campagnes de publicité des maires et des conseillers généraux. »

La suite sur : http://www.acrimed.org/article3302.html#nb5

L’argent public ne peut pas servir à étouffer la démocratie. C’est la raison pour laquelle perpignan-toutvabien a depuis longtemps soulevé la question du poids publicitaire des collectivités territoriales et en particulier du conseil général et du conseil régional.

Nous allons, avec d’autres confrères, très prochainement, passer au stade des propositions. Elles seront soumises aux candidats aux élections régionales.

Curieux de savoir comment sont dépensés les 3 400 000 euros du budget "Annonces et insertions", nous avons envoyé un courrier au président de la région pour lui demander de nous laisser consulter les factures correspondantes.